Shane Archbold, Tim Merlier, Johan Le Bon et Rudy Barbier ont un point commun. Ils font partie de la longue liste des coureurs qui ont remporté au moins une course cette saison. Au contraire de Peter Sagan. La crise sanitaire qui paralyse, entre autres, le sport mondial, relativise la teneur de cette statistique. Mais la star slovaque a tout de même accroché quatorze fois un dossard sur son dos en 2020, sans étreindre le moindre bouquet.
Ce n’est pas une première dans sa carrière et ce sont Milan - San Remo, le Ronde, Paris-Roubaix ou encore le Tour de France qui devaient permettre (et permettront peut-être) de juger son opus 2020. Mais Peter Sagan n’a plus gagné depuis le 10 juillet dernier, et ce n’est pas anodin.
Cyclisme
Ronde 2016 - Roubaix 2018, le temps des Monuments
08/05/2020 À 21:48
"Il a connu une saison compliquée parce qu’il a connu des événements compliqués dans sa vie, et à ce niveau-là, il faut la tête et les jambes", avance Philippe Mauduit, directeur sportif de la Groupama-FDJ. Sagan s’épanche rarement à ce sujet. Mais l’ampleur médiatique qu’il a prise, et dont il a joué, induit un minimum de communication quant à sa vie privée. En juillet 2018, il a ainsi annoncé sur les réseaux sociaux que sa femme et lui avaient décidé de mettre un terme à leur relation : "Nous sommes arrivés à la conclusion que nous serions beaucoup mieux si nous nous séparions en tant que couple (…) Notre objectif principal sera désormais Marlon (leur enfant, ndlr)."

113 victoires, une série de 8 ans et 7 maillots verts : la folie Sagan en stats

"Je préférerais vivre cent ans plutôt que gagner cent courses"

Quelques mois plus tard, en octobre 2018, Sagan confiait dans les colonnes de Vélo Magazine : "Regardez ma vie, tout ce que je voulais dans la vie s’est mal passé." Un état d’esprit qui risque de se refléter négativement sur tout sportif. Mais plus encore, peut-être, sur celui qui avait déclaré, un an plus tôt au Québec, un jour de centième victoire chez les professionnels : "Je préférerais vivre cent ans plutôt que gagner cent courses." Peter Sagan revendique de ne pas être obsédé par le cyclisme. A l’échelle de sa carrière, cela a sans doute été un avantage. Mais depuis peu, c’est un éventuel frein.
Il est impossible de définir le degré de corrélation entre ses récents déboires extra-sportifs et sa baisse de régime. L’étiolement de sa domination ne date d’ailleurs pas de l’été 2018 : ses statistiques sont en baisse depuis 2016, son année la plus faste en termes de succès majeurs. Mais Sagan donne parfois l’impression de traîner sa peine sur son vélo. Alors qu’il transpirait la joie quand il a éclos.

Stats de Sagan depuis l’année de son premier titre mondial :

