Si les emmerdes volent en escadrille, les victoires se déplacent par paires pour Warren Barguil. Deux sur la Vuelta 2013, deux encore sur le Tour de France 2017 et deux en trois semaines là aussi en 2022, sur la 5e étape du relevé Tirreno-Adriatico et sur le réputé Grand Prix Miguel Indurain. Un trois fois deux qui représente 75% du total du Breton et si les deux premières paires témoignaient de ses excellentes qualités de grimpeur, celles qui ont fait croire qu'il pourrait briller au général des grands tours, les deux dernières traduisent un changement de style. Les classements généraux, c'est fini pour lui, jure-t-il.

Barguil ne vise plus la régularité

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Cette évolution, c'est Warren Barguil lui-même qui met des mots dessus : "Je suis super content de mes résultats et d'avoir choisi cette option de ne plus viser les classements généraux et de m'axer sur les courses d'un jour", nous a-t-il dit. Une option prise l'hiver dernier en accord avec Arkéa-Samsic. La volonté ne date cela dit pas d'hier dans la tête du coureur et de son équipe. L'ancien de chez Sunweb ne prenait plus autant de plaisir à se battre pendant une ou plusieurs semaines. "Ce n'était pas facile à prendre comme décision, je ne vais pas dire que je m'ennuyais dans ce que je faisais mais je stagnais. Je voulais tenter autre chose."

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Barguil a mis son plan à exécution. Sa 15e place en Algarve et la 20e à Tirreno sont loin d'être ses meilleurs résultats. Nous avons cité ses deux succès mais il a aussi pris les 8e et 9e place lors du dyptique Ardèche puis Drôme et la 27e sur les Strade Bianche. Surtout, il est souvent à l'avant, deux fois de suite sur Tirreno pour un succès, superbe, le deuxième jour. "Mes deux victoires valident mon choix", appuie celui qui n'avait jamais disputé Tirreno, plus "calme" que Paris-Nice, qu'il a beaucoup apprécié, pas plus que le GP Miguel Indurain.
Maintenant qu'il fait des courses d'un jour son objectif prioritaire, Barguil a-t-il entrepris de modifier son entraînement ? La réponse est oui. "J'ai beaucoup travaillé ces derniers mois et ça a payé, explique-t-il. Je me suis dit que j'allais faire des plus longues sorties, 6h-6h30 et faire du spécifique sur 3h-3h30. Avoir changé me plaît bien. J'ai travaillé les efforts courts avec mon entraîneur. Je pense que j'ai vraiment bien axé ma préparation dessus." Les connaisseurs de la chose cyclisme auront fait le rapprochement entre efforts courts et Ardennaises.

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Liège-Bastogne-Liège le plus grand rêve après le championnat du monde
Pour les autres, voici un sous-titre : être bon sur des côtes courtes de cette fin avril est assez différent de l'être dans un col. D'un côté des efforts entre une et dix minutes. De l'autre entre 30 minutes et une grosse heure parfois. Un peu plus lourd que dans ses années de grimpeur, Barguil peut-il briller sur l'Amstel Gold Race (10 avril), la Flèche Wallonne (20 avril) et Liège-Bastogne-Liège (24 avril) ? Quinzième de la première en 2016, quatrième de la seconde en 2020 et sixième de la Doyenne en 2016, le coureur d'Arkéa-Samsic a déjà prouvé qu'il en avait les capacités et s'il assure que physiquement, tout va bien, le mental suit lui aussi.
"Je ne suis jamais arrivé sur les Ardennaises avec une telle confiance, nous assure-t-il. Le discours que je tiens, je ne l'ai jamais eu". Ce discours, quel est-il ? L'Amstel ? Il espère pouvoir être du groupe qui se jouera la victoire, priant pour ne "pas passer à côté de son sprint" comme en 2021 (25e mais dans le même temps que le 4e). La Flèche ? "Alaphilippe est quasiment imbattable sur un effort de trois minutes. Être sur la troisième marche du podium, ce serait bien. J'ai perdu le compte de mes tops 10, c'est une course qui me correspond bien, j'espère franchir le petit cap". Liège-Bastogne-Liège ? "Je rêve de gagner Liège. La Doyenne c'est le plus grand rêve après le titre de champion du monde pour moi". Les rêves sont parfois faits pour être réalisés.

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