Flèche Wallonne - Remco Evenepoel, Thibau Nys, Mattias Skjelmose : Pourquoi Tadej Pogacar n'est plus l'immense favori
Par Emile Pawlik
Mis à jour 23/04/2025 à 11:32 GMT+2
Avec sa deuxième place sur l'Amstel Gold Race, Tadej Pogacar a laissé apparaître des premières failles dans lesquelles ses adversaires espèrent s'engouffrer. En tête, Remco Evenepoel, mais aussi Thibau Nys ou encore Mattias Skjelmose. À la différence des dernières années, la Flèche Wallonne reprend un certain intérêt et pourrait ne pas se limiter à la traditionnelle course de côte, à moins que…
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Ce sont les trois minutes les plus excitantes de la saison. Une durée qui peut paraître courte pour certains, interminable pour ceux qui seront dans le final de la Flèche Wallonne. Cette année, le Mur de Huy va encore être le théâtre d'une bataille des chefs avec pour la première fois un duel entre Remco Evenepoel et Tadej Pogacar. Un affrontement alléchant, l'acte 2 après le mano a mano de l'Amstel. Mais en revenant sur Tadej Pogacar dimanche, Remco Evenepoel a exhibé les failles de celui qui semblait imbattable, avant d'attaquer les ardennaises. Le Slovène est humain. C'est bien là le principal enseignement de son "loupé" de dimanche.
Cette perspective de voir un coureur à sa mesure, comme la machine à rouler belge l'est, laisse espérer du suspense sur la Flèche Wallonne, un scénario différent des autres années. Parce qu'on ne sait jamais ce qu'il peut se passer quand les Grands se rencontrent. Fatigué des flandriennes, le coureur de l'équipe émiratie pourrait lâcher du lest mercredi au mur de Huy pour continuer à écrire l'histoire en ajoutant un nouveau Monument dans son escarcelle. Et c'est bien parce que la Flèche est moins prestigieuse que sa grande sœur que la course pourrait être un peu plus ouverte que d'habitude.
Des spécialistes aux opportunistes
Certains comme Alejandro Valverde (2014, 2015, 2016, 2017) ou Julian Alaphilippe (2018, 2019, 2021) ont durablement posé leur sceau sur cette course, faisant de la Flèche une course de côte inintéressante pendant 195 km avant de les voir se dépouiller et oblitérer leurs adversaires sur les pentes de l'ascension finale. Les deux puncheurs étaient des spécialistes de l'effort, incollables sur le timing et les plus forts sur ces efforts lactiques ultra violents. Ces dernières années, le palmarès est beaucoup plus éclectique puisque personne n'a repris le flambeau de ces Ardennais-nés.
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Le Mur de Huy, c'est 1,3 km à 9,6% de pente moyenne avec des passages dépassant les 20%. L'étroitesse de la chaussée et les quelques virages la parsemant rendent impossibles les folles remontées depuis l'arrière. Aborder Huy dans les dernières positions, c'est faire une croix sur la victoire, même si l'on est le plus fort. "Je suis remonté assez vite, racontait Kévin Vauquelin, 2e de la Flèche l'an passé à l'arrivée au micro d'Eurosport. Le but était de faire mon effort au dernier moment, peut-être un peu tard par rapport aux jambes que j'avais." Sur le papier, la recette pour gagner Huy est simple : faire son effort dans le timing parfait et résister à la douleur jusqu'à la ligne. Dans les faits, c'est sûrement l'une des plus dures à gagner.
La surprise Nys
Quand on parle du meilleur coureur au départ de cette édition 2025, un nom vient tout de suite : celui de Tadej Pogacar. Mais le Slovène ne l'a remporté qu'une fois en quatre participations, en 2023 (53e en 2019, 9e en 2020, 12e en 2022). Et si l'on en croit Mattias Skjelmose, vainqueur de l'Amstel Gold Race dimanche dernier, le champion du monde ne serait pas invincible. Le Danois pense à une botte secrète, qui vient de son équipe de la Lidl-Trek… "Je l'ai déjà dit et je le répète : il y a une personne au monde qui peut battre Tadej au Mur de Huy, c'est Thibau (Nys)", s'est avancé son coéquipier. Il est vrai que le Belge de 22 ans prend de l'épaisseur au sein de la formation américaine, et s'avance comme un sérieux outsider après sa 12e place en haut du Cauberg.
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Diabolique Nys : revivez son accélération de feu et sa première victoire de la saison
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Si le fils de Sven Nys démontre les mêmes qualités de punch que sur le Grand Prix Miguel Indurain, il y a quelques semaines, on peut aisément l'imaginer rivaliser avec Pogacar sur les pentes les plus abruptes. Dimanche dernier, il a pu ressentir pour la première fois ce qui est nécessaire pour rivaliser au plus haut niveau. "Je n'ai jamais couru avec lui (Pogacar), je ne sais pas à quoi m'attendre… j'ai un peu peur. Mais je suis aussi impatient", avait-il confié avant le départ de l'Amstel. Mattias Skjelmose, quant à lui, n'est pas en reste non plus. Très bon puncheur, il avait pris la 2e place en 2023 derrière un certain Tadej Pogacar. L'équipe Tudor se présente avec quatre victoires dans l'épreuve décrochées par ses coureurs actuels, grâce au triplé de Julian Alaphilippe et à la victoire de Marc Hirschi en 2020. Mais les chances des Helvètes semblent quand même limitées au vu des différents états de forme.
Le facteur X Evenepoel
Le gros caillou dans la chaussure de tout le peloton et la grosse inconnue, c'est Remco Evenepoel. Le rouleur de la Soudal-Quick Step qui va s'aligner pour la première fois en tant que leader de sa formation au départ de la course, a les qualités pour rendre l'issue et le scénario de la course totalement incertains. Adepte des escapades de loin, pourrait-il s'envoler et anticiper le mur de Huy ?
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Lors de sa seule participation en 2022, Remco Evenepoel s'était mis au service de Julian Alaphilippe
Crédit: Getty Images
Avec lui, rien n'est impossible. D'autant plus qu'une anticipation pourrait ne pas être au goût du Slovène, ni de son équipe, si l'on en croît les propos de Mauro Gianetti, son manager général. "Dans tous les cas, il doit refaire des gros efforts en vue de Liège-Bastogne-Liège, donc oui il va courir à la Flèche. Mais il n'a pas besoin de se relancer dans un effort de 50 km ou même de gagner", a annoncé le boss d'UAE Emirates-XRG sur la RTBF.
Par cette dernière idée, Gianetti va attiser les convoitises de coureurs qui ne pourront pas exister sur la Doyenne, tant les deux extraterrestres la veulent. À l'image d'un Stephen Williams (Israel-Premier Tech), que pratiquement personne ne connaissait avant sa victoire l'an passé dans des conditions dantesques ou d'un Dylan Teuns (Bahrain-Victorious) en 2022, la course peut sacrer des seconds couteaux de luxe, même si ça reste rare. C'est aussi ce qui fait son charme. Trois minutes de douleur pour des instants éternels de bonheur pour eux, et pour nous.
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