BOXE - Mossely, de retour au combat, ambitionne de devenir "la meilleure de l'histoire"

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MOSSELY - LASCANO - Estelle Mossely est de retour au combat après plus d'un an d'absence pour défendre sa ceinture mondiale IBO contre Yanina del Carmen Lascano. À un moment charnière de sa carrière, la Française a partagé avec nous ses ambitions, ses engagements et sa vision des prochaines années. Une chose est sûre, elle veut devenir la plus grande.

Estelle Mossely : "Maman et boxeuse, c'est possible"

Video credit: Eurosport

Estelle Mossely est à Dubaï, où elle finalise les préparatifs de son combat de vendredi (à partir de 17h), plus d'un an après le dernier, contre l'Argentine Yanina del Carmen Lescano. Elle va défendre sa ceinture IBO des poids légers, en direct vidéo sur Eurosport.
Vous n'avez pas combattu depuis plus d'un an, appréhendez-vous un retour sur le ring ?
E.M : Je n'ai aucune appréhension même si je n'ai pas boxé depuis un moment. J'étais dans de bonnes conditions pour ma préparation, que j'ai commencée il y a longtemps en septembre. J'ai hâte de monter sur le ring et hâte de montrer les résultats du travail fourni pendant plusieurs mois.
À part conserver votre ceinture, quels sont les objectifs à atteindre pour sortir du ring satisfaite ?
E.M : Appliquer tout ce que j'ai pu réapprendre et mettre en pratique à l'entraînement… Une victoire avant la limite ça serait pas mal aussi ! (sourire) Ça reste un objectif qu'on a en tête.
À quel genre de combat vous attendez-vous contre Lescano ?
E.M : Un combat plutôt équilibré. Elle a un peu le même profil physique que moi, assez grande avec une tendance à boxer à distance. Un combat plutôt propre, assez équilibré. On verra ce qui va se passer, mais c'est un bon combat pour reprendre.
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Estelle Mossely vs Aurelie Froment

Crédit: Getty Images

À 29 ans vous arrivez peut-être sur vos meilleures années de boxeuse, vous dominez généralement vos combats, prenez peu de coups… Comment sentez-vous les prochaines années ?
E.M : C'est vrai que je prends peu de coups. C'est ma boxe, je suis comme ça. Ça reste un objectif à chaque combat de gagner avec la manière, prendre le moins de coups possible, être la plus technique possible. Et monter le niveau à chaque combat. Vendredi est une bonne occasion de le faire, Lazcano est dans le top 5 mondial.
Le tout sans perdre le moindre combat ?
E.M : Un palmarès avec 0 défaite c'est l'objectif de tout boxeur. Maintenant on est beaucoup à vouloir ça, c'est la boxe d'aujourd'hui de vouloir n'avoir aucune défaite à son palmarès. Personne n'a envie de perdre de toute façon. Etant donné que je n'aurai pas une carrière encore très longue, dans le temps imparti qu'il me reste j'espère bien rester invaincue.
Une carrière plus très longue ?
E.M : Oui, c'est une volonté. Il faut être raisonnable. On n'est pas performant jusqu'à 40 ans. A partir d'un certain âge les performances baissent. J'ai 29 ans, j'ai encore quelques années devant moi mais pas 10 ans. Pour les quelques années qui me restent je ne veux pas de défaite et je ferai en sorte de bien gérer ma carrière pour ne pas faire le combat de trop. Même si je vous rassure, j'en suis loin, je suis en forme et il me reste quelques belles années devant moi.
Vous aviez déjà fait une coupure lors de vos deux grossesses. Ces coupures et le fait d'être maman ont changé votre carrière ?
E.M : Les choses n'arrivent jamais par hasard. Aujourd'hui quand on voit comment les choses évoluent, c'est que tout ça devait arriver et c'est arrivé au bon moment. Je vais pouvoir me concentrer pleinement sur ma carrière sportive maintenant.
Je suis dans les meilleures conditions mentales possibles. J'ai mené ma vie personnelle et professionnelle exactement comme je le souhaitais, ça ne m'a fermé aucune porte et le meilleur reste à venir.
Vous évoquez régulièrement le sport féminin, parfois le féminisme. Être la première femme à combattre pour un titre mondial au Moyen-Orient ça a une saveur particulière ?
E.M : Oui c'est une façon supplémentaire de marquer l'histoire. Le sujet des femmes me tient à cœur, me touche. Mon promoteur a tout fait pour que mon retour sur le ring se fasse à l'image des causes que je défends. Donc oui, ça a une signification particulière d'être la première à défendre un titre au Moyen-Orient.
Pensez-vous qu'on soit à un moment charnière pour la boxe ? Entre votre défense de titre féminin à Dubaï, les premières boxeuses au Madison Square Garden (combat entre Serrano et Taylor le 30 avril)...
E.M : C'est un moment important. Depuis quelques années la boxe féminine monte. Il y a eu l'entrée des femmes aux Jeux en 2012 qui a fait bouger pas mal de choses. À chaque période il y aura des pionnières comme ça qui marqueront l'évolution des femmes dans le sport.
Mon combat vendredi sera une première. Et ce sera amené à se reproduire, des "premières", puisqu'on a un train de retard (rire). L'essentiel aussi c'est que les prestations soient à la hauteur des évènements. C'est bien d'être la première, il faut aussi l'être avec la manière, je ferai en sorte que ce soit le cas vendredi.
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Taylor et Serrano

