Bettini gâche la fête

Jan Ullrich rêvait de s'imposer devant un public hambourgeois tout acquis à sa cause, dimanche, lors de la Hew Cyclassics. Mais si l'Allemand a bien dynamité la course dans le Waseberg, il a dû s'incliner au sprint face à Paolo Bettini. Avec ce succès, le

Eurosport

Crédit: Eurosport

La "Ullrichmania" continue de déferler sur l'Allemagne. Pendant le Tour de France, les exploits de l'enfant de Rostock ont tenu en haleine tout le pays et les audiences TV ont littéralement explosé, atteignant des sommets inégalés pour une course cycliste. Cet engouement féroce, Jan Ullrich a pu la constater directement dimanche à Hambourg lors de la Hew Cyclassics, sixième manche de la Coupe du monde 2003. Nombreuse, enthousiaste, la foule a vibré au rythme des coups de pédales de son champion.
Ceux-ci sont toujours aussi aiguisés. Dans la foulée de la Grande Boucle, Ullrich tient encore la grande forme. Dommage finalement que la course hambourgeoise ne soit pas plus sélective. Dans le Waseberg, principale difficulté du final, situé à quinze kilomètres de l'arrivée et dont les passages à plus de 15% ont de quoi effrayer, l'Allemand a réussi à faire exploser la course. A u sommet, seuls les Italiens Bettini, Rebellin et Celestino, ainsi que l'Espagnol Astarloa, l'accompagnaient encore.
La mine d'Ullrich
Paolo Bettini, qui avait déjà lancé un premier coup à trente kilomètres du but en compagnie de George Hincapie, n'était pas le moins motivé dans cette échappée royale. Outre la victoire, le champion d'Italie voyait là l'occasion de revenir sur les talons de Peter Van Petegem au classement général de la Coupe du monde, dont il est, rappelons-le, tenant du titre. Il n'allait pas la laisser passer.
Malgré un échange de regards en coin dans les 2000 derniers mètres, la bande des cinq conserva jusqu'au bout une (très) courte avance sur un peloton de furieux, emmené notamment par un Hincapie furieux d'avoir raté le bon wagon. Le tandem de la Saeco (Celestino-Astarloa) n'avait plus assez de jus pour l'explication finale. Ullrich n'en manquait sans doute pas, mais l'Allemand n'est pas de taille dans une arrivée au sprint avec des pointures comme Rebellin ou Bettini. Ce dernier, en costaud, a réglé ses compagnons d'échappée sans la moindre difficulté.
Van Petegem, à un fil
C'est la deuxième victoire de Bettini cette saison dans le cadre de la Coupe du monde, après Milan-San Remo. L'Italien revient ainsi à trois petits points de Peter Van Petegem, qui sauve son maillot de leader grâce à sa dixième place. Mais son fauteuil est de plus en plus instable, et les dernières manches semblent plus favorables à Bettini qu'au Flahute. En clair, Bettini tient la corde pour se succéder à lui-même.
Un mot enfin sur les Français. Comme souvent, ils ont dû se contenter d'animer le début de course, à défaut de pouvoir jouer un rôle dans la partie finale. Mention spéciale à Stéphane Augé (Crédit Agricole), échappé pendant plus de 150 kilomètres en compagnie de Roberto Lochowski , et à Andy Flickinger, très actif dans la dernière heure de course. Pour une victoire, il faudra repasser...
ILS ONT DIT...
Paolo Bettini (ITA/Quick Step), vainqueur: "Je dois dire merci au Tour de France. Il m'a donné la force pour cette course. J'ai pu ramener cette force pour cette épreuve de la Coupe du monde. C'était une course formidable. Hambourg est critiqué parce qu'il n'y a pas de montagne. Mais c'est une course où il y a beaucoup d'attaques et de luttes."
Davide Rebellin (ITA/Gerolsteiner), deuxième: "Ca n'avait pas trop bien marché au Tour de France. Je me devais aujourd'hui de tenter quelque chose pour Gerolsteiner. Ca fait plaisir de courir en Allemagne. L'ambiance dans notre équipe est bonne. J'ai tout donné."
Jan Ullrich (ALL/Bianchi), troisième: "Je me suis dit que je devais tenter quelque chose dans le final, car je n'avais aucune chance en cas de sprint du peloton. Mais Bettini est trop rapide comme sprinteur et je suis vraiment heureux de ma troisième place. Les 15 derniers kilomètres après le Waseberg étaient extrêmement difficiles et nous avons dû tout donner. Mais nous avons bien harmonisé à cinq. L'enthousiasme du public ici est très grand."
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité