Kévin Vauquelin sur la suite de sa carrière chez INEOS Grenadiers : "Je ne cherche pas à satisfaire un public, mais plutôt à montrer mon caractère"
Eurosport sur GoogleKévin Vauquelin a choisi INEOS Grenadiers pour continuer de grandir. Le septième du dernier Tour de France explique pourquoi, samedi, au lendemain de l'annonce de son arrivée dans la structure britannique. L'expertise de celle-ci et l'envie de bousculer ses habitudes ont compté. Cela n'induit pas une spécialisation dans les courses de trois semaines, précise-t-il, certes attiré par cette optique.
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Un Tour de France sous forme de révélation. Kévin Vauquelin s'est découvert autant qu'il s'est révélé au grand public, en terminant 7e du Tour de France cet été avec Arkéa-B&B Hotels. Présent dans nos locaux au lendemain de l'officialisation de sa signature chez INEOS Grenadiers – ce samedi pour commenter le Tour de Lombardie remporté par Tadej Pogacar –, le coureur français de 24 ans explique son choix de carrière. Vauquelin a "des attentes plus élevées", du fait de cette épopée de trois semaines... mais il tient à ne pas y diluer son tempérament offensif, et se dit conscient de ce risque.
Pourquoi avez-vous fait le choix de rejoindre INEOS Grenadiers ?
Kévin Vauquelin : C'est un choix logique. Ça a toujours été une équipe de rêve pour moi. Je viens de la piste, on sait comment les Britanniques sont pointilleux sur la performance, parfois en avance sur certaines nations. Cela a toujours bien sonné dans mon esprit. Dans ma recherche d'exploiter 100% de mon potentiel, je pense que c'est judicieux. Cela me permet aussi de sortir de ma zone de confort. J'ai bien grandi avec Arkéa, j'y avais ma "famille". Il faut que je sorte de tout cela et que je me confronte à des coureurs encore plus forts et expérimentés.
Quel rôle cette équipe compte vous attribuer ?
K. V. : J'ai signé avec un côté leader, coureur qui peut peser sur la course. L'été a plutôt bien aidé à ce niveau-là. C'est une équipe qui peut vraiment me convenir, qui avait un peu moins de profils comme le mien, qui se relance. C'est l'occasion de prendre l'expérience d'INEOS et d'en apporter, aussi, avec le côté débrouillard que j'ai pu avoir avec Arkéa, où je me suis construit en tant que personne.
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Vauquelin débarque chez Ineos Grenadiers : "Il était temps que je sorte de ma zone de confort"
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Et en termes de profil, dans quelle direction souhaitez-vous aller ?
K. V. : Je suis encore en découverte, à chercher le terrain d'expression qui me correspond le plus. Mais mon gros objectif est de remporter une course d'une semaine. Je pense que c'est de plus en plus envisageable. Je pense à Paris-Nice, par exemple. En cas de chrono par équipes, être chez INEOS Grenadiers avec potentiellement Filippo Ganna, Thymen Arensman, Magnus Sheffield et cette expertise du contre-la-montre, c'est avantageux… même si ça va me faire mal aux jambes.
Quid des courses de trois semaines ? Comment analysez-vous votre Tour de France, avec une 7e place au classement général, fruit d'un objectif qui s'est dessiné progressivement ?
K. V. : J'étais arrivé sur ce Tour en me disant que j'allais viser une victoire d'étape et tenter d'être le meilleur possible en Normandie. Mis en confiance par mon Tour de Suisse, j'ai juste voulu courir à l'avant, être placé, peser sur la course. J'ai aimé cela et ça m'a amené à vouloir faire le classement général en prenant toutes les étapes comme une course d'un jour. Alors que mes équipiers et les membres du staff peuvent en témoigner, j'avais dit : "Jamais je ne ferai ça, jamais je ne serai là juste pour suivre et faire un classement général." Finalement, ça a révélé un nouveau côté de moi, mentalement. Cela a été plus que bénéfique.
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Je suis en train de construire une histoire d'amour avec le Tour de France
Cette expérience a-t-elle fait évoluer votre plan de carrière en termes d'ambition sur les Grands Tours ?
K. V. [Affirmatif] : Oui, franchement, oui. J'aurais voulu être de ce profil-là, il y a bien longtemps, mais je n'arrivais jamais à avoir la confiance pour. Cela s'est débloqué grâce à mes équipiers et au staff d'Arkéa. Ils m'ont parfois gueulé dessus quand je me disais : "Pfff, c'est bon" [Soupir de résignation]. J'ai découvert ces efforts longs, sur des cols mythiques, sur trois semaines. Je n'ai pas eu de jour sans. Je me suis découvert, plus tôt que prévu, et maintenant on a des attentes plus élevées. Si j'ai pu le faire une fois, pourquoi ne pas le réitérer ?
Cela ne peut-il pas devenir frustrant, de se battre chaque année pour un "Top 10" pendant trois semaines, sans être dans la lutte pour le podium ? Avez-vous peur de tomber dans ce "piège" ?
K. V : Oui, bien sûr. Je suis un coureur offensif. Le classement général, je vais le construire avec des attaques. Je préfère passer la ligne complètement mort en ayant essayé que de la passer en ayant juste suivi. Je le sentirai, instinctivement. Si je sens que ce n'est pas pour moi, je ne le ferai pas. Je ne cherche pas à satisfaire un public, mais plutôt à montrer mon caractère. Si je m'épanouis plus sur des courses d'un jour ou d'une semaine, c'est peut-être dans cette direction que j'irai et que je serai performant, dans le style d'un Julian Alaphilippe. Il a fait un très bon Tour de France (5e en 2019, ndlr) mais il n'a pas réitéré l'expérience parce que c'était un attaquant.
Le Giro, la Vuelta, ça vous tente ?
K. V : C'est à voir… en fonction des objectifs de l'équipe, aussi. Après, le Tour, ça restera toujours le Tour. Je suis en train de construire une histoire d'amour avec le Tour de France. C'est la course la plus connue, la plus importante. Alors, pourquoi ne pas essayer de se battre plutôt sur ce mois de juillet ?
Propos recueillis par Yannis Habachou.
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