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A eux de jouer
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Publié 19/04/2009 à 09:45 GMT+2
Une semaine après Paris-Roubaix, le peloton prend la direction du Limbourg néerlandais et des Ardennes belges pour un triptyque de classiques où les puncheurs seront rois. De Damiano Cunego aux frères Schleck, tour d'horizon de ceux qui devrait jouer un rôle significatifs cette semaine.
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Damiano Cunego (ITA - Lampre)
En 2008, le Petit Prince avait découvert victorieusement l'Amstel Gold Race puis s'était classé 3e au sommet du Mur de Huy avant d'être victime d'une fringale sur la Doyenne. Cette année, le vainqueur du Giro 2004 a décidé de retenter le coup sur les classiques avant de prendre la direction de Venise pour le départ du Tour d'Italie du centenaire qu'il disputera avec de grandes d'ambitions (ndlr: pour peaufiner sa préparation, il devrait également s'aligner sur le Tour de Romandie). Triple vainqueur du Tour de Lombardie, il dispose de toutes les qualités pour être le héros de cette semaine ardennaise. Bien préparé par un long stage sur les hauteurs des Canaries, il a démontré son excellente condition en s'adjugeant la Semaine Coppi et Bartali et en jouant les premiers rôles sur le Tour du Pays Basque. Encore dans le coup dimanche dernier sur la Klasika Primavera, le Véronais se verrait bien faire parler sa pointe de vitesse au sommet du Cauberg. "Je viens pour gagner", prévient-il sans se cacher.
Alejandro Valverde (ESP - Caisse d'Epargne)
Le Murcian, qui pourrait être suspendu par le CONI pour son implication présumée dans l'affaire Puerto le 11 mai prochain, ne veut penser qu'à sa campagne de classiques. En forme avancée malgré un début de saison très allégé, Valverde, vainqueur dimanche de la Klasika Primavera, se verrait bien faire la passe de trois à Liège. Egalement vainqueur par le passé de la Flèche Wallonne (2006), le protégé d'Eusebio Unzue n'a par contre jamais gagné l'Amstel. Peut-être y sera-t-il un peu court au vue de son faible nombre de jours de course. Il pourra toutefois compter sur le soutien du solide Joaquin Rodriguez ( ndlr: 8e sur chacune des trois classiques) qui avait démontré son aptitude sur les ardennaises l'an dernier. Fort de sa démonstration sur les hauteurs de Montelupone sur Tirreno-Adriatico, le prédécesseur de Valverde au palmarès du championnat d'Espagne figure parmi les principaux outsiders cette semaine.
Davide Rebellin (ITA - Serramenti)
Cinq après son fabuleux triplé, le vétéran italien revient sur le théâtre de ses exploits avec beaucoup d'ambitions. Auteur d'un très bon début de saison (3e de la Ruta del Sol, 2e du GP de Lugano, 6e de Tirreno-Adriatico, 3e de la Semaine Lombarde), le vice-champion olympique a levé les bras à deux reprises en février en Andalousie mais aborde paradoxalement l'Amstel Gold Race à court de compétition. Très affecté par le tremblement de terre survenue dans les Abruzzes, le leader de l'équipe Serramenti avait préféré rester au pays plutôt que de s'aligner comme prévu sur le Circuit de la Sarthe. Du coup, il remise ses ambitions sur la Flèche et la Doyenne même s'il y a fort à parier qu'il soit tout de même avec les meilleurs dès l'Amstel Gold Race. D'autant qu'il pourra compter sur l'appui d'un équipier de luxe en la personne de Michele Scarponi, heureux vainqueur de la Course des Deux Mers au mois de mars dernier, capable de suppléer son chef de file si les circonstances l'exigent.
Les frères Schleck (LUX - Saxo Bank)
Détonateurs de Liège-Bastogne-Liège l'an dernier, les duettistes luxembourgeois espèrent cette fois ne pas se contenter des places d'honneur. Vainqueur au sommet du Cauberg en 2006, Frank est comme chez lui sur les routes du Limbourg et des Ardennes belges. Son jeune frère, un peu en retrait en ce début de saison, et ses coéquipiers Karsten Kroon et Alexandr Kolobnev devraient se mettre à son service. L'objectif de l'équipe Saxo Bank sur chacune des trois classiques sera de durcir la course car Frank, bien que très puissant dans les bosses, ne dispose pas d'une pointe de vitesse suffisante pour rivaliser avec Cunego, Valverde, Rebellin ou Kirchen au sprint. "Si on arrive groupé au Cauberg, ce sera trop tard", analyse-t-il ainsi avec lucidité. On sait ce qui lui reste à faire.
