Les débats du Tour : Van der Poel ou Philipsen, à qui la faute ? La sortie d'Evenepoel dessert-elle Red Bull ? Merlier est-il le patron du sprint ?

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Jasper Philipsen (5e) a été nettement dominé par Tim Merlier, vainqueur ce vendredi à Bordeaux. Est-ce plutôt dû à son manque de cannes ou à un "lead-out" décevant de Mathieu van der Poel ? Du côté de Red Bull, le retour au calme n'est-il que de courte durée, après les propos d'Evenepoel au sujet de Lipowitz ? Quant à Merlier, est-il le boss du sprint ? Voici nos débats du Tour, après la 7e étape.

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Philipsen ou Van der Poel, à qui la faute ?

Par Simon Farvacque
Le train Alpecin - Premier Tech avait encore fière allure sous la flamme rouge, mais il est arrivé en retard, vendredi à Bordeaux. J'ai tendance à penser que de nombreux rouages ont grincé sur la route de la victoire escomptée, finalement décrochée avec aisance par Tim Merlier. Mais si je devais pointer du doigt un seul des étages de la fusée, ce serait le dernier, à savoir Jasper Philipsen (5e), plutôt que le pénultième, à savoir Mathieu van der Poel.
Philipsen était comme coincé dans les starting-blocks, au moment de lancer son sprint. Fernando Gaviria et lui sont restés bien trop longtemps au coude-à-coude pour que ce soit une bonne nouvelle, eu égard à la forme du sprinter colombien (14e de cette 7e étape). Le manque d'explosivité du polyvalent belge, 2e de Paris-Roubaix en 2023 et en 2024, me semble problématique. J'ai l'impression qu'il est en déclin, dans le registre qui a fait sa réputation.
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Par Vincent Brégevin
Oui, Jasper Philipsen est passé à côté de son sprint à Bordeaux. Et il a été lancé en tête par Mathieu van der Poel quand le Néerlandais s’est écarté à 250 mètres de l’arrivée. Ce sont les faits et ils indiquent clairement que le sprinter belge n’a pas été à la hauteur en Gironde. C’est le cas. Faut-il pour autant estimer que MVDP est exonéré de toutes responsabilités dans l’échec d’Alpecin - Premier Tech ? Pour moi, non. Parce qu’on parle d’un coureur hors norme qui n’est pas à la hauteur en ce moment.   
J’ai reconnu Van der Poel dans son accélération finale, mais pas dans sa capacité à maintenir son effort aussi longtemps qu’il le fait d’habitude. Au sommet de sa forme, il aurait emmené Philipsen au moins 50 mètres plus loin. Surtout, je trouve que c’est à l’image du début de Tour du Néerlandais jusqu’ici. Il me laisse sur ma faim parce qu’il n’a pas l’impact sur la course qui le caractérise normalement. Il est celui qui doit tirer son équipe vers le haut. Il ne le fait pas, ou pas assez. C’était le cas à Bordeaux.
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La sortie d'Evenepoel dessert-elle Red Bull ? 

Par Hugo Jacquin
Chassez le naturel, il revient au galop. Si certains pensaient que le transfert de Remco Evenepoel chez Red Bull - BORA - hansgrohe allait le transformer, le rendre plus sage, le champion olympique prouve l’inverse. Dans un monde de déclarations lissées par les services communication des équipes, ça fait du bien.
Pour moi, la montagne mettra naturellement les hommes à leur place. Remco a montré quelques signes de faiblesses dans le Tourmalet par rapport à Florian Lipowitz. Si l’Allemand confirme qu’il est une jambe au-dessus lors des prochains rendez-vous montagneux, il n’y aura plus de polémique, et Evenepoel sera forcé de se mettre à 100 % au service de Lipowitz. Peu importe son avis. Ou inversement.
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Par Simon Farvacque 
Je suis assez d'accord avec Hugo sur l'aspect appréciable d'une communication non aseptisée. En revanche, appliquer cette liberté de parole à des critiques sur la stratégie de son équipe ne me semble pas louable. Remco Evenepoel aurait pu épargner à Zak Dempster de s'expliquer devant tant de micros ce vendredi.
Cet épisode sera peut-être oublié quand le sport reprendra ses droits en altitude, dans quelques jours… mais Evenepoel et Lipowitz pourraient aussi s'avérer des candidats crédibles au podium jusqu'à la veille de l'arrivée. Leurs rivaux sauront le cas échéant qu'une faille dans leur duo est prête à se muer en brèche, dans laquelle s'engouffrer vaudra son pesant d'or.
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Merlier est-il le patron du sprint ?

Par Vincent Brégevin
Il ne fait aucun doute que Tim Merlier était le plus fort à Bordeaux. Mais de là à dire qu’il est définitivement le patron des sprinters sur ce Tour, il y a un pas que je ne peux pas encore franchir. Parce qu’entre Pau et Bordeaux, on a eu deux vainqueurs différents, sur deux sprints différents, avec des scénarios totalement différents. Et à chaque fois, un coureur qui a eu un meilleur feeling que les autres dans le placement et le timing de son démarrage.
J’imagine bien ce scénario durer sur les étapes plates jusqu’au bout de ce Tour de France. Et qu’il ne sourira pas toujours à Merlier, mais aussi à des coureurs comme Biniam Girmay ou Sören Waerenskjold, entre autres. Et Jasper Philipsen. Il n’avait pas les jambes à Bordeaux, mais je ne l’enterrerais pas pour autant. Je pense qu’il aura une réaction d’orgueil. Peut-être très rapidement.
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Par Hugo Jacquin
Certes, Tim Merlier n’a pas gagné à Pau, mercredi. Mais malgré avoir perdu Van Lerberghe et Stuyven sur chute, et malgré un placement catastrophique au moment de lancer son sprint, le Belge est revenu des enfers pour aller arracher une troisième place presque miraculeuse.
Et ce vendredi, il n’y a pas eu de débat : Merlier était le plus fort. Vincent parle de feeling : pour moi, sur le plan purement individuel, Merlier a pris les meilleures décisions, et a réalisé le meilleur sprint possible, à chaque fois. Sa régularité en la matière est impressionnante. Alors, si même avec un train affaibli (Van Lerberghe a abandonné), et des adversaires lancés par Mathieu van der Poel en personne, il arrive à s’imposer, qui pourra le battre ?
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