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Flèche Wallonne - Triple vainqueur de l'épreuve, Julian Alaphilippe (Tudor) espère briller à nouveau sur le Mur de Huy
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Mis à jour 23/04/2025 à 11:38 GMT+2
Offensif dimanche sur l'Amstel Gold Race, Julian Alaphilippe (Tudor) espère briller mercredi sur le Mur de Huy, qui lui a offert trois Flèches Wallonnes mais où il ne s'est plus présenté depuis 2022. Son punch y fera-t-il toujours des ravages ? "Ce sera la surprise", sourit le champion cabossé mais toujours ambitieux.
Alaphilippe : "C'est spécial pour moi d'être ici, je suis vraiment motivé"
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Par Benoît VITTEK
Après des années de galère, de reconstruction, de rechutes, de nouveaux sommets et de frustrations renouvelées, Julian Alaphilippe (Tudor) se présente cette semaine dans les Ardennes avec au moins une certitude. "Je sais déjà que je n’aurai pas de regrets", expliquait-il en fin de semaine, après avoir vu Remco Evenepoel remporter la Flèche Brabançonne et avant de se retrouver seul avec Tadej Pogačar, de sa propre initiative, aux avant-postes de l’Amstel Gold Race. "J’ai fait le maximum pour être là, expliquait-il, et, surtout, je vais donner le maximum sur les courses. Donc, je me sens bien et j’ai hâte de courir. Et je pense qu’on aura des réponses après les Ardennaises."
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La dernière fois qu’on l’a vu sur les routes de Liège, en 2023, Alaphilippe faisait figure d’équipier pour lancer Evenepoel vers un grand raid victorieux pendant que Pogacar se fracturait le poignet gauche. Depuis, la star belge et l’ogre slovène ont multiplié les triomphes, assurant leur omniprésence dans les différents clubs de "fantastiques" auxquels s’agglomèrent, selon les saisons, Van der Poel, Vingegaard, Roglič, Van Aert… Alaphilippe, lui, s’est extirpé du marasme dans lequel sa fin de relation brutale avec Patrick Lefevere l’a plongé. Sans pour autant répondre aux nombreuses questions posées par son passé flamboyant, son aura toujours lumineuse et ses performances actuelles, qui restent au second plan.
Sa dernière saison chez Quick-Step a marqué un redressement net, avec la victoire d’étape au Giro mais aussi de belles performances sur la Clasica San Sebastian (2e), le GP de Montréal (3e) ou encore aux Jeux Olympiques (11e en ayant été artisan du double podium de Valentin Madouas et Christophe Laporte). En recrutant Alaphilippe, les Suisses de Tudor n’ont pas seulement attiré une star cabossée dont la gloire passée ne pouvait que faire basculer en leur faveur la course aux invitations sur le Tour de France, avant même que l’UCI accepte d’élargir la participation aux Grands Tours. Alaphilippe, engagé jusqu’en 2027, reste un champion. Mais dans quelles sphères évolue-t-il aujourd’hui ? Où se situe-t-il face aux nouveaux fantastiques qui lui ont succédé ?
Pogačar : "Je n’ai jamais sous-estimé Alaphilippe"
"Je ne sais pas vraiment parce que je ne me pose pas la question, pour être honnête, dit-il. Je fais ce que j’ai à faire, j’ai travaillé dans le bon sens, j’ai un bon feeling et je sais que ça va. Après, les autres, il y en a pour qui ça va encore mieux, mais je me sens vraiment prêt à donner le maximum." Les dernières semaines n’ont pas véritablement levé le voile sur le niveau sportif qui peut être le sien dans cette nouvelle vie suisse. La reprise, au Portugal, s’est déroulée sans accroc ni coup d’éclat. Paris-Nice lui a permis de retrouver le public français et de guider ses équipiers dans une semaine largement réussie au niveau collectif. Puis, il est tombé malade et est allé se relancer au Pays Basque après avoir renoncé aux Flandres.
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Alaphilippe allume la première mèche, Pogacar dans sa roue
Video credit: Eurosport
"Je me suis bien fait mal aux jambes au Pays Basque", sourit-il, assurant que son approche des Ardennaises a été "parfaite". "Je vais faire au feeling, comme j’ai toujours fait", se projette-t-il. Et l’Amstel a confirmé ses dispositions du moment : "Je suis content parce que je n’ai pas de regret", explique-t-il après avoir balancé une belle cartouche dans le Gulperberg, à 48 kilomètres de l’arrivée. Tout le peloton s’est dressé sur ses pédales, mais un seul homme est resté dans le sillage d’Alaphilippe : Pogačar, coureur hors catégorie. Cinq kilomètres plus loin, le Slovène partait seul, avant d’être revu dans le final.
