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Julian Alaphilippe, l'heure du brave

Alaphilippe, l'heure du brave

Le 17/04/2018 à 20:10Mis à jour Le 17/04/2018 à 20:29

FLECHE WALLONNE - Malgré sa "modeste" septième place sur l'Amstel Gold Race, Julian Alaphilippe semble monter en puissance depuis le début du mois d'avril. Preuve en est : ses deux victoires d'étapes sur le Tour du Pays Basque. Suffisant pour enfin remporter une Ardennaise et dominer l'ogre Valverde ?

Cette semaine, Julian Alaphilippe est sans doute parmi les coureurs les plus heureux du peloton. Non, il n'a pas (encore ?) levé les bras sur les Ardennaises. Mais le simple fait de poser ses roues en Ardennes doit l'emplir de joie. Car souvenez-vous en 2017, une chute au Tour du Pays Basque l'avait contraint à déclarer forfait pour le premier moment fort de sa saison (avant le Tour de France). Sa cinquième place sur Paris-Nice (une étape), son Milan-Sanremo (3e) et sa fin de saison énorme (une étape de la Vuelta, 2e du Tour de Lombardie), ont presque fait oublier que Julian Alaphilippe est un Ardennais d'adoption avant tout.

Un coureur qui a été capable de faire trois podiums sur ces classiques de printemps (deux fois sur la Flèche en 2015 et 2016 et une fois à Liège en 2015). Trois podiums mais pas mieux. Par trois fois, Alaphilippe s'est cassé les dents sur Alejandro Valverde, le meilleur coureur de sa génération sur ces courses d'un jour. En attendant enfin mieux cette saison ?

Alejandro Valverde (Movistar) devant Julian Alaphilippe (Etixx - Quick Step)

Alejandro Valverde (Movistar) devant Julian Alaphilippe (Etixx - Quick Step)Panoramic

En forme au moment idéal ?

Le début de saison 2018 d'Alaphilippe est difficilement comparable à celui de l'an dernier. Vaut-il mieux remporter une étape de Paris-Nice, où il a porté le maillot de leader pendant trois jours, et terminer 3e de Milan-Sanremo en passant à deux doigts de la victoire, ou débuter son année par une victoire en Colombie puis enchaîner par deux "petits" podiums d'étape seulement sur Paris-Nice, une 35e place sur la Primavera, avant de cartonner au Pays Basque (deux victoires étapes) ? Chacun se fera son opinion mais il n'est pas interdit de penser que Julian Alaphilippe a modifié, à la marge, sa préparation pour arriver en forme un peu plus tard que la saison dernière. Il est certes impossible de savoir ce qu'aurait donné le cru 2017 d'Alaphilippe sur les Ardennaises mais le cru 2018 est pour le moins attendu.

Dimanche, lors de l'Amstel Gold Race, Alaphilippe a connu une journée particulière. Rassurante du point de vue des jambes. "Si je suis avec les costauds dans le final, c'est que la condition est là", a-t-il dit après la course, mais terriblement frustrante du point de vue du résultat. "J'ai réagi à trois attaques dans les vingt derniers kilomètres, j'ai toujours été présent mais c'était vraiment dur de tout contrôler, a expliqué le leader de la Quick Step. Je suis triste d'avoir manqué le coche, de n'avoir pas pu lutter pour la victoire".

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Un duel annoncé avec... Valverde

La victoire, c'est encore ce qu'il manque à Alaphilippe sur les très grandes courses. La Flèche Wallonne se place au même niveau que l'Amstel Gold Race dans les classiques, pas un Monument mais une ligne prestigieuse à ajouter à son palmarès. Mais à Huy, l'épouvantail porte toujours un nom : Alejandro Valverde, vainqueur des quatre dernières éditions. Bourreau du Français à de nombreuses occasions, l'Espagnol a remporté leur seul duel cette année, sur l'étape montagneuse du Tour d'Abu Dhabi en début de saison (victoire de Valverde, Alaphilippe 3e à 15 secondes).

"Sur ce qu'ils ont montré, Valverde et Alaphilippe seront au-dessus, derrière c'est plus ouvert", juge Rudy Molard, 8e en haut du Mur de Huy en 2017. Si sur Liège-Bastogne-Liège, la Quick-Step profitera de ses nombreux atouts (Alaphilippe donc, mais aussi Gilbert et Jungels) pour enflammer la course, il y a fort à parier qu'un peloton groupé se présentera une nouvelle fois au pied de l'ultime côte pour se jouer la victoire finale. Restera à être, cette fois, plus fort à la pédale que Valverde.

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