Julian Alaphilippe : "Sur le Tour, je n'aurais pas eu de liberté"

Interrogé par Eurosport depuis l'Australie où il va reprendre la saison au Tour Down Under (16-21 janvier), Julian Alaphilippe (Soudal-Quick Step) est revenu sur l'annonce de sa participation au Giro et sur sa conséquence, son absence pour le Tour de France. Le coureur de 31 ans y voit une chance alors que sa formation sera à 100% tournée sur le classement général en juillet avec Remco Evenepoel.

Julian Alaphilippe

Crédit: Getty Images

A n'en pas douter, 2024 sera différente pour Julian Alaphilippe. Voilà dix ans que le double champion du monde n'était pas retourné en Australie, où tout avait commencé pour lui chez Quick-Step en 2014. Cette saison sera aussi celle de la découverte du Giro puisque sur le Tour de France sa formation sera en rang serré derrière Remco Evenepoel. En fin de contrat, Alaphilippe a beaucoup de choses à prouver et des courses à gagner pour garnir son palmarès et faire mentir ceux qui pensent qu'il n'a plus en lui le feu sacré.
A quel point cette participation au Giro est une bonne nouvelle pour vous ?
Julian Alaphilippe : C'est une bonne nouvelle. Ça faisait déjà quelques années que je me disais que j'avais envie de faire le Giro une fois dans ma carrière. C'était une bonne année, j'avais envie de changement. Je suis super focus sur les classiques flandriennes. J'espère réussir mon objectif d'être au top de ma condition au départ de ces courses-là. Après je pourrai penser au Giro, je suis content c'est une bonne nouvelle. Je suis déjà motivé.
L'objectif, ce sera une ou plusieurs victoires d'étapes…
J.A. : Une, ça serait déjà, pas un rêve, mais ce serait génial. Découvrir le Giro et remporter une étape, ce serait fantastique. C'est vraiment mon objectif. Je serai super content d'y arriver. On aura certainement Tim Merlier pour les sprints donc une équipe vraiment axée sur l'objectif de gagner des étapes. C'est vraiment quelque chose qui me motive.
Êtes-vous d'accord avec Patrick Lefevere quand il dit que le Giro se court différemment ?
J.A. : Ça se court peut-être un peu différemment mais je ne pense pas qu'il faut être moins intelligent, ça c'est sûr. Je n'y vais pas pour faire le classement général donc pour moi ça ne change rien, que je prenne le départ du Giro ou du Tour, j'aurais eu les mêmes ambitions. En juillet, l'équipe sera alignée avec (Remco) Evenepoel et aura l'ambition d'un classement général. Il n'y aurait pas eu de liberté, tout simplement. Le général est l'objectif numéro un au départ du Tour, ce qui est tout à fait compréhensible. Sur le Giro, ce sera tout à fait différent.
Il y a des nouveautés dans votre programme, de quoi retrouver un sentiment d'excitation ?
J.A. : Pour être honnête, je suis vraiment motivé pour cette année, comme tous les ans mais je n'ai pas envie de repenser aux dernières saisons, aux galères ou même à l'envie d'être forcément au meilleur de ma forme tout de suite sur le Tour Down Under, j'ai juste envie de profiter et de tout faire pour être à 100% de mes moyens sur mes objectifs. J'ai un beau programme. Il y a plein de choses qui me motivent, mon objectif majeur était de retrouver le top de ma condition. Ça commence ici, je pense que c'est un bon pied à l'étrier.
Retrouver 100% de ses capacités quand on a connu des saisons comme les vôtres, les chutes, les galères, prend du temps. Vous en sentez-vous capable ?
J.A. : Ça prend du temps, on l'oublie vite et j'espère que ce sera cette année. On ne peut jamais savoir à l'avance. J'ai envie de dire que les voyants sont au vert, que je n'ai pas été embêté cet hiver, que je me sens bien, relax. Je me suis bien préparé, sans faire n'importe quoi, même plutôt tranquillement. Je n'ai pas exagéré, je ne me sens pas encore super en forme mais je me sens bien comme on doit l'être à la mi-janvier. C'est plutôt bon signe en vue de tout ce qui va arriver entre maintenant et le Giro.
picture

Ça chatouille : quand Alaphilippe s'amuse à l'entraînement

Video credit: Eurosport

Si l'on prend l'exemple des Strade Bianche, vous dîtes-vous que vous êtes en mesure de gagner là-bas ?
J.A. : J'espère ! C'est une course qui m'a toujours plu, c'est l'une de mes courses préférées, si ce n'est la numéro un. Ce sera un bloc important en Italie et on se rapprochera de plus en plus des Flandriennes donc je suis censé être dans les meilleures dispositions possibles au départ des Strade Bianche. J'espère en tout cas et je vais tout faire pour.
Gagner une Flandrienne après avoir gagné une Ardennaise (la Flèche Wallonne en 2018, 2019 et 2021), ce serait un sacré accomplissement…
J.A. : Ce serait beau. C'est quelque chose qui me motive beaucoup et c'est l'une des raisons pour lesquelles elles font partie de mes objectifs. Ce sont vraiment des courses exigeantes, il faut être très complet. J'ai pris beaucoup de plaisir sur certaines des Flandriennes que j'ai déjà pu faire et en gagner une, ce serait magnifique. C'est vraiment l'objectif, je vais tout faire pour au moins être au départ en pleine forme et à 100% de mes moyens. Le résultat vient après naturellement, pour moi ou pour l'équipe. La première étape c'est d'être à 100%, ce que je n'ai pas réussi à faire depuis un petit moment déjà. C'est le premier objectif avant même de parler de victoires que ce soit au Giro ou sur les Flandriennes.
picture

Voeckler sur Alaphilippe : "Julian n'est certainement pas fini, j'ai confiance en lui"

Video credit: Eurosport

Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité