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Boonen, un champion est né
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Publié 06/04/2005 à 12:00 GMT+2
Grâce à sa victoire, dimanche, sur le Tour des Flandres, avec l'art et la manière, le Belge Tom Boonen a montré qu'il était déjà un grand, remportant en baroudeur le "Ronde". Le peuple belge a trouvé son chouchou, le successeur à Johan Museeuw. Qu'il esp
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Il est attendu de pied ferme. Parce qu'il est excellent sprinteur et parce qu' il sait aussi êtrre baroudeur, il était présenté comme le futur spécialiste des classiques, les courses d'un jour. Sur le Tour des Flandres, dimanche dernier, le jeune Belge Tom Boonen, 24 ans, est sorti de son rôle de sprinteur pour enlever en champion la "Ronde" après 256 kilomètres entre Bruges et Meerbeke.
Boonen règne devant son public
Devant un public aux anges, Boonen est redevenu l'attaquant qu'il était en juniors. Sur la chaussée de Meerbeke, il s'est imposé en solitaire, 35 secondes avant l'arrivée de l'Allemand Andreas Klier et 40 secondes avant que le Belge Peter Van Petegem ne règle l'Allemand Erik Zabel et les Italiens Roberto Petito et Alessandro Ballan.
L'Anversois, isolé dans ce sextuor, a compris que son salut passait par l'offensive. Il a tenté une première fois de forcer l'allure dans le Bosberg, la dernière des dix-sept côtes du parcours, à 12 kilomètres de l'arrivée. Il a attendu ensuite un démarrage de Van Petegem et a contré sèchement sur le plat.
La puissance de Boonen, un sympathique géant de 1,90 m pour 80 kg, a prévalu sur les 8 derniers kilomètres rectilignes. Seconde après seconde, le Campinois s'est assuré un ascendant définitif sur les poursuivants qui ont fini par se relever malgré la présence de deux coureurs de la même équipe (Klier, Zabel) dans ce groupe.
Le trio le plus fort
Auparavant, Boonen avait pris soin de rester bien placé dans le peloton, à distance raisonnable de l'échappée matinale (Marzoli, Mourey, Boucher, Backstedt, Barredo et Zaballa) qui s'est effilochée au fur et à mesure des difficultés.Dans le sillage de son coéquipier Nick Nuyens au Quaremont, premier test révélateur après 172 kilomètres, il impressionnait déjà par son aisance. Il suivait Klier (son compagnon d'une échappée grand format onze jours plus tôt dans le GP E3) sur les rudes pentes du Koppenberg puis sur le Taaienberg escaladé en tête par Van Petegem. Nul ne pouvait s'y tromper, ce trio était bien le plus fort du jour.
Ballan, vainqueur d'étape mardi dernier aux Trois Jours de La Panne, préférait donc anticiper. En démarrant à une cinquantaine de kilomètres de Meerbeke, le jeune Italien (25 ans) prenait les devants avant que Zabel et Petito ne s'intercalent. Mais son avance d'une minute fondait en quelques kilomètres face au trio (Klier, Boonen, Van Petegem) qui se dégageait logiquement en haut du Valkenberg, la 14e côte répertoriée à 32 kilomètres de Meerbeke.
Une foule en liesse
Pour aider son équipe, Lance Armstrong avait beau se porter en tête des poursuivants, l'Américain (28e au classement final) ne grignotait que quelques secondes. A l'avant, Boonen muselait Van Petegem dans la montée du mur de Grammont, escaladé devant une foule en liesse de voir ses deux champions jouer les premiers rôles.
Il restait encore à Boonen de déjouer l'étreinte de l'équipe T-Mobile entre le rapide Zabel et le "local" Klier, qui habite en Belgique et ne nourrit aucun complexe face à Boonen (il l'a devancé à l'arrivée de Gand-Wevelgem en 2003).
Paris-Roubaix en vue
Mais, en passant à l'attaque sans tarder, il se dirigeait vers un succès monumental, salué comme il se doit par le public qui voit en lui depuis trois ans le successeur de Johan Museeuw. Troisième de Paris-Roubaix en 2002, il a quitté l'équipe d'Armstrong l'année suivante pour rejoindre les Quick Step de Patrick Lefevere. Le transfert a fait grand bruit en Belgique et provoqué le courroux de son ancien directeur sportif Johan Bruyneel
.
Il est vrai que Boonen a justifié ensuite tous ces éloges en gagnant l'an passé une vingtaine de courses, parmi lesquelles Gand-Wevelgem et deux étapes du Tour de France. Avant de devenir, en cette journée ensoleillée, le plus jeune vainqueur du Tour des Flandres depuis son compatriote Edwig Van Hooydonck (1989). Mais surtout, son "maître", Johan Musseuw peut être fier de son élève.
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