Tour d'Italie 2026 | Joli sixième sur le Blockhaus, le Français Mathys Rondel (Tudor) s’affirme comme un des hommes à suivre du Giro
Par Loris Belin
Mis à jour 16/05/2026 à 08:20 GMT+2
Pour la première grande étape de montagne sur un grand tour de sa carrière, Mathys Rondel a fait une très belle impression. Le Français de l'équipe Tudor a tutoyé le niveau des meilleurs outsiders du Giro vendredi sur les pentes du Blockhaus. Et le coureur de 22 ans est loin de considérer la performance comme un exploit.
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Video credit: Eurosport
Derrière les Paul Seixas, Paul Magnier, Lenny Martinez et autres Kévin Vauquelin, difficile d'être un jeune coureur français et d'avoir le droit à son petit rayon de soleil. À 22 ans, Mathys Rondel n'en est pas encore au même statut d'étoile du présent du cyclisme tricolore. Mais ce vendredi, le Sarthois a pris un peu la lumière, et confirmé ses prédispositions pour un avenir de plus en plus proche. Sixième de la première grande explication de montagne sur la route du Blockhaus, Rondel s'est affirmé parmi les meilleurs grimpeurs du jour, rien que ça.
Sur un des sommets de ce Giro, le coureur de la Tudor était, il est vrai, le seul Français vraiment à la ronde (Rémy Rochas, deuxième Bleu, a fini 40e à 8'14"). Mais il était surtout à son aise au milieu de grands noms de ce Tour d'Italie, terminant devant Giulio Ciccone, Derek Gee-West, Thymen Arensman ou même celui qui était appelé à être leader de la formation suisse, Michael Storer. "C'était une belle montée, assez dure, c'était assez venteux, a-t-il réagi à notre micro. Je ne sais pas combien je finis à l'arrivée, cinq ou six, quelque chose dans le genre, mais je pense que j'aurais pu faire un poil mieux. Ce n'est pas trop mal."
C'est ce que j'espérais, être au moins dans les dix pour bien commencer en montagne
On a connu plus enthousiaste pour une première expérience en haute montagne sur un grand tour. Mais que l'on ne s'y trompe pas, Rondel n'a rien d'un rabat-joie. Il tient plutôt de ces ambitieux que le labeur forge dans leurs convictions. "Je m'attendais à être à ce niveau-là, a-t-il clamé. On a fait une bonne préparation pour ça, donc, ce serait mentir de dire que je ne m'attendais pas à être là. Mais après, on ne sait jamais la forme des autres. C'est ce que j'espérais, être au moins dans les dix pour bien commencer en montagne, et c'est un peu mieux que ce que j'espérais. Donc c'est correct."
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Rondel : "Je m'attendais à être à ce niveau-là"
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Deux jours après avoir explosé la vitre arrière de la voiture UAE Emirates - XRG lors de la 5e étape dans une descente complètement trempée, Mathys Rondel aurait pu vouloir se refaire la cerise en prévision d'un Tour d'Italie encore long, surtout pour les grimpeurs comme lui. Mais la meilleure façon de se jauger était de ne pas calculer. Et Rondel en tire déjà les premiers enseignements pour faire encore plus fort la prochaine fois.
"Les sensations étaient très, très bonnes. Au début, ça montait fort. Quand je regardais les watts, je voyais que c'était assez haut mais que j'étais vraiment bien. Après, tout le long de la montée, j'étais assez bien. Je fais une petite erreur à ne pas 'jumper' sur les deux coureurs qui sont devant (Ben O'Connor et Jai Hindley, rejoints ensuite par Giulio Pellizzari, et qui ont fini 27 et 24 secondes devant le Tricolore). Mais après, j'essayais de rattraper un peu le coup dans les trois derniers kilomètres et de faire un écart avec le petit groupe avec qui j'étais."
La suite d'un bon début de saison 2026
Mathys Rondel n'a pas froid aux yeux, et commence à avoir les références pour se le permettre. Sixième du Tour de l'Avenir 2023, il n'avait été devancé que par des coureurs qui ont déjà fait leurs preuves dans le peloton : Isaac Del Toro, Giulio Pellizzari, Davide Piganzoli lui aussi remarquable vendredi aux côtés de Jonas Vingegaard, Matthew Riccitello et Junior Lecerf, respectivement 5e et 11e de la dernière Vuelta. Sa saison 2026 ? Trois courses d'un jour en Espagne toutes finies dans le Top 5 pour se lancer, une 12e place sur l'UAE Tour dans les eaux d'un Remco Evenepoel, une 8e place sur Paris-Nice, puis la 5e du Tour des Alpes fin avril dans un rôle de bras droit de Storer. Le voir 6e sur le Blockhaus avec une certaine facilité est la confirmation d'une montée en puissance. Et son insatisfaction est peut-être la meilleure des nouvelles pour la suite.
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S'il devra sans doute laisser au moins un temps de côté ses ambitions personnelles pour servir son leader Michael Storer, sa prestation de vendredi lui offre le droit de rêver à un peu plus si d'aventure l'Australien devait fléchir lors des prochaines bosses (7e du classement général à 4'56'', à 1'39'' de Jonas Vingegaard). Celles prévues sur la route samedi entre Chieti et Fermo, un copier-coller quasi-parfait d'un Tirreno-Adriatico, ne devraient pas être suffisamment sélectives pour voir Mathys Rondel à l’œuvre.
Ce sera autre chose dimanche avec trente derniers kilomètres tout en montée ou presque et un final sur l'irrégulier Corno all Scale, traître dans ses trois dernières bornes. Et comptez sur le Sarthois pour être dans le bon coup si les conditions le permettent. "C'est de bon augure, et je sais que si j'ai ces sensations-là sur les prochaines montées, je ferai l'effort directement et j'arriverai à tenir avec eux jusqu'en haut" a-t-il pris date.
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