Tour d'Italie 2026 - Le feu d'artifice attendu sur la 19e étape n'était finalement qu'un pétard mouillé

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Considérée comme l'étape-reine de ce Tour d'Italie 2026, la 19e étape entre Feltre et Piani di Pezze promettait monts et merveilles dans les cols des Dolomites. Mais cet antépénultième opus a accouché d'une souris, confirmant que mettre le plus dur en fin d'épreuve n'a jamais été gage de retournement de situation.

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À empiler les cols, on ne fabrique pas forcément des exploits. S’il est un sport qui, saison après saison, étape après étape, continue de le rappeler, c’est bien le cyclisme. Les organisateurs ont beau repousser toujours plus loin l’instant du dénouement, concentrer les sommets et les étapes les plus dures dans les derniers jours des Grands Tours, le suspense fabriqué ne produit que rarement l’embrasement espéré. À vouloir préparer le feu d’artifice, ils oublient souvent que les plus belles étincelles naissent de l’imprévu, jamais de la mise en scène.

Une déception totale

Il y avait pourtant tout ce vendredi, dans les hautes cimes des Dolomites. Il y avait le Passo Duran, les pentes infernales de Coi (5,8km à 9,3%), la Cima Coppi avec le mythique Passo Giau, géant du haut de ses 2226 mètres destiné à lancer les hostilités à de 50 kilomètres de l'arrivée de l'inédite montée vers Piani di Pezze. Après deux semaines d’usure et avec 5000 mètres de dénivelé, cette 19e étape du Giro 2026 devait être ce feu d’artifice tant espéré, un chaos majestueux destiné à enflammer une course si timide en montagne et en spectacle. C'était une volonté des organisateurs, que l'on retrouve année après année, de retarder le feu d'artifice, pour mieux en apprécier les étincelles. Mais il n’y a rien eu au final, ou si peu. Comme souvent, l'attente a dépassé le spectacle.
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La RedBull-Bora Hansgrohe a bien fait rouler Ben Zwiehoff dans le Passo Giau, la Decathlon-CGA CGM a bien accéléré au pied de la montée finale mais la grande bagarre, elle, celle dont on se souvient des années durant, n'a jamais existé. A force de vouloir empiler les difficultés dans les derniers jours, les organisateurs finissent souvent par neutraliser ce qu’ils cherchent à provoquer. Plus ils accumulent les obstacles pour renverser le classement général, plus ils construisent des étapes qui incitent à l’immobilisme. La 19e étape entre Feltre et Piani di Pezze en fut la caricature parfaite.

Le Giro sait pourtant comment s'y prendre

Elle était courte, avait un beau tremplin avec le Passo Giau, mais elle était trop dense, trop écrasante, avec une succession de cols où chaque équipe savait qu’une offensive précoce pouvait se transformer en suicide. Il suffit de voir la journée de Ben O'Connor (Jayco-AlUla), parti à l'attaque dès le premier col et qui a fini par concéder plus de 9 minutes. Alors on calcule, on économise, et tant pis pour le spectacle. Le cyclisme a pourtant longtemps vécu d’un principe inverse, où les grandes défaillances naissaient moins de l’excès de dureté des étapes que d'un placement stratégique. Il suffit d'ailleurs de regarder les dernières éditions du Tour d'Italie pour s'en convaincre.
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Sur le Giro 2025, l'étape de Sestrières était loin d'être la plus dure, mais le Finestre à 28 kilomètres de l'arrivée est une valeur sûre qui se suffit à elle-même. En 2022, Jai Hindley avait renversé Richard Carapaz vers la Marmolada, et le programme était bien plus digeste que cette année. Sans oublier 2020, et la mythique étape de Cancano, où Geoghegan Hart et Hindley avaient renversé Almeida dans le Stelvio. Pas besoin de six cols pour marquer l'histoire du Giro. Seulement d'une étape bien pensée. Et c'est bien le mal actuel.

Une étape oubliable

À vouloir reculer le dénouement, les organisateurs ont tendance à surtout gâcher le grand final des Grands Tours. Avec la domination récurrente de Tadej Pogacar et de Jonas Vingegaard, il n'y avait vraiment pas besoin de ça pour se priver du suspense jusqu'aux derniers instants. Après tout, c'est comme ça que le cyclisme a écrit ses plus belles lettres. Lorsque l’indécision crée les étincelles d’un embrasement total, incontrôlable, qui prend aux tripes et demeure dans le cœur du public. Cette 19e étape du Giro 2026, elle, sera rapidement oubliée. À part par Sepp Kuss, évidemment.
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