Benjamin Thomas champion olympique 2024 de l'omnium, le sacre d'un "chasseur" : "Il l'a tué à dix tours de l'arrivée"
Eurosport sur GoogleBenjamin Thomas a fait preuve d'un calme remarquable, jeudi à Saint-Quentin-en-Yvelines, au cours d'un omnium agité, pour en devenir le champion olympique. La chute qui aurait pu le désarçonner lui a même permis de parachever son succès. Le pistard français de 28 ans narre la sérénité qui lui a permis de briller, dans ces Jeux Olympiques de Paris 2024. Celle qui lui avait manqué à Tokyo, en 2021.
De la chute à la gloire : La course aux points folle de Benjamin Thomas
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Patatras ! Benjamin Thomas est tombé et tout un vélodrome a tremblé. Steven Henry y compris. Le coach de l'endurance tricolore a "défoncé l'oreille" de son interlocuteur en centre-piste, "en criant chute". Mais son coureur, lui, n'a pas paniqué. "Il ne pouvait rien m'arriver, les planètes étaient alignées", a souri le nouveau champion olympique de l'omnium, radieux en zone mixte. Le Français de 28 ans savait qu'il bénéficiait de cinq tours pour se remettre en piste et il a même tiré profit de la situation.
"La chute ? Un détail", assure celui dont ce jeudi est le "jour de gloire" : "Je glisse, ça brûle, mais je n'ai rien de cassé. J'ai eu de la chance. J'ai tout de suite regardé le compte tours, j'ai vu qu'un sprint arrivait dans deux tours. Je me suis dit : 'Je remonte après le sprint', comme ça je peux aussi faire redescendre les pulsations, récupérer. C'est ce qui m'a permis de remettre un petit coup et de maîtriser le final." Le témoin d'une lucidité formidable, alors que son destin doré était si proche de se dérober sous ses roues.
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Thomas en or malgré sa chute : "il ne pouvait rien m’arriver"
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J'ai eu l'expérience de Tokyo, où j'étais arrivé avec la boule au ventre, avec de la peur
Ce sang-froid salvateur est tout ce qu'il lui avait manqué il y a trois ans, lorsqu'il avait échoué au pied de la boîte dans la même discipline. "J'étais en mission. Ce (jeudi) matin, je me sentais détendu, raconte le 14e médaillé d'or français des Jeux Olympiques de Paris 2024. J'étais vraiment bien. J'ai eu l'expérience de Tokyo, où j'étais arrivé avec la boule au ventre, avec de la peur. Là, j'ai couru libéré." C'en était presque grisant pour Thomas : "J'étais serein, c'était un truc de fou. Je n'ai jamais été aussi tranquille avant un omnium."
Henry abonde : "Au réveil, je savais qu'il allait faire un truc. Il était serein, détendu. Je ne l'avais pas vu comme ça depuis 2019 ou 2020. Je n'avais pas l'impression qu'il allait faire un omnium." Florian Rousseau, directeur du programme olympique de la FFC – à qui Benjamin Thomas succède en tant que pistard français champion olympique, 24 ans après – appuie sur le même point : "Il était calme, décontracté. On l'a vu par le passé être un peu plus fermé, avoir des entames de courses difficiles. Là, il était détendu. Durant l'après-midi, il était sous un parasol, allongé dans l'herbe… il a su rentrer dans sa bulle au dernier moment. C'était un signe."
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Les larmes de Thomas : sa Marseillaise pleine d'émotions en vidéo
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Les leçons tokyoïtes
"A Tokyo, on me mettait la médaille autour du cou avant la course, j'avais eu du mal à gérer cette pression. J'ai essayé de me détacher de tout ça", dit encore Thomas. Sa capacité à le faire a été l'une des clefs de son sacre, qui a ravi un vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines plus électrique que depuis le début des Jeux. Cette dimension psychologique décisive inclut l'approche tactique d'une épreuve découpée en quatre parties (scratch, tempo, élimination, course aux points).
La 4e place si dure à avaler d'il y a trois ans a, là aussi, compté. "A Tokyo, il était le chassé, analyse Steven Henry. C'est difficile à maîtriser comme situation de course. Le mot d'ordre c'était d'être chasseur toute la journée." Les deux thématiques se rejoignent. Benjamin Thomas a été un animal à sang-froid, prêt à sauter sur sa proie. "J'ai essayé de surveiller des coureurs super forts comme Ethan Hayter (8e), Aaron Gate (5e), développe le double champion du monde de l'omnium (2017, 2020). J'ai laissé des outsiders comme Fabio (Van den Bossche, 3e) ou Iuri (Leitao, 2e) devant pour me retrouver en position de chasseur."
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Thomas éliminé... ou pas ? Confusion au vélodrome
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Saisis ta chance, gamin
Vainqueur du scratch, 11e de la tempo race dans l'optique de garder à l'œil certains cadors, heureux 2e d'une course à l'élimination houleuse qu'il aurait pu boucler au 8e rang – "un petit coup de pouce du destin", admet son entraîneur –, Thomas a abordé en dauphin la course aux points. Il avait un but prioritaire, toujours d'après son coach : "Il y a trois ans, on avait commis l'erreur de regarder toujours au-dessus, sans regarder derrière. On voulait sécuriser le podium. Après, si on peut : on joue."
"Quand j'ai vu lors de la course aux points que ça s'alignait bien, qu'on allait être trois et que j'étais le plus rapide au sprint. J'ai pensé : 'Saisis ta chance, gamin'", relate le coureur de la Cofidis, aussi démonstratif dans sa joie lors de la cérémonie de remise des médailles qu'impassible dans la partie de poker, quelques instants plus tôt : "On a le classement imprimé dans la tête, ce sont des automatismes, j'aime bien tout calculer."
Puis de trois, les candidats au couronnement sont passés à deux. "C'était un match avec Iuri Leitao. Il l'a tué à dix tours de l'arrivée, en allant gagner le sprint et en plongeant dans sa roue", se délecte Henry. Thomas l'a vécu de la même manière : "Je me suis dit : 'Si tu arrives à boucher le trou, tu es champion olympique'. Il n'y a pas meilleure motivation. Quand je suis rentré sur lui, j'ai vu la cassure et j'ai compris que je pouvais profiter." Quoique… "J'aurais pu me recasser la figure", se permet d'ironiser celui dont la carrière a changé, en une journée agitée qu'il a traversée avec une quiétude monumentale.
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Il a flairé le bon coup : comment Thomas a remporté la première épreuve de l'omnium
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