Stuart monte en grade

Stuart O'Grady a remporté sa première classique de Coupe du monde dimanche, en enlevant la Hew-Cyclassics. A Hambourg, le sprinter de l'équipe Cofidis a coiffé sur le fil les spécialistes du genre, Bettini, Astarloa et Rebellin. L'Australien vit décidémen

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La Hew Cyclassics n'est pas la plus prestigieuse des manches de la Coupe, ni la plus excitante ni même la plus exigeante. Mais sa proximité avec le Tour de France la rend toujours intéressante. A Hambourg, la question était de savoir qui des forçats de la grande Boucle (Bettini, Ullrich, Boonen) ou de ceux qui ont mis le mois de juillet à profit pour se reposer (Astarloa, Rebellin) prendraient le dessus. Réponse: personne. Les uns et les autres ont pesé sur la course, même si au final, c'est bien un homme du Tour qui a raflé mise, en l'occurrence Stuart O'Grady.
L'Australien n'avait pas perdu son temps en juillet, remportant l'étape de Chartres, là où l'aventure de Thomas Voeckler a débuté. Il démarre le mois d'août sur des bases encore plus élevées. Redoutable sprinter, le coureur de l'équipe Cofidis a décroché à Hambourg la grande victoire qui lui manquait encore. Ces derniers mois, il a pris du coffre. On regrette presque qu'il n'ait pu courir au printemps, à l'époque où son équipe, pris dans le marasme de l'affaire que tout le monde connaît, avait choisi de mettre les pouces.
Le Waseberg trop court
Placé dans la liste des outsiders dimanche matin, O'Grady ne figurait pas celle des grands favoris. Les places étaient déjà prises par Davide Rebellin, Paolo Bettini, Jan Ullrich, Igor Astarloa ou Tom Boonen. Si le dernier n'a jamais été dans le coup, les quatre autres ont assumé leur statut. De tous, Bettini était sans doute le plus costaud. Dans le troisième des cinq passages dans le Waseberg, juge de paix de l'épreuve, le Toscan a même tout fait exploser.
Mais en dépit de sa forte pente (14%), le Waseberg est trop court (450m) pour condamner définitivement les retardataires si la bagarre ne se prolonge pas dans la descente. Pour impressionnante qu'elle fut, l'offensive de Bettini ne servit donc finalement pas à grand chose. A 15 kilomètres de l'arrivée, dans l'ultime ascension, l'Italien remit ça, avec Astarloa et Rebellin. Le double vainqueur sortant de la Coupe du monde, le champion du monde et le leader de la Coupe du monde 2004, le trio ne manquait pas d'allure. Mais il ne tint la distance que 2000 mètres.
Bettini, encore raté
Dans la partie finale, malgré le panache d'un Merckx ou la volonté d'un Gonchar, un mini-peloton de 35 coureurs environ allait se disputer la victoire. La question n'était dès lors plus de savoir qui avait le Tour, mais qui était rapide au sprint, avec suffisamment de fraîcheur dans les jambes après 250 bornes. Erik Zabel appartenait à la première catégorie, mais pas à la seconde. Septième. Même chose pour Hondo, qui avait beaucoup donné pour Rebellin.
Face à des sprinters usés, Igor Astarloa, plein champ sur le léger faux-plat de la Mönckebergstrasse, parut en mesure de mettre tout le monde d'accord. Mais il ne put rien faire face à Paolo Bettini, qui le débordait sur sa droite. Le Toscan, tenant du titre, pensait alors renouer enfin avec la victoire en Coupe du monde. Las, il lui manqua dix mètres pour résister au furieux retour d'O'Grady. On imagine le plaisir de toute l'équipe Cofidis de voir O'Grady devancer Astarloa, qui était encore son coéquipier il y a quatre mois avant de quitter la navire... Oui, Stuart les a tous bluffés, et nous avec !
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