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Alaphilippe : "Perdre autant en si peu de temps, ce n'est pas possible"

Alaphilippe : "Perdre autant en si peu de temps, ce n'est pas possible"

Le 21/04/2019 à 20:30Mis à jour Le 21/04/2019 à 20:48

AMSTEL GOLD RACE – Alors qu'ils semblaient hors de portée de leurs adversaires, Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang ont vu Mathieu van der Poel leur chiper la victoire dans les derniers hectomètres. La faute à des informations chronométriques erronées. Une rareté dans le cyclisme surtout à l'heure des oreillettes et du GPS.

Et pourtant, ils avaient tout bien fait. Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang ont perdu une course qu'ils n'auraient jamais dû perdre, dimanche, sur la 53e édition de l'Amstel Gold Race. Surprenant ses adversaires, le premier avait attaqué très tôt, plus tôt qu'à l'accoutumée. A 36 kilomètres de l'arrivée, le vainqueur de Milan-San Remo s'était dressé sur les pédales et seul le Danois avait pu suivre cette violente attaque. Un peu moins de 36 bornes plus loin, ils étaient promis aux deux premières places. Las, alors qu'ils pensaient être à l'abri, ils ont vu leurs adversaires, Mathieu van der Poel en tête, revenir sur eux. Un scénario cruel qui s'explique en grande partie par des écarts qui n'étaient pas tout à fait exacts.

Vidéo - Donné pour battu, van der Poel a remporté un sprint de folie pour dégoûter Alaphilippe

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Fuglsang : "Ils se sont trompés"

"Dans le final, mon équipe m'a dit d'arrêter de rouler avec Alaphilippe. Je leur ai dit qu'ils devaient me donner les écarts avec le groupe de derrière", se souvient Fuglsang. Ils m'ont annoncé vingt secondes…" Le Danois se dit alors logiquement que le compte est bon et qu'il va jouer la gagne. Un coup d'œil au-dessus de son épaule a alors tout remis en cause."Je me suis retourné et ils étaient déjà là, à dix mètres. Ce n’était pas 20 secondes. Ils se sont trompés".

Une version corroborée par Alaphilippe lui-même. "À deux ou trois kilomètres de l'arrivée, j'ai entendu qu'on avait encore quarante-cinq secondes d'avance, ou trente-cinq. Je me suis dit que ça allait suffire", a-t-il expliqué à L'Équipe. Le peloton est arrivé de derrière alors que j'avais encore l'information des 35 secondes d'avance. Perdre autant en si peu de temps, ce n'est pas possible." Mathieu van der Poel avait beau être extrêmement fort, on peut aisément être d'accord avec Alaphilippe finalement quatrième, son meilleur résultat sur l'Amstel Gold Race, juste derrière Jakob Fuglsang, 3e.

Alaphilippe, le grand "perdant" ?

Pour le Danois d'Astana, le Français est d'ailleurs le "plus grand perdant de la journée". "J'ai été celui qui le plus roulé, il me disait qu'il était mort. Il m'avait déjà fait le coup aux Strade Bianche", a rappelé Fuglsang qui avait été battu par Alaphilippe en Italie. "Je lui ai dit qu'il devrait travailler et que cette fois je devais gagner plutôt que lui. Il n'était pas d'accord."

Finalement, le Danois est monté sur le podium alors qu'Alaphilippe est venu mourir au pied de celui-ci. Une bien maigre consolation. "Notre équipe a réalisé la course parfaite en mettant en place la tactique discutée dimanche matin, s'est félicité Geert Van Bondt, directeur sportif de la Deceuninck-Quick Step.

"Dans les trois derniers kilomètres, Fuglsang a arrêté de rouler et j'ai dû y aller seul, face au vent", a de son côté regretté Alaphilippe. Je suis un peu déçu bien sûr", Mais je ne suis pas derrière. J'ai hâte d'être aux prochaines courses". Après sa chute et son abandon au Tour du Pays basque, il y avait un infime doute sur la forme de Julian Alaphilippe au moment d'aborder la semaine la plus importante de sa saison. Si dimanche, la victoire lui a échappé, il devra être encore plus fort sur La Flèche Wallonne, mercredi prochain, et surtout à Liège-Bastogne-Liège, dans une semaine, pour s'éviter d'être à la merci d'une erreur extérieur.

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