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L'Italie pleure un mythe : Gimondi s'est éteint à 76 ans

L'Italie pleure un mythe : Gimondi s'est éteint à 76 ans
Par Eurosport

Le 16/08/2019 à 21:05Mis à jour Le 16/08/2019 à 22:35

L'Italie perd l'un des plus grands coureurs de son histoire. Felice Gimondi est décédé, vendredi, d'une crise cardiaque à l'âge de 76 ans a annoncé la presse italienne. Le natif de Sedrina avait remporté les trois Grands Tours (5 sacres dont un sur le Tour de France en 1965), et six Classiques au cours de son immense carrière.

Le sport italien vient de perdre l'un de ses plus grands monuments. Ce vendredi, Felice Gimondi est décédé d'une crise cardiaque à l'âge de 76 ans. La presse transalpine rapporte qu'il se baignait alors dans la mer de Giardini-Naxos, une importante station balnéaire située à proximité de Taormine. La tentative de le réanimer de la part des secouristes est restée vaine.

Une idole dans son pays

Felice Gimondi demeurera à jamais dans l'histoire du cyclisme, lui qui faisait partie du cercle fermé des coureurs à avoir remporté les trois grand Tours. Vainqueur du Tour de France en 1965, il comptabilise également trois Giro (1967, 1969, 1976) et une Vuelta (1968). Un exploit réalisé par seulement six autres coureurs. "Un grand champion qui a rendu notre sport plus humain nous quitte, une grand homme", a salué la fédération italienne de cyclisme.

Le Tour ? Il le gagna en tant que remplaçant... titularisé par Luciano Pezzi après le forfait d'un coéquipier souffrant d'un genou. Pour le courir, Felice dut obtenir le feu vert de sa mère Angela, une postière de Sedrina où il était né le 29 septembre 1942 ("C'est elle qui m'a appris à faire du vélo", disait-il), et de son père dirigeant une petite entreprise de transports. Trois semaines (et trois succès d'étape) plus tard, il condamnait Raymond Poulidor à une nouvelle deuxième place, à 2''40 au classement final.

Mais Gimondi, c'est aussi un triomphe à Milan-San Remo (1974), une victoire sur Paris-Roubaix (1966), un succès au Mondial (1973) et deux Tour de Lombardie (1966 et 1973). Une carrière exceptionnelle à son image. Figure très apréciée et respectée dans son pays, l'Italien laissera également une trace indélébile dans l'histoire du cyclisme. Sa rivalité avec Eddy Merckx aussi. Depuis ce vendredi, le "Cannibale" doit se sentir un peu plus seul.

L'obstacle Merckx

Son sommet ? Gimondi l'atteignit peut-être au Championnat du monde 1973 sur le circuit catalan de Montjuich. Ce jour-là (2 septembre), l'élégant capitaine de la Squadra réglait au sprint un trio somptueux, dans l'ordre le Belge Freddy Maertens, l'Espagnol Luis Ocana et l'inévitable Merckx, celui-là même qui l'avait devancé deux ans plus tôt pour le maillot arc-en-ciel sur le circuit de Mendrisio (Suisse).

Felice Gimondi - Stelvio 1965 (Phil Galloway)

Felice Gimondi - Stelvio 1965 (Phil Galloway)Eurosport

"L'élégance, je ne l'ai pas cherchée à tout prix mais j'ai essayé de regarder autour de moi pour améliorer mon aspect", expliquait Gimondi, qui fut exposé au début de sa carrière à la concurrence d'un autre grand espoir italien, Gianni Motta, à la trajectoire aussi éblouissante que brève. Coureur complet, opiniâtre et intelligent, le Bergamasque excella dans la dimension stratégique du cyclisme et ses jeux d'alliance sous les différents maillots de marque qu'il endossa (Salvarani, Bianchi).

Au crépuscule de sa carrière, il parvint à gagner une troisième fois le Giro en 1976, neuf ans après son premier succès. Entre-temps, Merckx, sur lequel il buta si souvent, s'était imposé à cinq reprises dans la course-symbole du cyclisme italien.

Ambassadeur très respecté

Le vélo raccroché à la fin de la saison 1978, celui qui avait porté deux années durant le maillot de champion d'Italie ouvrit une compagnie d'assurances mais continua à oeuvrer dans le cyclisme. Ambassadeur très respecté de la Bianchi, cet homme au vrai charisme conseilla même un temps Marco Pantani, le premier Italien vainqueur du Tour après lui en 1998.

Quand on l'interrogeait, Gimondi, d'une courtoisie sans faille, insistait sur les sacrifices qui font l'austère beauté du métier de coureur cycliste, un sacerdoce pour cet homme aux allures de prélat. "Je n'ai pas eu de don éclatant, disait-il. Mais avec le travail, en faisant mon métier correctement, avec volonté et application, j'ai réussi. Pourtant, dans les catégories inférieures, je n'étais pas très rapide et j'avais du mal à gicler. Même pro, j'avais un problème dans les changements de rythme. Mon battement de coeur était trop lent."

Ce qui n'empêcha pas ce champion authentique de gagner un total de 135 courses et de continuer à résider près de Bergame, la ville d'art de l'opulente Lombardie, où il habitait dans un château du XIXe siècle.

(Avec AFP)

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