Tour d'Italie 2026 | "C'était l'objectif depuis janvier" : Paul Magnier (Soudal-Quick Step) rêvait du maillot rose en Bulgarie, il l'a fait
Mis à jour 08/05/2026 à 19:37 GMT+2
Un an après ses déboires sur le Tour d'Italie 2025, et après un printemps pourri par la malchance, Paul Magnier a retrouvé le chemin du succès en remportant la 1re étape de cette 109e édition, sa toute première étape sur un Grand Tour. L'occasion en plus de s'emparer du maillot rose, un rêve que le Français cultivait depuis cet hiver.
La Soudal-Quick Step qui rit, le peloton qui pleure : résumé d'une première étape épique en vidéo
Video credit: Eurosport
"Quiconque d'autre dans ma roue, et j'aurais gagné". La déclaration de Tobias Lund Andresen est teintée d'une énorme déception, évidemment, mais elle symbolise bien le sentiment qui a dominé le peloton dans la dernière ligne droite. A Burgas, il y avait Paul Magnier… et les autres. Le Français de la Soudal Quick-Step n'était pourtant pas le grand favori de cette 1re étape, statut réservé à Jonathan Milan (Lidl - Trek, 4e). Les doutes l'entouraient même, en raison d'une forme incertaine et d'un final où le placement, son point faible depuis ses débuts, était prépondérant. Mais ce 8 mai 2026 aura été son jour, celui de son émergence sur les grands tours. Et sa victoire, le Tricolore l'a construite bien avant de lancer son sprint.
De la fierté et beaucoup de bonheur
"Le final a été chaotique, la journée a été facile, donc tout le monde était frais, raconte le natif du Texas. On savait que le final serait piégeux avec cette route étroite. La chute nous a aidés, mais il fallait être en position pour en profiter et on était encore trois dans le top 15 à 600 mètres de l'arrivée. Jasper (Stuyven) et Dries (Van Gestel) ont fait un boulot fantastique et ça m'a permis de me sentir en confiance pour finir le travail".
La chute ? Évitée. Le placement ? Parfait. Les équipiers ? Ils l'ont emmené sur un plateau. "Sur le papier, c'était un final "facile", tout droit, pas trop de virage, mais quand on passe à 70km/h, c'est autre chose, explique son équipier belge, Dries Van Gestel. On a toujours été bien placé, même nos grimpeurs. Tout le monde a beaucoup travaillé, c'est une vraie victoire d'équipe". Une étape de rêve, maîtrisée de bout en bout, comme un fil tendu vers le destin.
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La victoire et le maillot rose, Magnier résiste au chaos avec brio ! Son arrivée en vidéo
Video credit: Eurosport
Le Tricolore a même bénéficié, dans la dernière ligne droite, d'un poisson pilote involontaire en la personne de Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM), véloce, mais qui a lancé d'un peu loin. Finalement, tous les astres semblaient alignés pour le voir triompher et, enfin, décrocher sa première victoire en grand tour. À 22 ans et 24 jours, il devient ainsi le plus jeune Français vainqueur sur le Giro depuis Martial Gayant, en 1984.
"Je suis tellement fier, avoue Paul Magnier. J'étais déjà bien content d'être au départ du Giro en si bonne forme. Il y avait beaucoup de bons sprinteurs au départ et c'était la première fois que je pouvais affronter ces "gros" sprinteurs. Les battre ici me rend très heureux". D’autant plus que ce succès est l’aboutissement d’un travail minutieux, façonné depuis des mois autour de ce rêve rose.
Ce maillot est pour tous ceux qui m'ont supporté quand ça a été difficile
"C'était l'objectif depuis janvier, abonde ce sens Van Gestel. Quand on avait parlé du programme, on disait que l'objectif de Paul devait être les classiques et le maillot rose en Bulgarie". Un objectif pour lequel le sprinteur et son équipe Soudal Quick-Step ont tout sacrifié, tout organisé, tout poli dans l’ombre. "C'est un travail que l'on a mis en place depuis des mois avec l'équipe, en stage, avec le staff aussi, raconte le Français de 22 ans. C'était quelque chose dont je rêvais tous les jours quand je m'entrainais en altitude. Je savais que j'avais de bonnes jambes et c'était l'objectif donc l'atteindre, c'est vraiment exceptionnel. Ce maillot, il est pour moi et pour tous ceux qui m'ont supporté, même quand ça a été difficile pendant les classiques. Je me suis ensuite refocalisé sur le Giro et ça a payé aujourd'hui".
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Magnier avec le maillot rose : "Je ne vais pas dormir avec... mais peut-être à côté"
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Doublement même puisqu'avec cette victoire d'étape, Paul Magnier s'est emparé du premier maillot rose de ce Giro 2026. Une première pour un sprinteur depuis un certain Mark Cavendish, en 2013. Une couleur dont le Tricolore rêvait depuis des mois et qu'il connaît bien. "Pouvoir échanger cette tunique spéciale de l'équipe pour le maillot rose, ce n'est que du bonheur, avoue-t-il. Je ne vais pas dormir avec... Mais peut-être à côté (rires). J'ai déjà de beaux souvenirs du maillot rose du Giro NextGen et je sens que je vais autant en profiter sur le Giro". Même s'il aurait sans doute préféré que la 2e étape soit un peu moins exigeante.
Avec le maillot rose, pas le choix que d'essayer
La montée du Lyaskovets Pass et ses 3,9 kilomètres à 6,8% (max 14%), placée à 11km de l'arrivée, elle-même en faux-plat montant prononcé, sont autant de freins potentiels dans sa quête de conserver la tunique de leader un jour de plus. "Ça va être une étape difficile, mais ça peut être un bon test aussi pour voir comment je me sens sur un final punchy, explique le Français. Ça reste un final très difficile, mais avec le maillot rose, je n'aurais pas le choix que d'essayer". Et, avec Paul Magnier, il ne faut jamais dire jamais.
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