Après avoir activé le mode rouleau-compresseur sur le Giro pour offrir le rose à Jonas Vingegaard, la Visma est-elle redevenue la Visma ? 

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La Visma | Lease A Bike ne devrait pas trouver de concurrence à son niveau sur les pentes italiennes. Dans son style historique, façon lessiveuse, la formation de Jonas Vingegaard l'a placé en tête d'un Giro qui lui semble plus promis que jamais, à l'aube de sa dernière semaine. Les Frelons ont retrouvé leur ADN, sans se faire d'illusions : plus haut, il y a le Tour de France.

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C'était trop facile. Et c'était l'idée. Le maillot rose que Jonas Vingegaard arbore depuis sa victoire à Pila "récompense aussi (s)es équipiers, qui ont poussé toute la journée", disait le leader danois samedi. "On a vu sur le parcours qu'il y avait de bons moments pour attaquer, à 5,5 km de l'arrivée, quand la pente s'est raidie, et à partir de là on s'est dit qu'on pouvait y aller plus fort. On avait aussi fait du bon boulot avant. Ensuite, je n'avais qu'à continuer jusqu'au bout." Trop facile. 
"On avait le plan de jouer cette étape, de la contrôler, et de la gagner. Et le faire en prenant le maillot rose (pour la première fois de sa carrière, NDLR), c'est spécial." Bravo, Jonas. Merci, la Visma, et chapeau à la révélation du Giro, le local Davide Piganzoli. "Je n'ai quasiment pas eu besoin d'attaquer aujourd'hui, retenait Vingegaard au micro de l'organisateur après l'étape de samedi. Il a pratiquement sorti tout le monde de ma roue, c'était vraiment impressionnant. Pas seulement de sa part, mais de la part de toute l'équipe."

Le retour de la méthode Visma

Le bon coup d'accélérateur, au bon moment, façon Visma : rouler, accélérer, lâcher, distancer (et si possible écraser). Dès le kilomètre zéro, les coéquipiers de Vingegaard avaient montré les coudes en tête du peloton, histoire de calmer la concurrence. Comme au bon vieux temps, quand les pentes se sont durcies, le train s'est mis en branle. Victor Campenaerts, d'abord, puis Sepp Kuss, et enfin Piganzoli, à 5,5 kilomètres de l'arrivée. Une borne plus loin, Vingegaard était parti tout seul, en ayant à peine eu besoin d'accélérer, satellisé par une équipe passée en mode lessiveuse quand il le fallait. 
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En toute logique, puisque Jay Vine, Marc Soler et Adam Yates ont abandonné leurs coéquipiers d'UAE, la Visma | Lease A Bike n'a plus aucune concurrence crédible dans les gros pourcentages de ce Giro 2026. Même amputée de Wilco Kelderman, 3ᵉ du Giro en 2020 et non-partant au départ de la 4e étape, la formation néerlandaise, dans cet état de forme, semble imprenable. Presque un air d'antan, du temps où elle raflait trois grands tours (avec trois coureurs différents) et 69 victoires en Pro Tour en un an (2023). Où elle squattait sans partage le podium de la Vuelta, dans son intégralité. Un temps où la montagne ne leur refusait rien. D'autres ont appris à la dompter depuis. 
Le meilleur coureur peut être battu
Qu'en sera-t-il, cet été, au défi du Tour de France et d'une concurrence nettement plus relevée, à l'image d'UAE, qui devrait y parvenir à plein régime dans le sillage de Tadej Pogacar ? Richard Plugge, le manager des Frelons, veut croire qu'avec cet effectif, il peut y avoir match. "Jonas (Vingegaard) et Wout (Van Aert) ont tous deux prouvé lors des éditions précédentes que même le meilleur coureur du moment peut être battu, a-t-il martelé dans une chronique parue dans le magazine Wielerflits. En unissant leurs forces et en surmontant les difficultés, ils ont retrouvé leur meilleur niveau. Espérons que cette résilience collective se transformera en kryptonite lors du prochain Tour de France."
Sauf contretemps en série, Vingegaard sera accompagné sur le Tour des mêmes Victor Campenaerts et Sepp Kuss, auxquels il faudra ajouter Matteo Jorgenson, Bruno Amirail et Edoardo Affini. Armé, mais assez ? En face, on comptera sur Isaac Del Toro, Tim Wellens, et sur les revenants Marc Soler et Adam Yates pour épauler Pogacar. Solide. Et pas franchement vincible.
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