Tour d'Italie 2026 | Jonas Vingegaard, une triple couronne et bien plus
Publié 31/05/2026 à 00:59 GMT+2
Vainqueur de son premier Tour d'Italie, Jonas Vingegaard a acté ce samedi son entrée dans le cercle très fermé des vainqueurs des trois Grands Tours. Un succès logique, incontesté et incontestable, symbole de la place toujours plus haute du Danois de la Visma-Lease a Bike dans l'histoire du cyclisme sur les courses de trois semaines.
De l'attaque au pied à la victoire au sommet : le triomphe de Vingegaard au Piancavallo
Video credit: Eurosport
La victoire finale de Jonas Vingegaard n'aura jamais fait débat. Ni avant le départ de ce 109e Giro, qui lui semblait promis à la vue d'une concurrence trop faiblarde, ni dans les ascensions, où le Danois de la Visma-Lease a Bike se sera envolé irrésistiblement, dès qu'il l'a souhaité. Même sa contre-performance sur le chrono de Massa, après le premier jour de repos, n'a soulevé que l'ombre d'un doute, rapidement écrasé par le soleil brûlant des Alpes italiennes. Le voir en rose à Rome était une quasi-certitude, si l'on peut vraiment dire ça dans un sport aussi soumis aux chutes et aux abandons que le cyclisme, et renforce un peu plus la place du Danois dans l'histoire des Grands Tours.
Le 7e coureur à gagner les 3 Grands Tours
Avec ce Tour d'Italie 2026 ajouté à ces Tours de France 2022 et 2023 et sa Vuelta 2025, Jonas Vingegaard est désormais l'un des 16 coureurs à avoir remporté au moins 4 Grands Tours dans sa carrière, égalant en la manière Roberto Heras, Tony Rominger et Vincenzo Nibali. Mais contrairement à l'Espagnol et au Suisse, le Danois a gagné le Tour de France, deux fois même, et s'est offert les trois Grands Tours, rejoignant ainsi le cercle très fermé des vainqueurs du Giro, du Tour et de la Vuelta, en compagnie de Nibali donc, mais également Alberto Contador, Christopher Froome, Bernard Hinault, Eddy Merckx, Felice Gimondi et Jacques Anquetil. Cela suffit à vous placer un coureur, quand on sait la difficulté de gagner un Grand Tour, les risques tout au long des trois semaines, la pression et le stress inhérents à la lutte pour la victoire finale.
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Vingegaard : "On a improvisé, j'ai dû partir plus tôt"
Video credit: Eurosport
Mais Jonas Vingegaard n'est pas un coureur comme les autres. Il n'est pas venu au cyclisme comme tout le monde, déniché au détour de son travail en poissonnerie, à 22 ans passé. Il n'est pas non plus tombé dans une époque qui rende véritablement justice à son niveau et à sa domination sur l'immense majorité du peloton. Sans Tadej Pogacar, sa carrière aurait-elle été différente ? On ne le saura jamais mais ce qui est certain, c'est que sa rivalité avec le Slovène sur le Tour de France l'a autant privé de succès au palmarès que renforcé la valeur de ses podiums sur la Grande Boucle. Faire 2e du Tour derrière Pogacar, ce n'est pas comme faire 2e derrière Carlos Sastre ou Oscar Pereiro. D'autant que le Slovène est le seul à avoir jamais battu le Danois depuis qu'il s'est révélé en 2021. C'est dire le niveau indécent atteint en Grand Tour par Jonas Vingegaard.
Une rivalité presque plus importante que son palmarès
Rivaliser quatre fois avec Pogacar et le battre deux fois sur les routes de juillet n'a-t-il pas un impact supérieur à un one-shot ? Assister à la plus grande rivalité du Tour de France depuis soixante ans et le duel Anquetil-Poulidor ne vaut-il une place dans l'histoire des Grands Tours supérieurs à la simple lecture de son palmarès, déjà exceptionnel ? Alfredo Binda compte plus de victoires (5) à son palmarès, par exemple, mais il est incontestable que le Danois de la Visma-Lease a Bike occupe déjà une place plus haute dans la hiérarchie que l'Italien, qui n'a gagné que le Giro. Pareil pour Primoz Roglic, qui a assez buté sur le Tour et sur Pogacar pour ne pas mettre en avant celui qui y est parvenu doublement.
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Vingegaard sera chaud en juillet... "On sait qu'il est meilleur sur un 2e Grand Tour"
Video credit: Eurosport
En soit, même un Fausto Coppi et un Gino Bartali, qui comptent certes respectivement 7 et 5 Grands Tours, sont difficilement "mettables" devant un Vingegaard. Parce qu'ils n'ont pas gagné les trois Grands Tours, déjà. Parce que la concurrence était alors très loin d'être la même aussi, même si la période n'était pas propice au sport pour autant. Finalement, seuls les géants Eddy Merckx, Bernard Hinault, Jacques Anquetil, Miguel Indurain, Christopher Froome et Tadej Pogacar sont véritablement au-dessus. Le cas Alberto Contador est plus discutable si l'on veut y inclure une donnée "morale" mais il n'est pas lunaire de voir Jonas Vingegaard au-dessus, d'autant que le Danois parait intrinsèquement au-dessus, en termes de watts, tout simplement. Dans ce domaine, seul Pogacar rivalise. Comme en juillet finalement, où le Danois visera un nouveau sacre. Et une nouvelle page héroïque de sa rivalité avec le Slovène.
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