"J’ai suivi Alaphilippe parce que je ne l’ai jamais sous-estimé, a justifié le champion du monde. J’espérais qu’il pourrait rester avec moi plus longtemps." Côté pile, Alaphilippe est toujours perçu comme un danger majeur et il fait mal aux jambes de ses adversaires, dont la plupart ont courbé l’échine. Côté face, son offensive a fait long feu et il a pris la 20e place, son plus mauvais résultat sur l’Amstel depuis un abandon lors de sa première participation, en 2014 (il a fini entre les 4e et 7e places lors de ses cinq autres participations). "J’ai senti que je devais lever un peu le pied, il fallait que je récupère. Lui [Pogačar] n’a pas eu besoin de beaucoup récupérer", soufflait-il à l'arrivée. "Julian s'est bien rassuré sur l'Amstel Gold Race et on sait que la Flèche Wallonne est une course qui lui tient à cœur, qu'il connaît par cœur", insiste Sylvain Blanquefort, le directeur sportif de Tudor.
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Alaphilippe coince et Pogacar s'envole sur l'Amstel Gold Race
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Je n’ai pas hâte d’arriver dans le Mur de Huy
Dans la perspective de la Flèche Wallonne, mercredi, et de son arrivée sur le Mur de Huy, Alaphilippe peut au moins trouver un motif de satisfaction : il ne devrait pas être question de récupération pour s’élever vers la victoire. "La Flèche, c’est vraiment à part, un effort spécifique", confirme celui qui a triomphé au sommet du Chemin des Chapelles à quatre reprises : sur la Flèche en 2018, 2019 et 2021, mais aussi sur le Tour de Wallonie, en 2022. C’est la dernière fois qu’il s’est présenté sur ce Mur qui l’a tant fait souffrir et briller. "Gagner au sommet du Mur de Huy, c’est beau, c’est dur, c’est horrible et en même temps, c’est gratifiant, explique-t-il dans un rictus. C’est un effort tellement dur que, d’un côté, j’aime cette course, et de l’autre côté, je n’ai pas hâte d’arriver dans le Mur de Huy."
Avec ses pentes à deux chiffres, c’est "certainement" le final qui lui correspond le mieux. Ou du moins était-ce le cas "il y a quelques années. Maintenant, je ne sais pas, ce sera la surprise. Mais oui, c’est une course spéciale pour moi, la course où j’ai eu mes premiers grands résultats, une course où j’ai toujours voulu briller. Je vais donner le maximum encore mercredi prochain." Son directeur sportif constate en effet qu'Alaphilippe "met une attention particulière sur la préparation de la course. On le sent vraiment concentré, très motivé." Avant d'ajouter : "On voit que sur une attaque, il est capable de faire de grosses différences, donc c'est intéressant pour la Flèche."
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Julian Alaphilippe est bien chez lui au Mur de Huy
Crédit: Getty Images
Sa relation avec Liège-Bastogne-Liège est différente : le Monument ardennais s’est toujours refusé à lui. Dès 2015, il butait sur Valverde. On l’a aussi vu lever les bras de manière précoce (2021) et on a vu Romain Bardet se presser à son secours après une grave chute lors de l’édition 2022. "Tu te vois presque partir", confiait Alaphilippe à L’Équipe quelques semaines plus tard.
"Je n’ai pas d’appréhension, pas du tout, plutôt de l’excitation, de la motivation, de l’envie, assure-t-il aujourd’hui. Bien sûr, j’ai fait la reco il y a quelques semaines, et ça m’a fait bizarre de repasser à l’endroit où je suis tombé parce que c’était un choc pour moi et un moment difficile après cette chute. Mais non, je n’ai pas du tout ça dans la tête avant de prendre le départ." Avide d’opportunités de montrer ce qui lui reste dans les jambes, Alaphilippe ronge son frein plus qu’il ne se morfond. "Tant que je suis au départ, l’histoire continue", promet-il.
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"Evenepoel a mis un point d'honneur à rattraper Pogacar"
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