Ne vous y trompez pas. Voir Julian Alaphilippe ailleurs que sur l'une des deux premières marches du podium ce mercredi ne sera pas une surprise vu son état de forme actuel et la concurrence. En revanche, ce sera une première. Deux places de deux derrière Alejandro Valverde puis deux succès pour s'imposer comme le boss du Mur de Huy, Alaphilippe y a ses habitudes, et des bonnes. Mais 2021 n'est pas comme 2015, 2016, 2018 et 2019.
Parler de la malédiction du maillot de champion du monde serait trop simpliste et pour tout dire pas encore très juste. Non, Alaphilippe est là, ses résultats le prouvent (2e du Tour de la Provence, 2e des Strade Bianche, une étape de Tirreno, 6e de l'Amstel) mais il lui manque ce petit quelque chose qui le rendait irrésistible jusqu'en 2019. Ses deux succès de 2020, certes sur une saison raccourcie, tiennent difficilement la comparaison avec les 12 de 2018 et 2019. Et les jambes semblent être la raison principale.

Il y a deux ans : Alaphilippe mettait fin au règne de Valverde... sans le savoir !

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"J'ai senti mes limites"

"J'ai senti mes limites au sommet du Cauberg, quand j'étais dans la roue de Wout van Aert", a avoué dimanche soir un Alaphilippe seulement 6e de la première des trois classiques ardennaises de la semaine. Il avait beau se rassurer sur le plateau de Stade 2 en avançant qu'il n'avait jamais fait mieux aux Pays-Bas, oubliant au passage sa 4e place cruelle de 2019 quand la victoire lui tendait les bras, et que ça ne l'avait pas empêché de briller par la suite sur La Flèche Wallonne, on est en droit d'en douter. Car à Milan-Sanremo ou au Tour des Flandres, déjà, là où la concurrence est la plus forte, on l'avait vu en retrait.

Et Julian Alaphilippe a dû s'écarter... les masques sont tombés après le dernier passage du Cauberg

"C'est différent. Je ne suis, bien sûr, pas dans la même forme que la dernière fois que je suis venu à La Flèche", a finalement reconnu le champion du monde ce mardi en conférence de presse. La dernière fois, c'était en 2019 donc puisqu'il avait zappé le Mur de Huy en 2020 trois jours après son sacre mondial. Ce jour-là, à Imola, Alaphilippe avait attaqué là où on l'attendait mais personne n'avait pu suivre. Un scénario similaire est attendu sur La Flèche Wallonne, course de côte par excellence et donc peu sujette à des scénarios surprenants.

Parmi les outsiders mais pas les favoris ?

"Sur le papier, c'est la course qui me convient le mieux. Je l'aime beaucoup et le final est bon pour moi, juge-t-il. Mais à la fin, vous avez besoin de jambes solides. Je ne sais pas si je serai capable de gagner cette fois mais ma motivation peut compenser la forme manquante. Je vais tout donner." "Tout" était largement suffisant il y a deux ans. Difficile d'imaginer la même chose cette année. D'autant qu'en participant au Tour des Flandres, le puncheur de Deceuninck-Quick Step a allongé son printemps et zappé le Tour du Pays basque, passage qu'il avait emprunté en 2018 et 2019 avant ses succès.
"Beaucoup de coureurs viennent du Pays basque, j'ai fait les Flandriennes donc c'est complètement différent. J'essaye de maintenir mon niveau de forme aussi haut que possible", a encore assuré Alaphilippe qui semble plus que tout manquer d'un "deuxième jump", quand il faut relancer après une première accélération sévère. Tout ce qui fait la différence à Huy. Face à Pidcock, Roglic, Valverde, Schachmann, Teuns, Gaudu et les autres, il pourrait une nouvelle fois lui manquer ce petit rien. Celui qui sépare les succès des places d'honneur.

Julian Alaphilippe

Crédit: Getty Images

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