Crédit: Getty Images

Vous voulez peut-être en profiter pour passer un message aux boxeuses qui vous suivent ?
E.M : Oui bien-sûr ! Entraînez-vous ! On est toujours obligées d'en faire un peu plus pour montrer qu'on est présentes et performantes. Vivez votre sport pleinement. Les femmes sont de plus en plus fortes en boxe. De grandes championnes ouvrent la voie et donnent l'exemple, tout le monde a sa place dans ce sport. Tout le monde, et pas que les femmes, doit en prendre conscience.
Vous avez signé avec un nouveau promoteur pour trois ans en début d'année, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre ?
E.M : C'est le chapitre le plus important de ma carrière sportive qui s'ouvre, au vu des objectifs que je me suis fixés. Même si j'ai déjà été championne olympique, en pro les choses ne sont pas encore faites. En voyant l'enthousiasme de Richard Schaefer (son promoteur) je m'attends à ce que ce soit le début du moment le plus important de ma carrière. Il comprend ma vision des choses, celle d'une athlète qui veut marquer son sport.
Vos objectifs justement…
E.M : Je veux marquer mon sport. J'ai plusieurs objectifs à venir qui me placeraient en tant que meilleure du monde et de l'histoire de la boxe : réunir les ceintures et faire le doublé olympique avec les Jeux de Paris 2024.
Combattre à l'étranger c'est une étape importante dans le processus pour devenir la meilleure ?
E.M : C'est une étape à intégrer à sa carrière pour devenir la numéro une mondiale. C'est un sport important en Angleterre, aux Etats-Unis… c'est important que je me positionne et que je montre au public qui aime ce sport que je suis bien présente. Et ils peuvent s'attendre à ce que je sois dans quelques mois sur des très gros combats.
Pour être la meilleure il faut aller chercher les meilleures. L'année dernière vous disiez qu'il vous fallait un an pour affronter Taylor. Aujourd'hui vous vous en sentez capable ?
E.M : Pour le moment c'est Taylor à aller chercher, ça ne sera peut-être pas elle demain. Dans la boxe tout va vite. J'ai encore du travail avant d'aborder ce genre de combat. Avec mon promoteur on se laisse le champ libre en termes de programmation pour tenter d'aller chercher les ceintures au bon moment.
"Le champ libre", c'est combien de temps ?
E.M : Dans mon calendrier, je vais basculer en amateur un an avant les Jeux Olympiques. Donc j'ai jusqu'à l'été 2023 pour envisager un combat pour aller chercher les ceintures. Je me laisse le temps d'emmagasiner de l'expérience et faire des combats clé qui me permettront d'accéder à celui pour les titres.
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