Tour d'Italie 2026 | Jonas Vingegaard, une victoire collective sur le Giro : "Le bonheur n'existe que quand il est partagé"

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C'est fait, Jonas Vingegaard a remporté le Tour d'Italie, devenant le 8e homme de l'histoire à triompher du Giro, du Tour de France et de la Vuelta. Cet objectif accompli, le leader de Visma | Lease a Bike sait qu'il s'est fait une place dans l'histoire du cyclisme. Ce dimanche, alors que sa femme et ses enfants étaient à ses côtés, il était visiblement ému.

Domination, obsession et décontraction

Video credit: Eurosport

A quoi Jonas Vingegaard a-t-il bien pu penser dans les rues de Rome, là où le peloton du Giro cheminait vers une ligne d'arrivée en forme de terre promise pour le Danois ? Loin de la tension d'une tête de course secouée par les jambes solides de Filippo Ganna, le Danois s'est laissé glisser à l'arrière pour achever l'aventure que fut ce Tour d'Italie aux côtés de ceux à qui il doit une partie d'une victoire lui permettant d'entrer dans la grande histoire du cyclisme. Cette image, ce moment, ce partage avec ses coéquipiers mais aussi sa famille, c'est ce que Vingegaard retient dans une émotion loin d'être feinte.
Que retiendra-t-on des trois semaines bulgares, italiennes et suisses de Jonas Vingegaard, sinon qu'il a tenu son rang, celui de l'un des deux meilleurs coureurs de grands tours du moment, mais aussi celui de quelqu'un qu'il ne faudra pas sous-estimer à l'heure d'analyser sa place dans l'histoire ? Venu sur le Giro pour tout à la fois le découvrir, se préparer pour le Tour et accessoirement pour le gagner, "Vingo" était orphelin d'une vraie concurrence. No Pogacar, no Evenepoel, no Seixas et d'autres et donc no party. Qu'importe qu'il n'a pas eu besoin d'aller loin dans ses réserves, le bonheur de la victoire était semble-t-il le même à Rome ce dimanche.
C'est quelque chose dont j'ai rêvé toute ma vie
Samedi, il s'était accordé une dernière gourmandise, une victoire en forme de point d'exclamation sur trois semaines parfaites, le contre-la-montre mis à part, trois semaines sans accroc, juste ce dont il avait besoin pour préparer les joutes à venir mais aussi et surtout pour compléter sa collection de grand tour. Lui le gamin du Danemark, l'ancien poissonnier, débarqué au très haut niveau comme on débarque armé au milieu d'une banque bondée, n'était pas programmé pour ces succès, du moins c'est ce qu'avait laissé entendre un début de carrière discret. 
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"C'est incroyable, c'est quelque chose dont j'ai rêvé toute ma vie, a tout de même confié l'homme du jour à Rome. Le faire, c'est incroyable. C'est un jour spécial." Qui aurait pu dire, il y a six ans quand il achevait son premier grand tour, la Vuelta, à la 46e place que "Vingo" deviendrait ce qu'il est maintenant ? Probablement pas lui et c'est, entre autres, ça qui a fait naître chez lui une vraie émotion ce dimanche, une émotion qu'il n'a pas cachée, fidèle à ses habitudes, loin du robot que l'on a voulu caricaturer quand il était le méchant de l'histoire, le tueur de suspense et de Pogacar sur le Tour. Comme les choses vont vite dans le vélo… 
Les larmes étaient déjà au bord des yeux quand il est venu confier sa joie d'accrocher le Tour d'Italie à son palmarès. Il a simplement fallu qu'on mentionne la présence de sa femme et de ses enfants pour qu'elles coulent et lui coupent la voix. "Avoir ma femme et mes enfants, c'est encore meilleur, a-t-il réussi à souffler. Ça m'a mis les larmes aux yeux qu'ils soient là pour moi." Se balader en rose dans le décor historique qu'est la Rome éternelle doit avoir quelque chose de délicieux. "C'est une façon tellement sympa de clore le chapitre qu'auront été ces trois semaines", acquiesce Vingegaard.
Ce que je vois quand je regarde mes coureurs ? Une équipe
Partager ce succès avec les siens a probablement rappelé au Danois tout ce que gagner nécessitait. "Je retiens plutôt l'aventure globale, confirme son coéquipier et ami Victor Campenaerts. La préparation, le stage en altitude… De l'extérieur ça a peut-être l'air d'être facile mais tout ceci est programmé, très bien préparé. C'est ce qui rend tout ceci magnifique. On sait ce qu'il s'est passé, à quel point nous avons travaillé dur tous ensemble. C'est indescriptible." 
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Chez Visma | Lease a Bike comme ailleurs, les arrivées des grands tours sont toujours le moment des grands remerciements. Veste rose sur le dos, Richard Plugge, le grand patron, n'a pas dit autre chose : "Ce que je vois quand je regarde mes coureurs ? Une équipe qui travaille ensemble, des coureurs qui se battent les uns pour les autres, qui se sacrifient les uns pour les autres." 
C'est son rôle et l'on est en droit, parfois, de douter de la sincérité de ces confidences, même si la joie, elle, n'est évidemment pas feinte. "Vous connaissez le film Into The Wild ?, interroge Campenaerts. Il s'achève avec cette citation : 'le bonheur n'existe que quand il est partagé'". Jonas Vingegaard ne saurait être moins d'accord.
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