Giro d'Italia 2026 | "J'ai eu un peu de mal à croire en moi" : Paul Magnier est allé chercher loin son troisième succès et le maillot cyclamen

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Alors qu'on le donnait définitivement battu dans la course au maillot cyclamen par Jhonatan Narvaez, Paul Magnier a tout renversé ce jeudi sur la 18e étape du Giro. En s'imposant à Pieve di Soligo, le Français s'est offert son troisième succès d'étape et a sûrement posé définitivement ses mains sur la tunique violette. Un succès acquis de haute lutte après une journée rocambolesque.

La 3e victoire au sprint de Magnier, amené dans un fauteuil par Stuyven

Video credit: Eurosport

Au départ, jeudi, Paul Magnier soufflait le chaud et le froid. Il semblait avoir rendu les armes après des jours de lutte avec Jhonatan Narvaez pour la tête du classement par points. Éreinté par la persévérance de l'Equatorien, plus passe-partout que lui, le Français le jurait au micro avant le départ : c'en était fini de ses espoirs d'arriver la tunique violette sur les épaules à Rome. "Je pense qu'on a vu que Narvaez était plus fort dans les bosses, donc on va essayer de se focus sur Rome", annonçait-il au micro d'Eurosport à Fai della Paganella.
Info ou intox ? Dans le même temps, son coéquipier et ange-gardien Jasper Stuyven tenait à peu près le même discours en forme d'aveu d'impuissance. Pourtant, sur la ligne à Pieve di Soligo, c'est bien lui qui a été le plus rapide au terme d'une journée rocambolesque. Les premiers kilomètres ne donnaient pas tort aux prédictions des oracles de la Soudal Quick-Step. Alors que les audacieux tentaient de s'extirper du peloton, derrière, le sprinteur français souffrait dans la première longue ascension du jour. "J'ai lâché dans la première bosse et on est revenu dans la vallée.", a-t-il raconté après son succès, au micro d'Eurosport.
Ils m'ont soutenu toute la journée, parce c'est vrai que j'ai eu un peu du mal à croire en moi
Entouré d'une équipe qui a cru dur comme fer en sa fusée, Paul Magnier refait son retard et réintègre le peloton. "Ils m'ont soutenu toute la journée, parce c'est vrai que j'ai eu un peu du mal à croire en moi", a avoué le vainqueur de trois étapes sur ce Giro. D'autant plus que le travail de la Lidl-Trek de Jonathan Milan, toujours fanny, favorise les desseins des grosses cuisses. Au fur et à mesure des kilomètres, le Français a retrouvé l'appétit et s'est mis en mode guerrier pour avaler le Muro du Ca'del Poggio. 1,1 km à 11% de pente moyenne. Un mini Mur de Huy, grimpé à un tempo soutenu mais raisonnable.
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"Ce n'était pas le plan mais Lidl-Trek a changé la donne" : comment Magnier s'est pris au jeu

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"Je savais que si je voulais vraiment "défendre" (sic) ce maillot cyclamen, je devais vraiment tout donner. J'ai fait une montée incroyable et ensuite l'équipe m'a vraiment supporté jusqu'aux 200 derniers mètres." Le mot "défendre" n'était pas exact car c'était bien l'Equatorien qui était le porteur du tant convoité maillot cyclamen, allant même jusqu'à rajouter un point derrière les échappés sur le sprint intermédiaire. Le Wolfpack, lui, restait toujours autour du talentueux coureur de 22 ans, avec une idée derrière la tête. Le mur avalé et Paul Magnier avait réussi son pari de basculer pas trop loin de la tête de course.

L'occasion était trop belle

"Un sprinteur, lorsqu'il voit la flamme rouge, qu'il a encore un équipier à ses côtés, il dit, là, il y a une belle occasion d'aller gagner et de marquer 50 points pour le maillot cyclamen en taille patron", a analysé Jacky Durand, consultant Eurosport. Grâce à un travail minutieux de reconnaissance, le Français a parfaitement manoeuvré dans le final. "Je savais qu'il fallait prendre ce rond-point à gauche, ça m'a permis de reprendre de la vitesse. Ensuite, Jasper m'a passé aux 600-700 mètres, quand il est lancé, c'est vraiment dur de le passer et après il m'a déposé." Il faut en effet s'arrêter sur le travail exemplaire de poisson-pilote du Belge de 34 ans.
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"Montée "incroyable", retour dans la vallée, sprint chirurgical : Magnier raconte sa victoire

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L'ancien de la Lidl-Trek a fait le ménage avec les coudes pour faire de la place à son leader. Placé en première position pour le dernier virage, Magnier n'a vu personne le remonter et a pu savourer son troisième succès, après deux échecs à Naples et Milan, alors qu'il était certainement le plus fort. Ce succès, il le doit en grande partie à sa formation qui a cru en lui, quand lui-même doutait de ses capacités. Désormais, il compte 37 unités d'avance sur son rival équatorien qui ne devrait plus revenir. "Je pense que je vais pouvoir profiter du maillot cyclamen jusqu'à Rome et l'objectif ce sera de le garder, et peut-être une victoire en cyclamen à Rome", a-t-il annoncé. Comme quoi, la confiance : ça va, ça vient.
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