Tour d'Italie 2026 - 156km de masterclass tactique : UAE Emirates-XRG a (encore) donné la leçon avec la victoire de Narvaez à Fermo
Publié 16/05/2026 à 18:24 GMT+2
Depuis le retour du Giro sur les routes italiennes, les UAE Emirates-XRG s'en donnent à cœur joie, avec déjà trois victoires d'étapes. Ce samedi, c'est encore Jhonatan Narvaez qui s'est imposé à Fermo, au terme d'une formidable course d'équipe de la formation émiratie, aussi forte que tactiquement parfaite. Tout le contraire du groupe de chasse.
Grosse bagarre d'entrée et attaque létale de Narvaez : le résumé de la 8e étape
Video credit: Eurosport
Quand Mikkel Bjerg est passé à l'attaque en solitaire, presque en facteur, à plus de 70 kilomètres de l'arrivée d'une étape où sortir semblait alors impossible en raison du vent de face le long de la Mer Adriatique, le coup paraissait utopique. Même pour des UAE-Team Emirates habitués à des numéros incroyables.
Alors, forcément, quand on a vu Jhonatan Narvaez faire le forcing pour prendre sa roue, sous la pluie et dans une portion venteuse, on se demandait bien pourquoi. Mais finalement, seul Andreas Leknessund avait senti le bon coup, mais il n'a pu empêcher l'Equatorien de s'offrir une deuxième victoire sur ce 109e Giro.
Deux à l'avant, deux en contre, l'omniprésence UAE
"Je savais que c'était une belle étape pour moi, avouait Narvaez après l'arrivée. Le parcours était plutôt difficile et, à la fin, c'était juste une histoire de jambes, surtout dans les parties les plus raides". C'est là, dans les portions à près de 22%, que le vainqueur de Cosenza mardi est allé chercher sa victoire, en se débarrassant de Leknessund à 11 kilomètres de l'arrivée. Mais ce succès, plus qu'un coup de force individuel, est une véritable œuvre d'art collective. Depuis le départ, les UAE Emirates-XRG n'avaient jamais cessé de suivre les coups, de relancer la course, encore et encore. Quand un coup sortait, il y avait toujours un émirati devant. Quand ce n'était pas l'un, c'en était un autre. Et quand les bons coups sont sortis, il y en avait même de partout : Jhonatan Narvaez et Mikkel Bjerg à l'avant, donc, mais aussi Jan Christen et Igor Arrieta derrière. Soit 4 des 5 coureurs de la formation UAE encore en course ! Une masterclass tactique.
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Nouvelle victoire pour Narvaez, revivez son arrivée en solitaire
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Et Narvaez avait quand même bien fait de prendre un temps d'avance, avant que ne sorte quelques kilomètres plus loin un gros groupe d'une trentaine de coureurs. Mais si certaines équipes comme Groupama-FDJ ou Polti VisitMalta étaient en supériorité numérique évidente, les coureurs n'ont jamais été capables de s'entendre pour revenir. "Il n'y a jamais eu la moindre entente, regrette Brieux Rolland, 11e à Fermo. C'est toujours le problème des gros groupes sur les Grands Tours, tout le monde veut gagner. On se regardait, on en oubliait même qu'on n'était pas en position de jouer la gagne… Mais ils étaient très forts devant". Et le plus fort des trois est pourtant le seul à avoir été repris, après un travail monumental.
Il y aura d'autres victoires
"On a bien joué avec mes équipiers, surtout Mikkel Bjerg, avoue Narvaez. Il fait tellement de travail pour l'équipe… Ce n'est pas le coureur que l'on voit le plus souvent à la télévision, mais aujourd'hui vous l'avez vu et c'est pour moi l'homme de la journée". Difficile de le contredire tant le Danois a été monstrueux dans son travail pour l’Équatorien, effectuant la grande majorité des relais en tête de course pour permettre à Narvaez de conserver son temps d'avance sur le groupe de chasse. "Je me suis amusé dans la plaine à chronométrer le temps de relais des trois hommes de tête, raconte notre consultant Jacky Durand dans les Rois de la Pédale. Bjerg faisait quasi une minute de relais, Narvaez et Leknessund en faisaient deux fois moins ! On avait bien compris la stratégie des UAE mais c'était loin d'être gagné. Leknessund n'est pas le premier venu et il a déjà prouvé qu'il pouvait gagner sur le Giro. Il ne fallait pas se rater". Mais sur ce Giro, les UAE Emirates ne se ratent pas souvent.
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Söderqvist remporte l'étape-reine et prend les rênes
Video credit: Eurosport
"On n'a jamais rien lâché dans les 60 derniers kilomètres, on a couru intelligemment et on a été récompensé, résume le vainqueur du jour, qui s'est offert son 4e succès sur les routes du Giro, après celles de 2020 et 2024. On n'est que 5 mais on court bien et je pense qu'il y aura encore d'autres victoires". Vu leur dynamique actuelle, après les succès de Narvaez à Cosenza et donc Fermo et celui d'Arrieta à Potenza, et la force collective affichée par les UAE Emirates-XRG depuis le retour sur les routes italiennes, on n'a pas de mal à le croire aussi. Surtout que la deuxième semaine du Giro semble tracée pour les baroudeurs. Et donc pour la formation émiratie.
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