Arkea, les blessures et la vie de papa : Florian Sénéchal évoque sa "dépression" et son retour au sein d'Alpecin - Premier Tech

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Invité de Bistrot Velo lundi, Florian Sénéchal est revenu sur ses deux dernières années passées dans le peloton. Le champion de France 2022 a souvent joué de malchance sous les couleurs d'Arkea - B&B Hôtels, jusqu'à en faire flancher son moral. Sénéchal a livré un témoignage fort sur sa dépression, et comment la vie en dehors du vélo l'a aidé à retrouver la forme chez Alpecin - Premier Tech.

"J'ai sombré" : Sénéchal raconte "deux années noires" et voit "un bel avenir"

Video credit: Eurosport

Souvent acteur sur les classiques du temps de ses meilleures saisons chez Quick Step, Florian Sénéchal n'a pas autant pesé dimanche sur le Tour des Flandres au sein de l'équipe Alpecin - Premier Tech. Cela n'a pas porté préjudice à son leader Mathieu van der Poel, seulement battu par un énorme Tadej Pogacar. Mais il y avait sans doute bien plus important. Le coureur de 32 ans retrouve des sensations et le plaisir essentiel pour poursuivre sa belle carrière.
Dans notre émission Bistrot Velo, Sénéchal s'est ouvert sur ses difficultés des deux dernières années, pas à la hauteur de son statut dans le peloton. Le Nordiste n'est pas parvenu à s'exprimer au sein de la formation Arkea - B&B Hötels, aujourd'hui disparue. "Cela a été deux années compliquées pour moi, a-t-il raconté lundi. L'équipe m'a bien soutenu dans ces moments-là, mais j'ai sombré mentalement. J'étais, je pense, en dépression, mais si ce n'était pas 'officiel' : des insomnies à répétition, je ne prenais plus de plaisir. Je n'ai rien lâché au niveau de l'entraînement ou de l'hygiène de vie. Et là je vois que j'ai un retour positif sur ma force mentale. Maintenant, les deux années noires sont derrière. Il y a encore des traces, mais maintenant je vois l'avenir, et c'est plutôt un bel avenir."

Deux fractures de la clavicule en 13 mois

Signé au sein de la formation bretonne pour jouer les premiers rôles sur les classiques et apporter son expérience dans les courses de trois semaines, Florian Sénéchal a connu bien plus de moments sombres que de coups d'éclat. La spirale débute le 24 février 2024, sur le Het Nieuwsblad. "Je pense que ça va arriver à beaucoup de coureurs, a-t-il détaillé. Tu t'entraînes tout l'hiver, t'as une famille que tu laisses seule l'hiver, tu pars en altitude et tu arrives prêt. Et tu chutes, fracture de la clavicule, et là tu recommences tout à zéro. Et tu recommences, mais peut-être moins bien, donc tu arrives en course et cela ne se passe pas comme tu veux. Tu te retrouves derrière, et là tu perds le plaisir."
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Florian Senechal

Crédit: Getty Images

Dans le dur, Florian Sénéchal n'avait pas pu exprimer son cyclisme et n'avait pas été retenu pour le Tour de France. Mais il n'était pas au fond du seau. Pas encore, tout du moins. "L'hiver suivant, tu recharges les batteries, tu reprends des vacances, et ça recommence. Tu arrives prêt sur un Paris-Nice et tu te recasses la clavicule, plus le radius (le 10 mars). Là, tu perds confiance en toi, tu sens que le mental te lâche et que tu ne deviens plus un guerrier. Tu ne deviens plus agressif sur un vélo, tu ne prends plus de plaisir. Petit à petit, des heures de sommeil en moins, et tu n'apprécies plus rien."
Je ne voulais pas m'arrêter comme ça, ce n'était pas possible.
Sa peine sur la selle est devenue son spleen du quotidien. Les pensées négatives ont pris le dessus sur tout, tout le temps, même une fois le casque enlevé. "L'année dernière, j'ai appris que j'allais être papa, je n'arrivais pas à être heureux, a exprimé Sénéchal. C'est là que j'ai vu que j'avais un problème. Je n'ai pas du tout profité de la grossesse parce que j'étais dans une période pas top." Sans résultats, pas au niveau escompté physiquement, le rouleur a retrouvé la lumière loin du peloton.
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Sénéchal a pris Pogacar pour un motard : "Il est passé à une vitesse... je n'avais jamais vu ça"

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"Récemment, il y a un mois pile, j'étais papa et le reste du mauvais - parce qu'il y avait encore du reste -, tout est parti. J'ai profité de l'accouchement, de ma deuxième fille à 100 % à la maternité. Et j'ai senti qu'il y avait quelque chose quand même. Je ne me suis pas fait soigner, le médicament, c'était ma famille, le soutien de mes proches, et l'envie de bien faire parce que je reste fan de vélo. Je ne voulais pas m'arrêter comme ça, ce n'était pas possible. J'avais toujours la flamme, chaque matin."

Roubaix comme déclic ?

Après l'arrêt d'Arkea, Florian Sénéchal a trouvé refuge pour une saison chez Alpecin - Premier Tech, "un test" de l'aveu-même de ses deux dirigeants, les frères Roodhooft. "Pour le moment, ils sont satisfaits, mais ils restent convaincus que je peux encore mieux faire, a expliqué le Français. Mon entraîneur m'a bien expliqué qu'avec les deux années noires que j'ai faites sans trop faire de courses ou de grand tour, c'est difficile de revenir à 100 %. Que tu as peut-être besoin d'un an de compétition avec un grand tour, voire deux, pour revenir à 110 % comme mes belles années en 2027. Ce que tu as eu, ça laisse des traces. L'équipe croit en moi. Cela fait du bien au moral quand un professionnel de la performance te dit ces paroles-là. Cela me donne envie de bien faire pour le futur."
Paris-Roubaix dimanche et la défense du titre de Mathieu van der Poel sera une occasion rêvée pour Florian Sénéchal, dix fois au départ de l'Enfer du Nord, de confirmer le bien-fondé de sa place au sein de la formation néerlandaise.
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