Samuel Sanchez (ESP- Euskaltel)
En 2008, soucieux de préparer au mieux le Tour de France, il avait fait l'impasse. Cette année, fort de son prestigieux titre de champion olympique et d'un début de saison consistant (vainqueur du GP de Llodo puis 3e du Tour du Pays Basque), le natif d'Oviedo fait figure de favori pour ce triptyque de classiques. Par le passé, il s'était classé 6e (2003) puis 4e (2004) au sommet de la côte d'Ans avant de terminer 2e derrière Valverde en haut du Mur de Huy (2006). Seul coureur de la formation Euskaltel à pouvoir prétendre jouer un rôle significatif sur ce terrain qu'il connaît bien, Sanchez semble armé pour aller chercher une victoire cette semaine.
Christian Pfannberger (AUT - Katusha)
L'an dernier, c'est ici qu'il s'est révélé. Successivement 6e de l'Amstel Gold Race, 9e de la Flèche Wallonne et 5e de Liège-Bastogne-Liège, le champion d'Autriche revient aux Pays-Bas et en Belgique pour essayer de faire au moins aussi bien. En forme ascendante, il s'est notamment montré à son avantage sur le Tour du Pays Basque et pourra compter sur l'appui plein et entier de l'ensemble de ses coéquipiers au sein de l'équipe Katusha. A suivre de près.
Sylvain Chavanel (FRA - Quick Step)
Au vue de la nouvelle dimension incontestablement prise par le Poitevin ces dernières semaines, il est difficile de l'exclure de la liste des coureurs à suivre sur l'Amstel Gold Race, dernière classique à laquelle il participera ce printemps. Transfiguré par son passage à la Quick-Step, le champion de France du contre-la-montre trouvera un terrain à sa convenance. Très éprouvé par un début de saison harassant, il sera sans doute un moins bien que dimanche dernier lors de Paris-Roubaix mais il demeure capable de faire un résultat sur sa classe. Débarrassée de la tutelle de Tom Boonen et de Stijn Devolder, c'est le moment pour lui de jouer sa carte personnelle. S'il n'en est pas capable, son coéquipier Jérôme Pineau peut prendre le manche dans une course qu'il a fini à deux reprises dans les 10 premiers.
La formation Rabobank
A domicile, les Oranges ne veulent pas se rater. Cela fait en effet 8 ans (ndlr: victoire d'Erik Dekker) que la formation néerlandaise ne s'est pas imposé sur ses terres. Dès l'Amstel, il s'agira donc d'être dans le coup pour les hommes d'Erik Breukink. Pour ce faire, les espoirs bataves reposeront sur les épaules du prometteur Robert Gesink qui avait démontré ses capacités à briller sur les courtes bosses en prenant la 4e place de la Flèche Wallonne l'an dernier. En forme, le jeune Néerlandais (21 ans) vient de se classer 7e du Tour du Pays Basque et s'inscrit dans un collectif solide qui comptent également sur Nick Nuyens, Juan Antonio Flecha et Joost Posthuma pour faire la course en tête.
L'équipe Silence-Lotto
Avec seulement 2 victoires cette année (ndlr: Cadel Evans lors de la 6e étape de la Semaine Internationale Coppi et Bartali et Olivier Kaisen en Turquie cette semaine), la formation de Gert Coeman et Marc Sergeant s'est jusqu'ici montrée très décevante. Certes, Leif Hoste et Johan Van Summeren ont répondu présent à Roubaix mais ils n'ont jamais été en mesure de contrer les velléités de Tom Boonen. Van Summeren sera encore de la partie avec cette fois comme partenaire privilégiée, le jeune Jurgen Vandenbroeck et les plus expérimentés Thomas Dekker (dans les 6 premiers de chacune des classiques du triptyque l'an dernier) et Philippe Gilbert, rejoints mercredi pour la Flèche et la Doyenne par Cadel Evans qui poursuit sa préparation pour la Grande Boucle.
ET AUSSI: Rinaldo Nocentini (AG2R-La Mondiale), Sandy Casar, Benoît Vaugrenard et Jussi Veikkanen (Française des Jeux), Vicenzo Nibali (Liquigas), Juan Jose Cobo (Fuji-Servetto), Linus Gerdemann et Fabian Weggmann (Team Milram), Jonathan Hivert (Skil Shimano).
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