Après l'UAE Tour, Tadej Pogacar va enchaîner les classiques : L'autre meilleur rôle de sa vie

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Aussi fou que cela puisse paraître, Tadej Pogacar a déjà achevé un premier bloc de sa saison à l'issue de ses sept premiers jours de course en 2025. De mars à juin, le champion du monde n'endossera plus le costume de meilleur coureur par étapes du monde. "Pogi" troquera cette seconde peau pour une autre devenue toute aussi naturelle pour lui sur les courses d'un jour.

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Tadej Pogacar n'est pas homme à s'embêter des contraintes. On l'oblige, ou disons on l'encourage vivement à participer au tour du sponsor maison, il fait contre mauvaise fortune, bon cœur et passe sa semaine dans le désert à allumer la mèche quand bon lui semble. La lecture de son programme de course cache pourtant mal que son envie sur la première moitié de l'année est ailleurs. L'accent n'est pas mis - c'est peu dire -, sur les courses par étapes qu'il ne retrouvera qu'au mois de juin pour le Dauphiné. Avant de penser au Tour, Pogacar pense à Milan-Sanremo, au Tour des Flandres, à Liège-Bastogne-Liège et pourquoi pas même à Paris-Roubaix…
Né professionnellement comme un formidable grimpeur doté de sacrées qualités de rouleur, Pogacar a peu à peu fait sa mue. Sa nature profonde ressemble bien plus à celle d'un Mathieu Van der Poel qu'à celle d'un Jonas Vingegaard mais il cultive sa propre voie, quelque part entre les deux. Reste qu'à ses débuts, le petit Pogi brillait exclusivement sur des courses par étapes. 

22 victoires professionnelles avant sa première classique

C'est là qu'il a décroché les 22 premières victoires de sa carrière (or championnats nationaux). De la 2e étape du Tour d'Algarve 2019 à Liège-Bastogne-Liège 2021 remporté au nez et à la barbe de Julian Alaphilippe, David Gaudu et Alejandro Valverde. L'ouragan Planche des Belles-Filles n'avait pas seulement emporté Primoz Roglic sur la Grande Boucle 2020, il avait aussi imposé l'idée que son règne sur le Tour, et par extension les courses par étapes, ne trouverait rien pour être entravé pendant de longues années.
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On omettait, un grand classique, la possibilité de l'émergence d'un homme que l'on n'avait pas vu venir. Ce fut Jonas Vingegaard mais le Danois n'a rien à voir avec l'évolution de Pogacar. Il faut chercher en lui, sa soif d'aventure et, disons-le, son immense talent, sa curiosité qui l'a poussé voilà trois ans à découvrir le Tour des Flandres et voilà deux à le remporter. Hors Milan-Sanremo, le champion du monde est invaincu sur les cinq derniers Monuments qu'il a terminés, six si l'on ajoute le dernier championnat du monde et encore un peu plus que ça avec des Strade Bianche qui lorgnent lourdement le statut de grandes soeurs d'un siècle, ou presque, ses aînées.
La course italienne, boudée par tous les autres mastodontes du peloton cette année, résignés qu'ils sont peut-être de sa supériorité ou bien peut-être seulement satisfaits de l'avoir remportée une fois (pour Van Aert et Van der Poel), sera la première d'une longue série, huit au total entre le 8 mars et le 27 avril avant de se tourner vers la préparation de la défense de son titre sur le Tour de France. Un bloc de courses dans lequel, pour la première fois de sa carrière, il n'a inclus aucune épreuve par étapes, embrassant totalement les atours du coureur d'un jour.

Pas Nibali, pas Valverde mais bien Pogacar

D'autres avant lui, comme Vincenzo Nibali, ont eux aussi remis au goût du jour l'archétype du vainqueur de grand tour qui va sur les classiques mais justement, l'Italien était avant tout un coureur sur trois semaines. Un Alejandro Valverde, à l'inverse, était un formidable puncheur, l'un des plus fameux que le cyclisme ait connu, capable de briller en haute montagne et donc sur des grands tours. Pogacar est l'un et l'autre et la balance se trouve au parfait niveau d'équilibre. 
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Au gré de ses aventures, le Slovène aura des yeux un peu plus amourachés pour Milan-Sanremo, celle qui se refuse encore à lui pour la simple et bonne raison qu'elle n'est pas assez difficile pour qu'il fasse parler des jambes bien souvent deux rangs au-dessus de toutes les autres. Suivront alors les Flandriennes avec son retour au Ronde où l'attend un duel excitant au possible avec Van der Poel puis les Ardennaises pour une tournée qui ressemble à celle d'une rock-star qui ne zappe aucune salle mythique. Pogacar veut se montrer partout où il peut et peut-être sera-t-il aussi gagné par l'envie de découvrir Paris-Roubaix en véritable homme de classiques qu'il est.
 
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