GP E3 - "J'ai plusieurs fois pensé que c'était fini" : Mathieu Van der Poel, récit d'un miracle
Eurosport sur GoogleDifficile de faire vainqueur plus prévisible et scénario plus imprévisible. Mathieu Van der Poel a gagné le Grand Prix E3 pour la troisième fois de rang, vendredi à Harelbeke mais il l'a fait avec seulement trois secondes de marge, et alors qu'il semblait cuit à un kilomètre du but. Seul très tôt, "MVDP" a bien cru qu'il allait se faire dévorer. Voici comment il en est arrivé là et s'en est sorti.
Van der Poel vainqueur grâce à la non-coopération de ses poursuivants : l'incroyable finish en vidéo
Video credit: Eurosport
Mathieu Van der Poel est souvent prodigieux. Vendredi, son succès a été miraculeux. Quand il s'est retourné, juste avant de passer sous la flamme rouge, il semblait à la merci de quatre coureurs aux dents acérées, prêts à enfin croquer celui qui a tant de fois martyrisé la concurrence sur les pavés. Mais les loups d'un jour sont redevenus des agneaux le temps d'un instant, qui a suffi au double tenant du Grand Prix E3 pour passer la troisième.
"J'ai plusieurs fois pensé que c'était fini, les jambes ne tournaient plus très bien", a raconté un Van der Poel exténué à l'arrivée. Ce succès acquis six jours après avoir chuté lors de Milan-Sanremo a "coûté beaucoup d'énergie" au Néerlandais, qui a couru avec des pansements sur la main gauche. "Après le Paterberg, il y avait du vent de face, c'était très dur", a-t-il analysé, interrogé sur les difficultés dont il a témoigné pour s'imposer en solitaire à Harelbeke.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/27/image-79b544ac-bf4e-4624-a418-09579c58e10f-85-2560-1440.jpeg)
Van der Poel : "Plusieurs fois, je me suis dit que c'était terminé"
Video credit: Eurosport
On est revenus à dix mètres de Mathieu...
Si Per Strand Hagenes, Florian Vermeersch, Stan Dewulf et Jonas Abrahamsen ont coupé la ligne (dans cet ordre) trois secondes après "MVDP", c'est surtout dû à leur apathie au moment crucial. D'où un "sentiment mitigé" pour Vermeersch, qui était sur les talons de Van der Poel quand la partie de poker fatale a débuté. "Je suis content du podium et de mes jambes, mais il y avait mieux à faire", a admis le Belge de la formation UAE Emirates - XRG.
"On est revenus à dix mètres de Mathieu [Van der Poel], mais c'est le vélo… et on y retourne dimanche (lors de Gand-Wevelgem, ndlr), s'est-il évertué à positiver. J'ai demandé un dernier relais, ils ont décidé de 'jouer', et j'ai dit que je ne serais pas le gars qui effectuerait la jonction en faisant son dernier effort." Le 5e du dernier Paris-Roubaix a de quoi être doublement frustré, puisqu'un ennui mécanique juste avant que la course ne se décante l'a contraint à une longue course-poursuite.
"Florian Vermeersch était probablement le deuxième coureur le plus fort de ce Grand Prix E3, selon Jacky Durand. S'il sort avec Mathieu Van der Poel, on a un duo qui se dispute la victoire avec peut-être plus d'une minute d'avance sur le peloton. On sait que Vermeersch n'est pas avare de ses efforts dans une telle situation, on l'a vu sur le Het Nieuwsblad." Notre consultant met ainsi le doigt sur ce qui a longtemps manqué à Van der Poel : un allié de circonstance.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/27/image-a6f68b45-5f2e-4f61-b190-f78ad39052e6-85-2560-1440.jpeg)
Une échappée solitaire et un coup de chance : le résumé de la victoire improbable de van der Poel
Video credit: Eurosport
Vingt bornes entre deux groupes
Le champion du monde 2023 s'est en effet lancé dans une entreprise osée ce vendredi. Il a d'abord été plutôt sage, à 71 bornes de l'arrivée, quand il a seulement suivi Tim van Dijke dans le Taaienberg. Le duo est rapidement revenu sur un groupe d'intercalés comprenant Edward Planckaert (Alpecin-Premier Tech), plaçant le favori de l'épreuve dans une situation idéale, avec un équipier pour rouler… mais Van der Poel a vite passé la surmultipliée.
"MVDP" a pris le large alors qu'il comptait une grosse minute de retard sur l'échappée "matinale" et une petite minute d'avance sur le peloton, à 65 kilomètres du but. Il a mis vingt bornes (!) à se retrouver en tête de course, où Dewulf figurait déjà. Pour un coureur lambda, être ainsi en "chasse patate" aurait été rédhibitoire, avec des Vermeersch, Mads Pedersen (9e) ou autre Jasper Stuyven (16e) en mesure de réagir. Même pour lui, cela a failli l'être.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/27/image-38dcfb51-79ad-43e8-a2e8-517147ce8282.jpeg)
GP E3 - Mathieu Van der Poel a failli se faire piquer sa récompense par Florian Vermeersch
Crédit: Imago
Van der Poel avait prévenu
Quand Van der Poel a utilisé le Paterberg pour activer la mission "solo de 42 kilomètres", il avait tout de même de quoi être confiant, avec le Vieux Quaremont pour augmenter sa marge. Mais à partir du moment où le trio Vermeersch-Hagenes-Abrahamsen a rejoint Dewulf avec une trentaine de bornes à parcourir et une minute à lui reprendre, l'écart a fondu à un rythme régulier et l'hypothèse d'un patron en gestion a laissé place à un sacré suspense.
L'issue de cette bataille à distance, vous la connaissez. Son aspect haletant fait écho aux propos tenus avant la course par le lauréat du jour. "Ce ne sera pas aussi simple que tout le monde ne le pense", avait-il promis, à l'évocation des absences de Tadej Pogacar et Wout van Aert. Bravo pour la prophétie. Bravo pour la victoire. Et bon courage pour le Tour des Flandres, dans neuf jours, où Florian Vermeersch aura cette fois à rouler pour Pogacar.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/27/image-adac36d5-a43f-4611-9a5e-f4e2c4567d3e.jpeg)
Mathieu Van der Poel, visiblement épuisé à l'arrivée du GP E3
Crédit: Getty Images
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/12/02/image-5ea1824c-6c93-4e0b-ba6d-63f66434b2c1-68-310-310.jpeg)