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Van den Broeck, première
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Publié 06/06/2011 à 12:50 GMT+2
A 28 ans, Jurgen Van den Broeck (Omega Pharma Lotto) a signé lundi sa toute première victoire chez les professionnels. Pas n'importe laquelle. Auteur d'un gros numéro dans le final, le Belge a enlevé la première étape du Critérium du Dauphiné. Alexandre Vinokourov (Astana) prend la tête du général.
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Rarement une première étape en ligne aura à ce point éclairci le paysage. Le difficile final de Saint-Pierre-en-Chartreuse promettait certes une explication intéressante, mais on ne s'attendait pas forcément à de telles manoeuvres. Le Dauphiné ne s'est certes pas joué lundi. Mais pour beaucoup, il s'est peut-être déjà terminé en ce qui concerne le classement général. On pense à Ivan Basso, Tony Martin, Samuel Sanchez ou Robert Gesink, tous en souffrance et distancés, plus ou moins tôt, dans la dernière montée. D'autres, en revanche, ont répondu présent. A commencer par Jurgen Van den Broeck, le grand monsieur du jour.
En résistant joliment à ce qui restait du peloton, le Belge a décroché la toute première victoire de sa carrière. Compte tenu de sa valeur et de son âge (28 ans), cela peut paraître surprenant. Mais s'il a beaucoup attendu, Van den Broeck y a mis la manière. Après la jonction avec l'échappée principale du jour (Vincent Jérôme, Leonardo Duque, et le coéquipier de Van den Broeck, Sven Vandousselaere) à 10 kilomètres de l'arrivée, le leader de l'équipe Omega Pharma Lotto a démarré à un peu plus de sept kilomètres de l'arrivée, en compagnie de Konstantin Siutsou (HTC). Un peu trop tôt, pensait-on alors. Un peu plus loin, Thomas Voeckler a rejoint ce duo, avant que Siutsou ne lâche.
Voeckler attaque, Pinot épate
Van den Broeck et Voeckler n'avaient plus le choix. Livrés à eux-mêmes, le Belge et le champion de France sont restés avec une poignée de secondes sur le peloton, tout près de les reprendre à quatre kilomètres du sommet. Un temps distancé par le Français, van den Broeck est finalement parti seul. Il allait résister jusqu'au bout, y compris dans le dernier kilomètre, redoutable, avec sa pente à 10% de moyenne. Après un tel numéro, il n'avait pas volé cette victoire. Dommage pour Thomas Voeckler, qui trouvera encore un terrain favorable mardi lors de la deuxième étape. Sachant qu'il pourrait ne pas aller au bout de ce Dauphiné puisque sa compagne est sur le point d'accoucher, il ne serait pas étonnant de le voir à nouveau à l'attaque. Lundi, il a finalement dû se contenter de la 9e place.
Van den Broeck, lui, a donc tiré le gros lot. Sa joie contraste avec la frustration de Joaquim Rodriguez. Une fois encore parti trop tard, dans le dernier kilomètre, l'Espagnol a encore terminé à la deuxième place, comme si souvent au cours de ce printemps 2011. Le puncheur de Katusha a concédé six petites secondes à Van den Broeck et était suivi de près par un petit groupe où l'on retrouvait Cadel Evans, Alexandre Vinokourov ou Nicolas Roche. Vinokourov, profitant de son excellent prologue, endosse du coup le maillot jaune et bleu de leader au détriment de Lars Boom. Le Néerlandais a fini loin, rendant opaque la stratégie de son équipe, Rabobank, qui avait roulé toute la journée derrière l'échappée.
On l'a dit, pour certains, l'addition est déjà très salée. Ivan Basso, à court de forme comme il le craignait, a été un des premiers à coincer. Il a fini à plus de trois minutes du vainqueur. Tony Martin, vainqueur de Paris-Nice, a pris 2'40". Pour Robert Gesink, le débours du jour se chiffre à 1'30". Samuel Sanchez a davantage limité la casse, mais le Basque a tout de même perdu quasiment une minute. Cette première hécatombe a épargné en gros une vingtaine de coureurs, qui se tenaient en une trentaine de secondes sur la ligne. Parmi eux, on signalera l'épatant Thibaut Pinot. Le protégé de Marc Madiot, qui vient tout juste de fêter son 21e anniversaire, a joué dans la cour des grands dans la Chartreuse, prenant la 7e place de l'étape. Mais le plus dur reste encore à venir dans ce Dauphiné. Pour certains, ça promet. Pour d'autres, cela a au contraire de quoi inquiéter...
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