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Le cyclisme français va très bien, merci pour lui !

Le cyclisme français va très bien, merci pour lui !

Le 05/03/2020 à 18:21Mis à jour Le 06/03/2020 à 10:07

PARIS-NICE - Il y a les courses, mais pas seulement. Après des années moroses, le cyclisme retrouve une image favorable auprès du grand public, une dynamique positive pour les acteurs de terrain et un attrait croissant pour les investisseurs.

Sans les effets insidieux du coronavirus, qui bloque notamment les Cofidis et Groupama-FDJ aux Émirats arabes unis et ampute la participation à Paris-Nice, le cyclisme français afficherait une excellente santé. Sur la route, les grandes victoires reviennent et réveillent les fantasmes de juillets triomphants. Et dans le sillage des Julian Alaphilippe et autres Thibaut Pinot, têtes d’affiche attendues de Paris-Nice, c’est toute une discipline qui peut avoir le sourire.

Avec le vainqueur du Tourmalet et celui de San Remo, le cyclisme sur route s’est retrouvé deux figures de proue qui allient la popularité de Thomas Voeckler et Sylvain Chavanel aux succès de Laurent Jalabert et Richard Virenque. Sur la route, ça fait des merveilles. En dehors des courses aussi, la réussite de ces deux champions et de tous les autres se retrouve dans la séquence favorable que le cyclisme français vit après un début de siècle sombre.

Le calendrier français retrouve toute sa pertinence

Le week-end dernier, les routes drômoises et ardéchoises ont également offert un spectacle de dimension internationale, avec Vincenzo Nibali à la lutte avec quelques-uns des meilleurs coureurs français. De quoi récompenser les sponsors venus donner leurs noms à la Faune-Ardèche Classic et à la Royal Bernard Drome Classic.

Le peloton sur la troisième étape du Tour de la Provence

Le peloton sur la troisième étape du Tour de la ProvenceGetty Images

Les gros sponsors se régalent...

Investir dans le cyclisme peut être particulièrement lucratif pour une marque en quête de visibilité. En 2017 et 2018, le cabinet Occurrence estimait que les retombées médiatiques obtenues par AG2R La Mondiale grâce à son équipe cycliste étaient équivalentes à un investissement de plus de 100 millions d’euros d’achats d’espaces publicitaires. Près de la moitié de ces retombées provenaient du Tour de France, Graal sportif et médiatique pour lequel la bataille s’est intensifiée ces dernières années.

En 2020, six équipes françaises participeront au Tour, une première depuis 2008. Il y aura notamment trois équipes World Tour, après le retour de Cofidis dans l’élite du peloton au bout de dix ans de purgatoire en deuxième division. La formation nordiste, la Groupama-FDJ et AG2R La Mondiale s’appuient sur des partenaires fidèles depuis les années 1990 mais qui ont sérieusement rehaussé leurs investissements ces dernières saisons et qui ont renouvelé leur engagement dans la durée (jusqu’en 2022 pour Cofidis, 2023 pour AG2R et 2024 pour Groupama-FDJ) pour briller sur le Tour et attirer des pointures internationales comme Elia Viviani (Cofidis).

... Les plus petits trouvent également leur compte

L’échelon Continental pro déborde également d’ambitions. Avec le recrutement de Nairo Quintana, les Bretons d’Arkéa-Samsic poursuivent la montée en gamme observée depuis l’arrivée comme sponsor de la banque Arkéa, il y a un peu plus d’un an. Cette dernière se félicite d’excellents résultats financiers en 2019 et son engagement dans le vélo ne semble pas souffrir des tumultes qui agitent sa direction depuis quelques mois pour des questions de gouvernance et de rémunération de ses dirigeants.

Il y a bien longtemps que Jean-René Bernaudeau n’a pas ressorti son baton de pèlerin en quêtes de sponsors, et les performances de son équipe l’an dernier lui garantissent également une participation aux plus grandes épreuves cette année, avec le soutien d’un très grand groupe (Total) qui fait du sport un terrain d’investissement pour sa communication. Après deux premières années parfois difficiles, Jérôme Pineau a su tenir le cap de son navire breton B&B Hotels - Vital Concept pour s’offrir une première participation au Tour de France cet été. Et les Marseillais de l’équipe Delko s’associent au groupe japonais Nippo pour rejoindre ce contingent au plus vite.

À la FFC de prendre la roue

Tous ces sponsors mettent en avant l’adéquation entre les valeurs du cyclisme, sport populaire et solidaire, et celles de leur entreprise. Autant dire qu’ils se réjouissent de ne pas avoir vu de grande affaire de dopage éclater récemment dans le cyclisme, pendant que des figures crédibles émergent au premier plan. Diffuseurs TV, site et application mobile officiels, partenaires : tous ces acteurs profitent de ce terrain favorable et revendiquent des audiences en forte croissance, avec un appétit du public qu’on peut également observer sur l’antenne, le site et les réseaux sociaux d’Eurosport.