Cyclisme : Nike veut-il faire son grand retour dans le vélo après son partenariat avec la FDJ-Suez ?

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C'est une annonce qui a surpris et a fait son petit effet, ce mardi. L'équipe cycliste de la FDJ-Suez a conclu un partenariat de deux ans avec Nike. Cette annonce marque le retour de la firme américaine dans le vélo. Est-ce le grand retour de la marque à la virgule ? Pas forcément, c'est en réalité un test pour retrouver un écosystème qu'elle a quitté il y a plus d'une décennie.

Delcourt, manager de l'équipe FDJ-SUEZ : "De toute menace, on créera une opportunité"

Video credit: Eurosport

C'est un logo, une identité, une marque que l'on n'attendait plus dans le cyclisme. La virgule de Nike refait son apparition chez la petite reine, treize ans plus tard. La firme américaine l'avait quittée en claquant la porte, dégoûtée de l'affaire Armstrong. Elle avait soutenu Lance Armstrong dans la création d'une fondation, l'avait intégré dans sa team d'athlètes jusqu'à la déflagration et la révélation de son dopage en 2012 lorsqu'il écrasait le Tour de France pendant sept années de triche. 13 ans après, la firme américaine a conclu un partenariat avec l'équipe cycliste féminine de la FDJ-Suez, dirigée par Stephen Delcourt.
 Il faut dire que la formation poitevine a changé de braquet cet été. Elle a d'abord réussi à attirer le fabricant de vélos Specialized, avant de s'offrir des coureuses talentueuses à l'image de Demi Vollering, la star néerlandaise. La signature de la cycliste de 28 ans, sous contrat chez Nike depuis avril dernier, a débloqué les contacts entre sa nouvelle équipe et son partenaire. Au terme de discussions fluides, l'équipe française a décroché la timbale pour le plus grand bonheur de son manager. "C'est hyper flatteur et valorisant. La marque la plus influente au monde nous donne sa confiance et a envie de travailler avec nous", se réjouit celui qui a créé l'équipe en 2006.
Nike ne sait pas encore où ils veulent aller dans le vélo
Marque indissociable du Tour de France, puisqu'ils ont fourni la course, et le mythique maillot jaune entre 1996 et 2011, la marque au Swoosh revient à tâtons dans le milieu du vélo. "Nike ne sait pas encore où ils veulent aller dans le vélo, explique l'ambitieux manager. S'appuyer sur un partenaire comme nous, une équipe cycliste pour tester, en mode labo, avec une athlète numéro 1 comme Demi, c'est une opportunité incroyable pour eux. Pour nous aussi, puisqu'on va être équipés par la meilleure marque au monde, c'est surtout un énorme signe de confiance pour nous." Marion Rousse, la patronne du Tour de France femmes, ne dit pas autre chose. "Ça montre que l'écosystème du cyclisme féminin intéresse les gros investisseurs. Je suis contente, c'est un beau message envoyé", s'est-elle réjouie à notre micro ce jeudi.

Peu risqué pour nike

Un partenariat pour lequel la plus grande marque de sport au monde ne prend pas vraiment de risques. "S'associer à une équipe féminine, ça ne coûte pas grand-chose, surtout pour ce genre de collection lifestyle. De plus, on considère, à tort ou à raison, le sport féminin comme le futur du sport business", analyse Alexandre Bailleul, fondateur du site Sport Buzz Business. Le contrat signé entre la marque et l'équipe court déjà sur une durée de deux ans jusqu'en 2027, même si la suite va très rapidement être négociée. Nike Europe travaille également en étroite collaboration avec la formation française sur la partie recherche en laboratoire.
Le partenariat concerne des dotations en termes de vêtements type lifestyle pour les coureuses et le staff. On a pu en voir les premiers contours dans le spot diffusé sur les réseaux sociaux de l'équipe. Des t-shirts et vestes sobres siglés du logo de l'équipe et de la légendaire virgule sont arborés par les coureuses. Simple, efficace. Pour le moment, une éventuelle commercialisation est toujours en discussion, le temps d'évaluer les demandes du public.
ça ne peut être que bénéfique
Les membres de l'équipe vont également être équipés pour leurs runnings, en termes de textiles et de chaussures, un point très important pour Stephen Delcourt qui met un point d'honneur à inciter ses salariés à faire du sport. "On partage des moments de sport ensemble parce que ça fait aussi partie du bien-être au travail. J'ai beaucoup insisté avec Nike là-dessus. Je veux une très bonne image de mon staff, c'était indiscutable, mais ils n'ont pas été 'chiants' là-dessus", raconte le manager qui veut faire de son équipe l'une des meilleures au monde. 
Cette association est une aubaine pour l'attractivité de l'équipe, comme l'analyse Alexandre Bailleul. "Les sponsors de l'équipe doivent se frotter les mains, parce que Nike ce n'est pas n'importe qui, ça intéresse la presse et ça fait rêver les gens. Ça va rejaillir aussi sur l'intérêt et la visibilité de l'équipe, ça ne peut être que bénéfique", prévoit-il. Un premier pion posé pour le Swoosh, qui pourrait potentiellement en appeler d'autres par la suite.
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