Egan Bernal (Ineos) blessé au dos, vraiment ?

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CRITERIUM DU DAUPHINE - Egan Bernal, vainqueur du dernier Tour de France et 7e du classement général après trois jours de course, n'a pas pris le départ de la 4e étape, ce samedi. Un membre de son équipe a prétexté un problème au dos d'après l'AFP. Mais selon nos confrères de L'Equipe, le Colombien a quitté son hôtel dans la matinée pour réaliser une sortie d'entraînement, en marge de l'épreuve.

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Ce serait un sacré coup de bluff. Egan Bernal s’est retiré du Critérium du Dauphiné ce samedi, avant la 4e étape. La raison avancée par un membre de sa formation, Ineos, selon l’AFP : il souffre du dos. Sauf que cela ne l’a pas empêché de rouler, d’après nos confrères de L’Equipe. Le vainqueur du dernier Tour de France aurait ainsi quitté son hôtel dans la matinée, suivi par une voiture banalisée de son équipe, pour réaliser une sortie d’entraînement.
Le tout avec un coup de pédale rassurant. Il ne donnait ainsi pas l’impression de souffrir, "encore moins du dos, au vu de sa position sur le vélo", selon un témoin interrogé par L’Equipe. Le cas échéant, à quoi jouent le grimpeur colombien de 23 ans et sa formation britannique ? Celle-ci a été laconique dans sa façon d’annoncer le retrait de son leader : "Nous pouvons confirmer que Bernal ne prendra pas le départ ce (samedi) matin à Ugine."

Une confiance à maintenir, des doutes à transmettre

Le coup du lumbago admettrait plusieurs intérêts. Le premier serait de ménager la confiance d’Egan Bernal. Celui-ci ne semble pas sur une forme ascendante. Vainqueur de la Route d’Occitanie au début du mois, et alors nettement au-dessus de Thibaut Pinot par exemple, il a enchaîné avec une deuxième place sur le Tour de l’Ain, cette fois-ci un peu court face à Primoz Roglic. Puis avec un début de Dauphiné plutôt inquiétant (7e après trois étapes), durant lequel il a, chaque jour, semblé un peu plus en difficulté.
Pendant la période de mise en stand-by de la saison en raison de la crise sanitaire, il a consenti d’énormes efforts. Dont il ne s’est pas caché, publiant par exemple son compteur après une sortie de 237 km, avec 3260 mètres de dénivelé positif, qu’il qualifiait lui-même d’"apocalyptique" en juin dernier. Qu’une telle préparation s’accompagne de fatigue juste avant le pic de forme souhaité n’est pas inimaginable. Bernal se sait peut-être dans un temps faible de sa préparation, préférant en cacher l’ampleur.
Parce que la deuxième potentielle motivation de ce coup de poker est d’instiller le doute dans l’esprit de ses adversaires désignés pour le Tour de France, qui s’élance dans deux semaines (29 août-20 septembre). Eux-aussi, comme nous, vont essayer de comprendre le comportement de Bernal. D’analyser ce drôle de forfait. C’est aussi une façon de marquer les esprits.
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