Giro 2023 | Les écarts créés par Remco Evenepoel sur le contre-la-montre sont-ils déjà énormes ?

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Oui, Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step) a encore épaté son monde sur le contre-la-montre individuel qui lançait le Tour d'Italie 2023, samedi, entre Fossacesia et Ortona (19,6 km). Vainqueur avec des écarts plus importants que prévus, le premier maillot rose a soufflé une concurrence sonnée. Mais à quel point a-t-il marqué les esprits ? Et surtout, que signifient ces écarts pour la suite ?

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Ce fut une sacrée surprise : quand les principaux favoris du contre-la-montre de la 1re étape du Giro 2023 ont franchi le premier intermédiaire du jour, chacun avait compris qu'un homme allait mettre tous les autres à bonne distance. Après moins de 10 kilomètres, Remco Evenepoel avait déjà 12 secondes d'avance sur Filippo Ganna et 26 sur Primoz Roglic. La suite devait confirmer cette première marque. Et maintenant, chacun se pose la question de savoir à quel point le Belge a mis la course sous son joug.
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Le leader de la Soudal-Quick Step était le favori de ce premier contre-la-montre. Tout à la fois parce qu'il a en lui un moteur si puissant qu'il raffole de l'effort solitaire, que le tracé lui convenait et qu'il avait démontré une forme étincelante sur Liège-Bastogne-Liège. Tous s'attendaient sans doute à lui concéder du temps. Tous sauf un : Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) espérait rafler le premier maillot rose. Après tout, il avait battu son jeune rival sept fois en douze chronos individuels, une fois notamment sur le Giro mais aussi aux Championnats d'Europe et aux Mondiaux.

Ganna et Roglic, des étalons impressionnants pour Evenepoel

Pour Primoz Roglic, la donne était un peu différente. Certes il mène 6-3. dans les confrontations directes mais sur la dernière Vuelta il avait pris 48 secondes sur les 30 kilomètres qui séparaient Elche et Alicante (10e étape). Quarante-huit secondes ? C'est à peu de choses près ce qu'il a perdu ce samedi (43'')... sur une dizaine de kilomètres de moins ! A ce titre, l'une des deux performances sort de l'ordinaire, que ce soit positivement pour Evenepoel ou négativement pour Roglic.
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Et Joao Almeida, troisième du jour ? Lui avait pris une claque (2'13'') à la Vuelta en septembre dernier. Ses 29 secondes du jour sont donc plutôt une belle réussite à titre individuel. Au fond, ce sont les 22 secondes prises à Ganna et les 43 chipées au duo Küng-Roglic qui placent ce chrono d'Evenepoel parmi les meilleurs qu'il a jamais réalisés chez les professionnels.
A titre de comparaison sur le Giro en 2020, un Ganna alors au sommet de son art avait battu un certain Joao Almeida de 22 secondes et Geraint Thomas de 23 sur les 15 kilomètres du chrono de Turin. Et sur le Tour de France 2020, sur une distance plus longue (27 km), Tadej Pogacar avait repoussé Stefan Küng à 19'' et Jonas Vingegaard à 27''. La performance du Slovène avait déjà été saluée alors que dire de celle d'Evenepoel ce samedi ?

Une claque encore plus grande sur le deuxième chrono ?

Oui, voir de tels écarts sur une distance si raisonnable est plutôt rare, d'autant plus que les adversaires d'Evenepoel pour le général sont réputés bon rouleurs. Ce qui inquiète surtout pour la suite, c'est que le prochain contre-la-montre, celui de la 10e étape, sera tout plat et sera long de 35 kilomètres.
Or, ce samedi c'est précisément là qu'Evenepoel a creusé. Il n'a repris qu'une poignée secondes tout au plus sur certains dans la bosse finale. Est-il le meilleur rouleur de ce Giro ? A l'évidence oui. Avec la même forme, ce qui n'est pas assuré ni pour lui ni pour les autres, il pourrait encore mettre une claque à la concurrence et aborder la deuxième semaine avec un matelas d'une minute, au moins, sur Almeida et de deux sur Roglic.
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Reste que même avec une, et même deux ou trois minutes dans le scénario le plus favorable pour lui, Remco Evenepoel sait que ce Giro se gagnera dans une troisième semaine terrible en haute montagne. Dire que ses seules qualités de rouleur lui permettront de triompher serait une erreur. Elles peuvent en revanche lui permettre de se mettre en mode défense en montagne, ce qui n'est pas du luxe à son jeune âge avec sa faible expérience. Mais attention, Alberto Contador a prévenu, "sur le Giro un jour sans peut coûter cinq minutes". Rien n'est joué évidemment et rien ne le sera non plus dimanche prochain après le deuxième contre-la-montre.
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