Giro 2026 - "Tout peut changer en un jour" : Pour le podium, le suspense reste entier entre Gall, Arensman, Hindley, Pellizzari et Eulalio

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Une troisième victoire d'étape, le maillot rose, et Jonas Vingegaard a plié l'affaire pour le général. Sauf incident ou improbable retournement de situation, le Danois va lier la réalité aux nombreuses prédictions annonçant un règne sans partage sur ce Giro 2026. Derrière lui, un concert de six coureurs (ou plus) s'écharpera en troisième semaine pour les deux autres places sur le podium.

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Video credit: Eurosport

On ne va pas faire les surpris. C'est dire si on est habitué avec Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Avec eux, c'est 1 et 2 ou 1 et les autres très loin quand un seul se présente sur une épreuve de trois semaines. Sur ce Giro 2026, le Danois conjugue les prémonitions du printemps avec une domination totale en montagne. L'impair relatif du chrono de la 10e étape n'a pas eu le temps d'instiller le doute sur son joug, Vingegaard (Visma – Lease a Bike) est bien le patron incontesté de cette 109e édition. Histoire de bien le montrer, le Scandinave portera à partir de dimanche le maillot rose. Pour le général, vous pouvez disposer, le rideau est tombé.
Alors, que reste-t-il à grignoter sur les routes diaboliques de la troisième semaine ? Une lutte, une vraie, pour accompagner le chef des frelons sur le podium. Pour un cador habitué de ces scènes de joie crépusculaires, l'écrin manque de couleur, mais pour un néophyte à ces hauteurs, participer en tant qu'acteur majeur à la grande festivité dans la cité éternelle vaut son pesant d'or. À l'aune des courbes de forme actuelles, six coureurs semblent se détacher pour se disputer les deux tickets restants sur la boite, et hormis Hindley, aucun n'a encore eu l'honneur de terminer sur le podium d'un grand Tour.

Gall, dernier survivant, premier postulant

Deuxième homme en haute montagne, Felix Gall (Decathlon CMA CGM) s'avance comme le favori pour endosser le rôle de dauphin le 31 mai prochain. L'Autrichien a muri, développé ses qualités de grimpeur et refait le coup du Blockhaus, lissant son effort pour ne pas heurter le mur de plein fouet. Cette fois, cela n'a pas suffi pour rester à distance raisonnable du soleil danois. Sous la chaleur moite du Val d'Aoste, Gall a même dû batailler crânement pour éviter le retour d'un prometteur Jai Hindley.
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Le chrono derrière lui, il ne reste que des cimes à dompter, l'exercice favori d'un escaladeur racé. "Je suis heureux d'être encore à un très haut niveau, s'est réjoui Gall à notre micro. Je ne me sentais pas au mieux à vrai dire avec la chaleur. J'ai beaucoup souffert, avec beaucoup de fatigue sur les derniers kilomètres. Mais j'ai quand même pris du temps sur les autres coureurs, à l'exception de Jonas (Vingegaard)." Le général emballé pour de bon, l'Autrichien garde en vue ses propres étrennes.

Eulalio s'éteint, Hindley clignote

Mais prudence, la troisième semaine du Giro réserve toujours son lot de surprises, de désenchantement brutal, de remontée fantastique. "C'est encore trop loin de l'arrivée pour parler de podium, s'est ouvert Thymen Arensman à Eurosport, lui qui était plongé dans un mutisme depuis le départ de Bulgarie en zone mixte. La troisième semaine est extrêmement dure. Tout peut changer chaque jour. Et on l'a vu aujourd'hui." Relancé dans le jeu par l'effort solitaire, Arensman (INEOS – Grenadiers) a essuyé également une mauvaise journée. Le climat caniculaire a secoué bien des organismes, couplé au rythme infernal imprimé par les Visma.
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Maillot rose courageux depuis neuf jours, Afonso Eulalio (Bahrain – Victorious) a lui aussi perdu gros. Le Portugais a cédé le précieux paletot et devrait, sauf second souffle insoupçonné, poursuivre sa rétrogradation dans la hiérarchie. Amoureux de la Corsa Rosa, Hindley monte, lui, en puissance et sait manœuvrer le dernier acte épineux du Giro. Son équipier Giulio Pellizzari (Red Bull – BORA – Hansgrohe), dans une forme fluctuante, pourrait profiter de la supériorité numérique du duo pour tenter de surprendre ses rivaux. Derrière ce petit monde, Michael Storer (Tudor) n'est pas à écarter. L'Australien a certainement gagné ses galons de leader unique avec la contre-performance de son équipier Mathys Rondel, lui aussi terrassé par la chaleur assommante. Mais comme l'a exprimé le taiseux Arensman, les conclusions de la veille ne tiendront peut-être pas jusqu'au crépuscule prochain.
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