Victoire de Romain Grégoire sur l'Ardèche Classic : Quand le ridicule se répète, le hasard n'existe plus

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Le final de l'Ardèche Classic promettait énormément ce samedi, il a été gâché par la faute de quelques coureurs, notamment Juan Ayuso et Enric Mas, qui se sont trompés de route. Romain Grégoire (Groupama-FDJ) savait qu'il fallait aller tout droit puisque le peloton était déjà passé là deux fois ce samedi et il est en droit de savourer sa victoire même s'il la qualifie de "particulière".

Romain Grégoire, tout surpris d'avoir remporté l'Ardèche Classic

Crédit: Getty Images

"Le coureur qui menait le peloton ne doit rien connaître au vélo". Arnaud De Lie (Lotto-Dstny) se trouvait à quelques centaines de kilomètres de l'Ardèche ce samedi, occupé qu'il était à constater que sa forme du moment ne pouvait lui permettre de remporter le Het Nieuwsblad. Pour autant, le Belge aurait pu commenter l'arrivée de l'Ardèche Classic comme il l'avait fait pour la 1re étape du Tour d'Algarve. Des dizaines de coureurs s'étaient trompés de route dans le final là-bas, quelques hommes ont récidivé en France avant la victoire de Romain Grégoire (Groupama-FDJ). Lui est resté sur le bon chemin en Algarve, comme en Ardèche. Le hasard, vraiment ?
Dauphin de Juan Ayuso (UAE-Emirates) en 2024, Grégoire s'est un peu fait voler sa revanche, embêté qu'il était de s'imposer de cette manière. "Honnêtement, j'ai du mal à en profiter, a-t-il réagi après sa 7e victoire. C'est quand même bizarre comme sensation avec ces coureurs qui se sont trompés à 300 mètres de la ligne. J'ai l'impression de ne pas avoir sprinté mais on va dire que c'est la faute des coureurs". Et comment, Romain. Évidemment que la faute incombe à Juan Ayuso, Enric Mas, Javier Romo ou Marc Hirschi qui ont, bêtement il faut le dire, suivi la caméra, et précipité la chute de quelques autres qui visaient la victoire.

DEUX passages sur la ligne avant l'arrivée

"Je ne sais pas ce qu'ils ont fait, se demandait Romain Grégoire. Ils ont pris à droite aux 350 mètres alors qu'on est passé sur la ligne trois fois aujourd'hui." L'Ardèche Classic a ceci de particulier qu'elle se court, en partie, en circuit. Comment expliquer alors que des coureurs professionnels se soient trompés à moins de 400 mètres d'une ligne qu'ils avaient déjà franchie à deux reprises ?  
Ne sont-ils pas censés connaître ce final sur le bout des doigts, qui plus est s'ils espèrent jouer la victoire ? A quoi sert un livre de route s'il n'est pas consulté, et appris, par les coureurs eux-mêmes ? A quoi pensaient-ils dans les deux tours précédents s'ils n'ont pas analysé qu'une ligne droite et un virage à droite ne s'abordaient pas de la même manière à 300 mètres de l'arrivée ? 
Biberonnés aux oreillettes et aux capteurs de puissance qui les font parfois devenir les esclaves de chiffres ou de stratégies imaginés pour eux par d'autres, certains coureurs semblent en avoir oublié la base : connaître le parcours. S'ils réclament, à raison, toujours plus de sécurité, les hommes du peloton devraient peut-être parfois balayer devant leur porte. Les organisateurs prennent à l'occasion des décisions ubuesques qui les mettent en danger mais eux aussi jouent parfois contre leur camp. Ce fut encore une fois le cas ce samedi. 

Grégoire a plus que mérité sa victoire

Au Portugal, Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) avait été assez injustement privé de la victoire. Les commissaires choisissant alors d'annuler purement et simplement le résultat. La médiocrité l'avait emporté sur le mérite de quelques-uns. Les têtes baissées avaient fait perdre ceux qui prennent le temps de lire un livre de route et d'appliquer ce qu'ils y ont vu. 
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⚠️ Hallucinant : le peloton sprinte sur la mauvaise route, l'étape annulée

Video credit: Eurosport

Ce jour-là, un certain Romain Grégoire avait terminé dauphin de l'Italien. Le même qui ne s'est pas trompé de route dans un final qu'il connaissait… par cœur. "Je n'ai même pas réfléchi, je savais que c'était tout droit", s'excusait-il presque, embêté pour ses adversaires. Une fois, ça peut être du hasard, deux, ça devient a minima une bonne habitude. Tête bien faite formée dans la pouponnière de Marc Madiot où l'on apprend à devenir un coursier avant d'espérer être un champion, Grégoire n'a pas à avoir honte d'avoir gagné l'Ardèche Classic de cette façon. L'embarras a bien des têtes où se loger ce samedi mais la sienne n'en fait pas partie.

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