Paris 2024 / Boxe : Oumiha et Bennama en finale : revanche de Tokyo, des Mondiaux, d’une vie

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Sofiane Oumiha et Billal Bennama disputeront la finale du tournoi olympique des -60 kg et -51 kg, mardi et mercredi, au cœur d'un Roland Garros en train de s'habiller pour l'occasion. Ce rendez-vous n'est pas qu'une finale de boxe, il représente la revanche d'une vie, pour ces deux garçons qui ont subi la désillusion injuste de Tokyo dans un sport où chaque belligérant engage tout son être.

Oumiha, une deuxième chance en or : huit ans après Rio, le boxeur combattra pour le titre olympique

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Si la revanche est un plat qui se mange froid, Billal Bennama et Sofiane Oumiha mangeront le leur à Roland Garros, réchauffé par une ambiance qui s'annonce brûlante. Huit ans que la boxe tricolore attend une médaille olympique. De la gourmandise de Rio à l’excitation de Paris, en passant par la disette et la polémique à Tokyo, ces huit années ont été absolument marquantes pour Bennama et Oumiha. Et pas forcément de manière positive.
Les deux hommes étaient de la partie pour les JO 2021 et ont subi ce que beaucoup qualifient encore de vol pur et simple. À domicile, ils auront l’occasion de laver l’affront, mercredi et jeudi. Des finales au goût de revanche donc, d’autant qu’Oumiha retrouvera Erislandy Álvarez, qu’il avait battu pour devenir champion du monde en 2023, et Bennama fera face à Hasanboy Dusmatov, contre qui il a perdu en finale lors de ces mêmes Championnats du monde. Que le destin est malicieux.

Dégoûté, Bennama voulait arrêter la boxe

Pour bien comprendre à quel point ces finales dépassent la boxe, il faut remonter trois ans en arrière. Billal Bennama entre dans son tournoi olympique, entouré d’une équipe de boxeurs français qualifiés de “tueurs” par John Dovi, qui faisait partie des entraîneurs de l’époque. “La meilleure équipe qu’on a jamais eue”, insiste-t-il. Pour son premier tour, que le natif d'Albi aborde en tant que favori de sa catégorie de poids, il tombe sur le Kazakh Saken Bibossinov. John Dovi s’en souvient comme si c’était hier : “Il gagne largement la première reprise contre ce boxeur qu’il a déjà battu et les cinq juges donnent le round à l’adversaire. Et là, Billal s’effondre, il est en pleurs”. Après quoi, il force son style de technicien, de contreur, du haut de ses 1m75 pour 51 kilos en combat, pour revenir au score. En vain. 
Côté Oumiha, la polémique avait eu lieu en huitièmes de finale également. Contré par un bon crochet de l’Américain Keyshawn Davis, il titube et se voit arrêté par l’arbitre. Ce dernier décompte huit secondes puis juge le Français inapte à reprendre alors qu’il semblait tout à fait lucide. La surprise est générale, l’indignation se lit sur le visage du Français. 
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Incompréhension et polémique : le moment où Oumiha a perdu son combat

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“Je sais quel moment difficile ils ont vécu, lâche John Dovi, grave. Ça a été très, très dur Tokyo, pour eux, pour le staff”. Billal Bennama avouera plus tard avoir été au fond du trou mentalement et pensé à arrêter son histoire avec le noble art. Cette équipe de France était si forte, si confiante, que lorsqu’elle s’est heurtée à ce mur infranchissable d’un arbitrage très discutable, dans un sport à juges pas épargné par les polémiques, en témoigne l'histoire du regretté Alexis Vastine, la chute était vertigineuse. “Même moi, je crois que j’ai fait une petite dépression. On a eu contre nous une vraie cabale”, souffle John Dovi. 

Oumiha immense favori, Bennama des émotions à gérer

Aujourd’hui, les deux hommes sont plus que prêts. Sofiane Oumiha, qui a lancé sa carrière chez les professionnels pour cinq victoires en cinq combats, puis l’a mise entre parenthèses pour écrire son destin cet été à Paris, est clairement l’homme à abattre du circuit mondial. “Ça fait huit ans que chaque adversaire qu’il affronte joue son propre championnat du monde, s’amuse Jean-Charles Barès, qui commente la boxe olympique cet été sur les antennes d’Eurosport. C’est un boxeur qui a trouvé sa boxe, avec plus de 200 combats et trois olympiades dans les pattes, il est au sommet de son art”. 
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Médaille assurée : Oumiha domine son quart de finale

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Gare tout de même au Cubain qu’il affrontera porte d’Auteuil, d’un autre calibre que les adversaires qu’il a dominés en quarts et en demies, même s’il l’a déjà battu en finale des Mondiaux de Tachkent. Surtout, Alvarez évolue dans un autre style, moins rentre dedans et donc moins arrangeants pour Oumiha, formidable contreur et véritable artiste quand il s’agit d’esquiver et remiser les coups. Il n’est pas triple champion du monde pour rien après tout.
Côté Billal Bennama, tous les ingrédients semblent réunis également. Si Dusmatov l'avait battu à Tachkent, le Français dominait le combat avant d'être arrêté par l'arbitre suite à un bel enchaînement au visage qui l'avait mis sur les fesses dans le premier round. Il a dans les poings de quoi le déborder en utilisant son large avantage de taille : le tricolore lui met près de 20 centimètres. Comme la gestion de la distance, celle des émotions sera clé pour Bennama. Souvent crispé dans ses premiers rounds depuis le début du tournoi, John Dovi, qui l'a longtemps coaché, ne l'a "pas reconnu". L'avantage, c'est que dos au mur, poussé par le public, il se révèle capable d'électriser le combat et partir à la bagarre pour renverser une situation, à l'image de son quart de finale.
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Billal Bennama aura sa médaille : son final explosif en quarts des -51 kg

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John Dovi, qui a eu les deux finalistes au téléphone après leur qualification, révèle qu'ils ont souhaité inviter tout le staff présent à Tokyo en tribunes pour assister aux combats. Comme pour conjurer un sort et boucler la boucle. "Je les sens bien, sereins, on n'a pas du tout parlé des adversaires, on s'est juste dit que c'est une belle revanche".
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