Bernard Sainz, alias "Docteur Mabuse" du cyclisme, est jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et incitation au dopage. Une peine de deux ans de prison a été requise ce lundi, ainsi que 30.000 euros d'amende. Soulignant que M. Sainz n'était "plus accessible au sursis" en raison de ses condamnations antérieures, la procureure a également souhaité que le prévenu, âgé de 78 ans, soit frappé d'une "interdiction professionnelle définitive" dans le domaine de la santé et sportif.
A l'encontre de l'ancien cycliste Loïc Herbreteau, 45 ans, soupçonné d'avoir mis en relation des sportifs avec M. Sainz, la procureure a requis une peine de neuf mois de prison avec sursis, assortie d'une amende de 5.000 euros, pour "aide à l'usage de produits dopants". Le ministère public a demandé six mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende contre l'ancien acteur Pierre-Marie Carlier, 56 ans, jugé pour avoir mis son fils Alexis, coureur cycliste semi-professionnel, en contact avec Bernard Sainz "en vue d'améliorer ses performances sportives".

Bernard Sainz le jour du début de son procès, à Caen., le 4 juillet 2017.

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Ancien coureur amateur, présent dans le milieu du cyclisme depuis qu'il a intégré comme directeur sportif adjoint l'équipe Gan Mercier, Bernard Sainz entretient depuis longtemps la réputation d'un gourou flirtant sans cesse avec les limites mais profitant de ses bonnes relations dans le peloton. Sur son site, il met en avant les soins qu'il a prodigués à de grands noms du cyclisme des années 1960 et 1970 comme Poulidor, Guimard ou encore Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour de France (1975, 1977). Plus tard, il avait aussi côtoyé le Français Philippe Gaumont, convaincu de dopage et mort à 40 ans après un accident cardiaque, ou Frank Vandenbroucke, l'enfant terrible du cyclisme belge, décédé à 34 ans après une carrière marquée par les affaires de dopage et de drogue.
M. Sainz n'en est pas à ses premiers ennuis judiciaires. Après plusieurs procès, il avait été condamné en 2014 en appel à Paris à deux ans de prison dont vingt mois avec sursis, notamment pour incitation au dopage et exercice illégal de la médecine, dans une affaire qui avait éclaboussé le milieu cycliste dans les années 1990. En février 2019, la cour d'appel de Caen lui a infligé 12 mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende dans une autre affaire dans le milieu cycliste semi-pro et amateur.
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