Ametsl Gold Race 2013: Roman Kreuziger s'offre sa première classique

Kreuziger, le tour de force
Par Eurosport

Le 14/04/2013 à 16:54Mis à jour Le 14/04/2013 à 17:56

Roman Kreuziger (Saxo Bank) a surpris les favoris dimanche en anticipant avant de résister dans le final. A 26 ans, le Tchèque s'offre la première classique de sa carrière. Alejandro Valverde et Simon Gerrans complètent le podium.

On attendait un Slovaque. On a eu un Tchèque. Peter Sagan, grand favori de cette Amstel Gold Race 2013, n'a pas réussi à justifier ce statut dimanche aux Pays-Bas. Loin de là, même. Mais à défaut d'assister à la première grande victoire dans une classique majeure du jeune Slovaque, la "Gold Race" a réservé sa petite part d'histoire en couronnant pour la toute première fois un coureur tchèque. Une nouveauté dans une course d'un jour de cette envergure. Roman Kreuziger, puisqu'il s'agit de lui, a anticipé le final. Bien lui en a pris. Même le dernier passage au Cauberg n'a pas permis aux favoris de revenir sur lui. Après le double sacre de Fabian Cancellara sur le Ronde et à Roubaix, c'est donc un outsider qui a tiré son épingle du jeu pour le premier volet de ces Ardennaises.

Si la victoire s'était jouée ces dernières années au sommet du Cauberg, cette fois, le sort de la course a été scellé bien en amont. Il restait à peine moins de vingt kilomètres lorsque Roman Kreuziger est sorti du peloton des favoris. Après le passage au Geulhemmerberg, sept hommes se trouvaient en tête. Parmi eux, Kreuziger, mais aussi Astarloza, à l'avant depuis un petit moment, ainsi que Grivko, Marcato, Caruso, Kreuziger, Weening et Nordhaug. Le peloton allait tous les revoir avant la ligne d'arrivée. Tous, sauf Kreuziger. Après une succession d'attaques et de contres dans le groupe de tête, le Tchèque de l'équipe Saxo Bank a porté l'estocade décisive à sept kilomètres de l'arrivée.

Philippe Gilbert était fort mais…

Malgré une avance de près de trente secondes, il restait encore à avaler le Cauberg une dernière fois. Contrairement aux années précédentes, l'arrivée n'était pas jugée au sommet mais 1800 mètres plus loin. La question était de savoir si Kreuziger aurait suffisamment de réserves pour tenir à la fois le Cauberg puis la descente et le plat. La réponse, positive allait venir en deux temps. Malgré un énorme numéro de Philippe Gilbert, le Tchèque a bien basculé seul en tête au sommet. Le champion du monde a pourtant fait mal à tous ses adversaires mais, une fois sur le plat, il lui restait encore une centaine de mètres à boucher pour revenir sur Kreuziger. Seul, c'était mission impossible, si près de l'arrivée. Gilbert l'a vite compris. Il n'ajouterait pas une troisième Amstel à son tableau de chasse.

Kreuziger a préservé une vingtaine de secondes d'avance sur le premier peloton, qui avait repris Gilbert. Ce dernier a lancé le sprint de loin mais a dû se contenter de la quatrième place. Ce sont Alejandro Valverde et Simon Gerrans qui sont venus compléter le podium derrière Kreuziger. Gilbert peut être déçu, mais sa condition, excellente, lui laisse quelques sérieux espoirs pour Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Cette Doyenne, Thomas Voeckler ne la verra pas. Victime d'une chute, le Français a abandonné et souffre d'une fracture de la clavicule droite. Il n'a pas été le seul prétendant éliminé sur chute. Joaquim Rodriguez s'est lui aussi retrouvé au tapis. Décidément, ce n'était pas le jour des favoris. Tant mieux pour Roman Kreuziger. Malin tactiquement et costaud physiquement, il n'a pas volé sa victoire. A bientôt 27 ans, le Tchèque, surtout considéré jusqu'ici comme un coureur de courses par étapes, prouve qu'il y a de la place pour les audacieux. Avant Liège, un exemple à suivre pour les baroudeurs. Une leçon à retenir pour les ténors.

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