Tour d'Italie | Du Giro au Tour en passant par la Catalogne, Jonas Vingegaard est-il le pire compagnon de fugue du peloton ?

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Quatre fois vainqueur sur ce Giro, Jonas Vingegaard est sur la route d'un premier succès sur le Tour d'Italie et devrait, sauf renversement de situation toujours possible, compléter sa trilogie de grands tours. Au-delà des qualités qui sont les siennes, le Danois laissera encore une image brouillée à l'issue de ces trois semaines. En cause, sa propension à ne jamais collaborer à l'avant.

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Un, deux, trois et… quatre. Après quatre arrivées en altitude, Jonas Vingegaard compte autant de succès sur le Giro. Mardi, pour la première étape de la troisième semaine, le Danois a frappé un énième coup sur la tête de ses adversaires. En attaquant à 6,5 kilomètres de l'arrivée, le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) s'est isolé, s'évitant ainsi d'avoir à répondre aux mêmes questions à chaque fois qu'il refuse des relais à un compagnon de fugue.
A Corno alle Scale, son accélération à 900 mètres du but avait par exemple été froidement accueillie. Non parce que Vingegaard fut critiqué de ne pas écraser le Giro une bonne fois pour toute, chacun aura compris qu'il était là en gestion, conscient de sa supériorité sur ses adversaires et de l'immensité du défi qui l'attend en juillet. Non, on reprochait au leader de Visma | Lease a Bike de s'être confortablement installé dans la roue d'un Felix Gall (Decathlon CMA CGM), qui avait lui-même lancé les hostilités, avant de le déposer.
Jonas a connu ses grands succès en suivant simplement le plan de l'équipe
L'Autrichien n'avait pas commis le crime de lèse-majesté de vouloir le renverser, il était simplement désireux de distancer les autres. Vingegaard aurait pu y trouver une raison de s'allier à son dauphin du moment, ou a minima avoir du panache dans l'entreprise et vouloir y participer. Il n'est pas comme ça. Homme discret, attaché à sa femme et ses enfants, "Vingo" est un coureur fidèle. Fidèle à ce qu'il est, à peu près le même depuis son arrivée au très haut niveau en 2021, mais aussi et surtout à son équipe, la Visma | Lease a Bike.
"Jonas a connu ses grands succès en suivant simplement le plan de l'équipe, racontait Tiesj Benoot il y a quelques semaines auprès de la RTBF. C'est comme ça qu'il a gagné deux fois le Tour de France. Il était le meilleur je pense mais il y avait toujours un plan fait dans le bus." Le Belge connaît parfaitement son ancien leader pour avoir été de toutes ses campagnes sur la Grande Boucle entre 2021 et 2025 avec deux succès et trois deuxièmes places à la clé.
Longtemps, Vingegaard a "vécu", au moins au niveau de son image, sur le coup du Télégraphe vers le Col du Granon sur le Tour 2022, masterclass tactique de la Jumbo de l'époque et physique de sa part. Mais le Danois n'est pas un coureur défensif. Même face à Tadej Pogacar, quand celui-ci lui est supérieur, Vingegaard essaye. C'était vrai en 2021 puis en 2022 et 2024. Le Danois court comme le prévoit son équipe, qu'importe l'adversité, la situation et ses propres envies. Nombreux sont ceux à l'avoir regretté mais il est ainsi.

Pogacar, Evenepoel, Almeida : Vingegaard en a agacé plus d'un

"Il roule toujours comme ça. Ce n’est pas mon problème", écartait Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) sur le Tour de Catalogne en mars… après s'être agacé de ne pas recevoir d'aide du Danois sur une étape de plat. "Il ne roule pas souvent, n'est-ce pas ?", faisait mine de se demander Joao Almeida (UAE Emirates-XRG) sur la dernière Vuelta. "Je pense que Vingegaard a peur de moi, sinon, il aurait pris les relais", s'enflammait même Pogacar (UAE Emirates-XRG) sur le Tour de France 2024 après l'étape des chemins blancs autour de Troyes.
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Message aux organisateurs : "Soyez responsables et irréprochables"

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A 70 kilomètres de l'arrivée ce jour-là, le Slovène, le Danois et Evenepoel formaient une échappée royale… dans laquelle Vingegaard n'avait pas collaboré. "Je ne dirais pas que c’est un manque de 'couilles', je dirais que j’ai couru intelligemment", s'était défendu ce dernier. Sur ce Tour-là, la Visma avait décidé de ne jamais rouler avec Pogacar. Soit, "Vingo" s'y est tenu.  Sûr de lui, le probable futur quadruple vainqueur de grands tours connaît son adversaire (Pogacar) et ceux qui ne le sont pas (tous les autres). 
Pourquoi s'embêter à faire la course quand on connaît son objectif et qu'on pense savoir exactement comment l'atteindre ? Au Giro, en Catalogne, à la Vuelta ou sur le Tour, Vingegaard n'est pas là pour se faire des amis, il est là pour gagner. Il se moque de son image publique, autant qu'il se moque de celle qu'il a dans le peloton. A quoi bon trouver des alliances de circonstances avec des coureurs qui ne seront plus là au moment de la lutte finale avec son meilleur ennemi ? A l'heure du bilan, il manquera des choses au Danois pour imprimer totalement les cœurs et les têtes mais son palmarès, lui, sera très complet.
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Vingegaard, le gagne-petit ? "On est matrixé par Pogacar"

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