Paris – Roubaix 2026 : Wout van Aert vainqueur au sprint devant Tadej Pogacar, le rêve d’un homme, la course d’une vie

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La boucle est bouclée pour Wout van Aert. Traumatisé par la perte de son équipier sur l’Enfer du Nord en 2018, le Belge s’est promis, pour son ami défunt, de remporter la course de ses rêves. Deux crevaisons et un Tadej Pogacar brûlant n’ont pas suffi à le faire décrocher de son songe, devenu réalité. En réglant le Slovène au sprint sur le vélodrome de Roubaix, Van Aert tient la course de sa vie.

Van Aert, un sprint de mammouth pour la gloire

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Il ne faut jamais le dire trop fort. Wout van Aert le sait bien, lui qui s’attache à ne pas brusquer l’esprit des siens, mais le plissement des commissures lorsque la question tombe ne ment pas, et en dit assez pour ce Belge, un Flamand pur jus, nourri et élevé au pavé saignant et mansardé du Ronde. Paris – Roubaix, ses tranchées bombées mâtinées d’un nuage de poussière auront toujours sa préférence. Aucune course n’occupait autant ses rêves et n’agitait des cauchemars ressassés à mesure que les jambes – ou la poisse – venaient repousser, ou l’éloigner, de ce paradis qu’il pensait envolé.
Pour réussir à dompter l’Enfer du Nord, il faut plus que des Cerbères, plus que de la chance, plus que des jambes en granit ou un matériel pelé au millimètre. Le champion doit aligner toutes les étoiles, même celles cachées derrière les satellites ou nichées hors de l’orbite. Wout van Aert (Visma – Lease a bike) n’a pas convoqué tous les auspices pour sa coupole. Deux crevaisons, presque un tarif maison pour les cadors, ont pimenté son affaire. Heureusement pour le champion d’Herentals, les cannes, tels deux bâtons de fusain limés, ont supporté toute la charge de l’histoire et l’attente d’une vie.

De l'Enfer au paradis : Un doigt levé, une promesse tenue

"Ça représente tout pour moi, lâche Wout van Aert, la mine rayonnante derrière un masque de poussière brune. C’était mon objectif depuis que je suis venu ici pour la première fois. Lorsque j’ai perdu mon équipier Michael Goolaerts il y a huit ans (ndlr : victime d’un arrêt cardiaque sur la course en 2018), j’ai toujours voulu lever le doigt vers le ciel pour lui. Cette victoire est pour lui, sa famille, le staff et mes équipiers de l’équipe à l’époque."
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Van Aert : "Cette victoire est pour Michael Goolaerts"

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Ce doigt levé, cette parole tenue résume parfaitement ce qu’est Wout van Aert. Le Belge n’est pas qu’un "perdant magnifique". Il est bien plus que ça. C’est le coéquipier, l’ami, le père qui a toujours gardé le bon masque, malgré la douleur, les chutes, et cette inlassable poisse. "J’ai été tant de fois malchanceux ici, se remémore avec émotion Van Aert après l’arrivée. Cela m’a apporté de l’expérience. Même ce dimanche, lorsque la chance n’était pas de mon côté, je pouvais continuer d’y croire. Au final, la récompense est là."
Dans mes entraînements et mes rêves, j’y ai pensé plusieurs fois
Cité en deuxième rideau derrière Tadej Pogacar et le triple vainqueur de l’épreuve Mathieu van der Poel à l’évocation des favoris, le Flamand se savait capable de se rapprocher du soleil, sans se brûler. Une, deux crevaisons, des carreaux en pagaille lancés sur le pavé par le champion du monde, rien n’a pu le faire décrocher d’une opportunité en or de refermer ce si long et douloureux chapitre.
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Les misères de Van der Poel et Pogacar, Van Aert au firmament : résumé d'un Roubaix déroutant

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"J’ai cessé d’y croire plusieurs fois mais le lendemain je me levais avec l’envie de me battre à nouveau, appuie Van Aert, la gorge serrée et le clapet desséché par l’effort dantesque. Il n’y a pas de plus belle manière que d’arriver avec le champion du monde. Battre Tadej Pogacar dans un mano a mano au sprint est très spécial pour moi. Lorsque je suis rentré dans le vélodrome, je suis resté sur mon plan. Dans mes entraînements et mes rêves, j’y ai déjà pensé plusieurs fois. Le tout était d’arriver jusqu’au vélodrome. Chaque personne qui franchit la ligne ici a sa propre histoire…"

Le sacre du déclassé qui fait l’unanimité

Après Milan-Sanremo en 2020, le shérif d’Herentals tient son deuxième Monument. Six ans après, une éternité pour ce fantastique déclassé, éjecté du bal des tout-puissants. Nul ne sait si cette victoire suffira à le replacer au centre de l’échiquier, ou si, au contraire, elle le convaincra de lâcher les armes et de contempler, d’un peu plus loin, l’immensité du chemin parcouru jusqu’à ce Graal. "Je suis fier de terminer un travail long de plusieurs années", souffle le flahute, soulagé, en conférence de presse. Rival d’une vie, Van der Poel (Alpecin-Premier Tech), comme beaucoup d’entre nous, ne pouvait que s’incliner, et féliciter l’œuvre d’un esthète chahuté par la vie.
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Van Aert résiste à Pogacar à la sortie de Mons-en-Pévèle

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Au-delà de la victoire sur le vélodrome, libération qu’importe le contexte et les adversaires, le sommet de tension partagé avec Pogacar dans le final relève la pièce-montée. Van Aert avait face à lui un monstre sacré, qu’on pensait invincible, lancé vers la quête dorée des 5 Monuments en une lampée. Le prodige slovène, les jambes ramollies, ne pouvait pas, tout aussi fort qu’il l’était, résister au désir transi de Van Aert de se faire pardonner pour l’attente. Ou plutôt est-ce l’inverse, que le pavé soulevé sera un pardon de la petite reine pour l’un de ses princes. Qu'importe l'intitulé, le vœu est enfin exaucé. 
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