Ses yeux ébahis et son sourire radieux en disent long sur le plaisir de David Moncoutié. Dix ans après son premier succès sur les routes du Critérium du Dauphiné Libéré, le Français a signé une victoire prestigieuse à Saint-François-Longchamp. Sur l'étape reine de l'épreuve, le grimpeur de la Cofidis a dompté en solitaire les pentes du Col de la Madeleine pour remporter en solitaire la 7e étape de l'édition 2009. Une performance qui tombe à pic pour le coureur de 34 ans à tout juste trois semaines du départ du Tour de France. Parti en contre dès le pied de l'ultime ascension, Moncoutié a avalé tous les rescapés de l'échappée matinale avant de résister au retour des favoris. Le Français, vainqueur avec 41 secondes d'avance sur le Néerlandais Robert Gesink (Rabobank), a retrouvé des jambes de feu au meilleur moment de la saison.
Sa décision de couper durant cinq semaines avant le Critérium du Dauphiné Libéré a été manifestement salvatrice. Elle n'est certainement pas étrangère à sa victoire du jour, qui lui permettra d'aborder en confiance la Grande Boucle. "C'était vraiment une étape de prestige avec le Galibier, la Croix-de-Fer et la Madeleine. Le tracé était difficile, mais j'aime ça. J'en avais des frissons dans les derniers kilomètres. C'est vraiment une très belle victoire", déclarait-il, radieux, à l'arrivée. Forcément, son succès, le deuxième consécutif pour un coureur français après la victoire de Pierrick Fédrigo à Briançon la veille, va susciter des attentes pour le Tour de France. Mais Moncoutié semble prêt à les assumer. "Le fait d'avoir couper pendant cinq semaines m'a fait du bien. Je me sens en pleine forme", a conclu le coureur de Cofidis avant d'aller chercher une récompense bien méritée sur le podium.
Evans tente sans succès
Critérium du Dauphiné Libéré
Du grand Fédrigo
12/06/2009 À 19:15
C'est aussi celle de sa formation. Car Moncoutié a pu compter sur le travail de ses équipiers tout au long de l'étape. Au somment du Galibier, trois hommes d'Eric Boyer figuraient ainsi dans le groupe de 19 coureurs qui était parvenu à s'extirper du peloton. Christophe Kern et Amaël Moinard ont poursuivi leurs efforts jusque dans les pentes de la Croix-de-Fer, avant de laisser la Bbox Bouygues Telecom travailler dans les derniers kilomètres de l'ascension pour conforter le maillot à pois de Pierrick Fédrigo, désormais très bien parti pour terminer meilleur grimpeur de ce Dauphiné. Moncoutié s'est fait une première frayeur en voyant Mathias Frank (BMC) et Rinaldo Nocentini (Ag2r) s'envoler dans la descente. "J'ai un peu paniqué à ce moment-là. Heureusement, ils ont temporisé au pied de la Madeleine", a confié Moncoutié. Le Français a choisi ce moment pour fausser compagnie au groupe des poursuivants. Plus personne n'allait le revoir.
Seul en tête de la course après avoir avalé Frank, le coureur de la Cofidis a su gérer son effort. Car la bataille entre les favoris étaient lancée derrière sous l'impulsion de Cadel Evans. Avec Matthew Lloyd à ses côtés et Juergen Van den Broeck encore devant, le coureur de la Silence-Lotto avait l'avantage de pouvoir compter sur deux équipiers pour tenter de faire exploser Alejandro Valverde. Mais le gros travail de Lloyd et le coup de main de Van den Broeck n'ont pas suffi. Outre Valverde, Robert Gesink, Jacob Fuglsang et Alberto Contador parvenaient à rester dans sa roue et à résister à toutes ses attaques. Evans devait se résigner à terminer troisième de l'étape, juste derrière Gesink et avec Valverde dans sa roue. L'Espagnol de la Caisse d'Epargne conserve ainsi ses 16 secondes d'avance au classement général et parait sur la voie royale pour conserver son titre. Arrivé un peu plus de 40 secondes plus tôt; David Moncoutié savourait un bonheur peut-être encore plus intense.
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