Jusqu'ici, Andreas Klöden était passé entre les mailles du filet. Cette fois, l'étau semble se resserrer autour de l'Allemand, deux fois deuxième du Tour de France alors qu'il portait les couleurs de la formation T-Mobile. Selon le magazine allemand Der Spiegel, le natif de Mittweida était un des bénéficiaires du système de dopage organisé au sein des formations Telekom puis T-Mobile, dont Klöden fut un des plus brillants éléments, même s'il est souvent resté dans l'ombre de son illustre ainé, Jan Ullrich.
Dans son édition à paraitre lundi, Der Spiegel publie des extraits d'un rapport d'une commission d'enquête. Pendant deux années, celle-ci, mise en place par l'Université de Fribourg, s'est penchée sur le travail des docteurs Lothar Heinrich et Andreas Schmid. Ces deux médecins avaient été licenciés par la clinique universitaire de Fribourg en 2007 après avoir reconnu leur implication dans le dopage de l'équipe Telekom jusqu'en 1999. Après l'audition de 77 témoins, des contre-expertises réalisées sur 58.000 échantillons sanguins et la vérification de factures et autres notes de frais, cette commission a conclu que "les deux médecins ont fourni et diffusé des produits dopants aux coureurs au moins jusqu'en 2006" .
Klöden n'a pas souhaité réagir
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19/04/2009 À 10:45
Il s'agit là de l'information principale issue de ce rapport de 65 pages. Selon Der Spiegel, le rapport sera rendu public dans les prochaines semaines, après vérification du document par ses avocats. Autre révélation, dans ce document figure le nom d'Andreas Klöden qui, au contraire de son grand ami Jan Ullrich, leader de T-Mobile jusqu'à son licenciement en juillet 2006 pour son implication dans l'affaire Puerto, est encore en activité. Selon la commission d'enquête, Klöden, sous contrat se serait rendu en compagnie de ses coéquipiers Patrik Sinkewitz et Matthias Kessler après la première étape du Tour de France 2006 à Fribourg pour y recevoir des transfusions sanguines.
Rappelons que Sinkewitz et Kessler ont tous les deux été convaincus de dopage ces deux dernières années, au contraire de Klöden. Contacté par Der Spiegel, Klöden, qui porte aujourd'hui les couleurs de l'équipe Astana, n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet. Ni sur son implication ni sur le rôle des docteurs Heinrich et Schmid. Selon le rapport, ces derniers se chargeaient de l'achat des produits dopants (EPO, hormone de croissance, testostérone, corticoïde) auprès d'une pharmacie d'une bourgade de la Forêt noire où ils auraient ainsi dépensé plus de 20.000 euros en 2006. Ils faisaient parvenir aux coureurs qui se manifestaient par SMS et e-mails les produits dopants, parfois même par livraison-express. Ils supervisaient aussi les opérations de dopage dans les locaux de la clinique universitaire de Fribourg et procédaient également à des contrôles sanguins durant les périodes de course pour s'assurer que les contrôles antidopage seraient négatifs.
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