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COMBINE NORDIQUE - Lamy-Chappuis ou la quête d’un improbable retour doré

Lamy-Chappuis ou la quête d’un improbable retour doré

Le 13/02/2018 à 15:35Mis à jour Le 13/02/2018 à 15:41

JO PYEONGCHANG 2018 - Titré sur petit tremplin à Vancouver, Jason Lamy-Chappuis revient, deux ans après avoir mis un terme à sa carrière, aux Jeux Olympiques avec l’ambition - un peu folle - de retrouver les sommets. Cinq ans après son dernier titre majeur.

Les grands champions ne meurent jamais. Du moins, le pensent-ils. L’espèrent-ils. S’en persuadent-ils. Et Jason Lamy-Chappuis ne fait pas exception à la règle. Champion olympique du combiné nordique petit tremplin aux JO de Vancouver, en 2010, le Français avait depuis pris sa retraite sportive à la fin de la saison 2014-2015, au terme d’une année globalement compliquée (14e de la Coupe du monde) marquée tout de même par trois médailles mondiales (bronze en petit tremplin et par équipes, or en sprint par équipes). Mais le quintuple champion du monde - trois fois en individuel - ne sera pas resté bien longtemps en dehors de la compétition. Deux ans plus tard, le voilà déjà de retour avec un objectif : les Jeux de Pyeonchang.

Le natif de Missoula, aux Etats-Unis, garde un souvenir mitigé de ses expériences aux JO. Médaillé d’or sur petit tremplin à Vancouver en 2010, au terme d’un sprint grandiose, le Français est en revanche ressorti frustré de l’édition 2014. A Sotchi, il s’avançait en grand favori mais s’était alors totalement manqué, sur petit tremplin (35e) comme sur grand tremplin (7e), avant de finir au pied du podium dans l’épreuve par équipes, comme en 2006 et 2010 (4e, 4e et 5e). Une mésaventure terrible pour le Tricolore, alors porte-drapeau de la délégation française en Russie. "Il y a quatre ans, je m’étais mis beaucoup trop de pression, avouait-il récemment sur RMC. Désormais, je suis décomplexé. Je n’ai plus autant de pression qu’alors". Assez logique vu sa forme depuis son retour. Mais pas sûr qu’il en sorte gagnant.

Jason Lamy-Chappuis

Jason Lamy-ChappuisEurosport

Des entraînements encourageants à Pyeongchang

Bien sûr, il ne faut jamais sous-estimer l’orgueil du champion. Mais, depuis son retour, force est de contaster que Jason Lamy-Chappuis est loin de jouer dans la cour des grands. Avec une 14e place comme meilleur résultat en individuel (à Planica), le Français abordera ces JO dans la peau – inhabituelle pour lui – d’outsider tout au plus. La faute à un saut régulièrement défaillant depuis le début de la saison. Heureusement, le Tricolore a commencé à retrouver ses repères lors du dernier stage, à Oberhof. "Je suis assez content de ce stage, expliquait-il avant les Jeux. Tout de suite après le jour de repos, on a fait quatre bons jours, où ça commençait à être de mieux en mieux au tremplin. J'arrivais à être aussi bon que François (Braud), ou que Maxime (Laheurte) sur certaines séances. On a trouvé des points de repères, sur le lâcher de barre, sur la première partie de l'impulsion, où je sais où me mettre pour que ce soit efficace". Au meilleur des moments.

Des progrès que Lamy-Chappuis a confirmé dès les premiers entraînements sur le sautoir de Pyeonchang, avec un envol à 100m. De bon augure pour le Français, déjà revenu à un bon niveau cette saison sur les parties de fond, où il fait régulièrement jeu égal avec les tous meilleurs. De quoi ambitionner une médaille ? En individuelle, la tâche risque de se révéler bien difficile face aux Watabe, Riber et autres Allemands. D’ailleurs, le Tricolore l’avait annoncé au moment de son retour : la médaille, il la vise avant tout en relais où l’équipe de France, emmenée par Braud (3e sur grand tremplin aux Mondiaux 2017) et Laheurte (4e à Ruka cette saison) notamment, visera une première médaille olympique en relais depuis les JO de Nagano en 1998. A condition que Lamy-Chappuis redevienne le grand Jason. Improbable ? Oui. Mais l’histoire n’en serait que plus belle.

Jason Lamy-Chappuis aux JO de Sotchi en 2014

Jason Lamy-Chappuis aux JO de Sotchi en 2014AFP

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