On l'avait quitté en larmes et vidé émotionnellement, mi-septembre, à quelques heures d'une étape programmée pour l'emmener vers un nouveau sacre sur la Grande Boucle. Hors de forme, largement distancé au général, mais surtout blessé, Egan Bernal avait vécu un véritable calvaire sur le Tour de France 2020. Quelques mois après sa déconvenue, le leader d'Ineos-Grenadiers s'est livré dans un long échange avec la Gazzetta dello Sport.

Retrouver des sensations, le principal objectif du Colombien

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07/09/2020 À 15:42

Oublier 2020, c'est bien le principal moteur du coureur colombien, révélation du peloton un an plus tôt, au moment d'aborder la nouvelle année. Si tout avait bien commencé pour le natif de Zipaquirá (premier sur la Route d'Occitanie, deuxième sur le Tour de l'Ain), Egan Bernal a pourtant laissé entrevoir quelques défaillances, course après course, jour après jour. Avant de vraiment déchanter sur la Grande Boucle.

Egan Bernal - Team Ineos, Tour de Frace 2020

Crédit: Getty Images

L'année dernière, c'est un problème de longue date qui a plus qu'handicapé le Sud-américain. "C'est quelque chose que je traîne depuis toujours (ndlr, il a une jambe plus grande que l'autre) et ça me donne des maux de dos. J'ai eu une scoliose à cause de ce problème avec une des vertèbres qui bloque le nerf de jambe jusqu'aux fessiers", a expliqué Bernal. "Sur le Tour, j'avais des douleurs toutes les cinq minutes, le dos en morceaux. Vous savez, je ne pouvais même pas terminer le Tour. Avec le numéro 1 dans le dos et tous ces problèmes physiques… C'était dur, très compliqué. Je ne voulais pas sombrer", a abondé le grimpeur d'Ineos.

Mais ces problèmes semblent aujourd'hui derrière le coureur de 23 ans, déterminé à rebondir. "Ça va beaucoup mieux. Je me sens bien, je suis super motivé. Je cours depuis presque quatre mois maintenant. J'ai l'intention de retrouver la compétition en février même si je ne suis pas encore à 100% de mes capacités (ndlr, pour les championnats de Colombie ou le Tour de la Communauté valencienne). Ce qui compte, c'est d'avoir retrouvé des bonnes sensations pour rivaliser au plus haut niveau. Je me sens à nouveau cycliste."

"Courir en Italie, c'est ma première option "

Si une présence sur le Tour reste l'une des priorités, le Colombien affiche pourtant un tout autre objectif. "Eh bien, j'aimerais beaucoup être sur le Giro, oui. Il y a peu, je disais dans une interview pour un média colombien que le projet, c'était de se préparer pour le Tour. Mais dans le calendrier, le Giro arrive en premier et dans mon esprit, c'est l'option numéro un. Je l'ai en ligne de mire."

"Geoghegan Hart, on le voit venir depuis un petit moment"

Mais si Bernal est lucide sur sa condition, il est aussi conscient du fort potentiel de son Team, renforcé par les arrivées de Adam Yates, Richie Porte, Daniel Felipe Martinez, Rohan Dennis ou encore Tom Pidcock. Sans oublier que Richard Carapaz, Geraint Thomas et Tao Geoghegan Hart, le dernier vainqueur du Giro, sont toujours là. "Je ne sais pas si je serai en condition de le faire (ndlr, le Giro) en tant que leader ou en tant qu'équipier, ça dépendra de mon état de forme et de mon rétablissement", a admis le vainqueur du Tour 2019. Néanmoins, son potentiel et ses qualités devraient naturellement lui permettre de postuler à un costume de leader.

Car le Colombien n'a pas menti en parlant de retrouver du jus et du rythme. Pendant les fêtes de fin d'année, le grimpeur s'est livré à un entraînement "apocalyptique" sur ses terres (274,8 km avec un dénivelé de 2845 m d'altitude en sept heures et dix minutes, à 38,4 km/h de moyenne). Oui, Bernal semble bien sur la route de la rédemption. On a désormais hâte de le revoir dans le peloton.

Egan Bernal - Tour de France, stage 13 - Getty Images

Crédit: Getty Images

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