2015 2016 2017 2018 2019 2020
Jours de course : 80 73 61 82 71 14
Victoires : 10 14 12 8 4 0
Dont courses d’un jour* : 1 5 3 2 - X
Dont Monuments : - 1 - 1 - X
Dont titres mondiaux : 1 1 1 - - X
Maillots verts du Tour : OUI OUI NON (exclu) OUI OUI X
*Hors championnat national
L’arrivée de Peter Sagan dans l’univers de la Petite Reine avait eu l’effet d’un vent de fraîcheur qui tranche avec le ras-le-bol dont il a fait part, en décembre 2018, au magazine néerlandais Fiets. "Ce n’est plus comme il y a quinze ans, avec Mario Cipollinipar exemple (…) Avant, il y avait comme un capitaine, déplorait-il alors. Je pense que le respect a disparu dans le peloton. Chacun ne pense qu’à soi. Un manque de respect qui empire chaque année." Un constat amer qu’il avait accompagné d’un mauvais augure quant à la longueur de sa carrière, alors qu’il allait seulement fêter ses 29 ans : "Je suis heureux qu’il ne me reste que quelques années, je ne me vois pas passer encore quinze ans dans le monde du cyclisme."
Qu’en pense-t-il un an et demi plus tard ? Nous l’avons questionné sur son avenir, en marge de la promotion du documentaire Sagan & Co. : Band of Brothers, qui sera diffusé sur les antennes d’Eurosport. Et il semble moins pressé de ranger son vélo… mais toujours sceptique sur sa capacité à faire de vieux os dans son sport, quand on lui suggère qu’il pourrait y tenir un rôle différent. "Je ne pense pas encore mettre un terme à ma carrière, commence-t-il ainsi par répondre. D’après ce que je vois, il me sera difficile de devenir directeur sportif, parce que vous devez rester assis dans une voiture, tous les jours, pendant 5, 6, 7 heures, tout planifier, tout organiser (…) je ne suis pas sûr que ce soit un bon boulot pour moi."
Peter Sagan n’a qu’une certitude sur le futur : il veut "profiter de moments différentsavec (son) fils." Une priorité susceptible de devenir prégnante à tout moment. Philippe Mauduit "pense qu’il peut partir brutalement, en surprenant son monde. Il peut dire : ‘j’en ai marre, ciao.’" L’ancien directeur sportif de Tinkoff-Saxo a "raté" la star slovaque en partant voguer sous d’autres cieux fin 2014 alors que "Peto" avait signé pour la saison 2015. Il nous précise qu’il ne voit Sagan que "de l’extérieur", mais son point de vue n’est pas marginal. "Il n’y aura rien de surprenant à entendre Sagan dire : ‘J’ai fait le tour de la question’, résume notre consultant Jacky Durand. Ce ne sera pas le coureur qui ira coûte que coûte jusqu’au bout."

Peter Sagan remporte la 4e étape du Tour de Californie 2015... sur une roue

Crédit: Getty Images

L’anomalie Milan - San Remo

Qu’est-ce qui pourrait bien pousser Sagan à prolonger le plaisir, alors que son contrat avec la formation Bora-Hansgrohe – dont il a contribué au changement de dimension dès son arrivée en 2017 – court jusqu’à la fin de la saison 2021 ? Le fait de ne pas avoir glané toutes les grandes courses qui relèvent de son registre, notamment. "Si Sagan avait tout gagné, il n’aurait peut-être pas envie de continuer, estime Cédric Vasseur. Avoir des courses à inscrire à son palmarès, cela peut le pousser à faire une ou deux saisons de plus."
"Il fait du vélo parce qu’il aime ça (…) mais au bout d’un moment, on voit les sacrifices que cela demande, il faut la petite carotte pour aller plus loin, argumente le manager de Cofidis. Qui sait si Milan - San Remo ne peut pas être cette petite carotte ?" C’est en tout cas la plus évidente des cases qu’il reste à cocher à Peter Sagan.
Nous y voilà. La fameuse Primavera. Sagan la tutoie depuis si longtemps. Il l’a achevée à la 17e place en 2011, à l’occasion de sa première participation. Il n’a jamais fait moins bien depuis. Mais il ne l’a, donc, jamais conquise. "Il a un sacré nombre de Top 5 (cinq, ndlr) sur cette course, abonde Nicolas Fritsch, qui a quitté les pelotons en 2008, peu avant que le phénomène Sagan ne débarque en leur sein. Il peut attaquer dans le Poggio – comme il l’a déjà fait –, et en plus il descend comme un dingue ! Puis il y a le sprint qui peut lui convenir. Finalement, quand tu as trop d’options…"

Avec "seulement" deux Monuments, Sagan peut-il être considéré comme la référence des années 2010 ?

Sagan doit jongler avec toutes les flèches dont son arc dispose. Mais il fait face à un autre problème : des rivaux qui sont à peine moins à l’aise que lui quand la route s’élève, et encore plus rapides dans les derniers hectomètres, peuvent lui griller la politesse. Depuis quelques années, le modèle "sprinteur qui ne passe pas un pont" tend en effet à se raréfier. "Il y a de plus en plus de coureurs qui ont un peu le profil de Peter Sagan, expose David Moncoutié, qui a côtoyé le Slovaque en tant qu’adversaire. Maintenant, on met toujours une petite difficulté dans le final des courses, pour qu’il y ait un peu de suspense. Les sprinteurs essaient de perdre le kilo qui leur permettra de la passer, tout en gardant leur puissance."
Je préfère peut-être perdre une course fantastique qu’en remporter une ennuyante. Peut-être. Je l’ignore. Mais une chose est sûre, c’était vraiment une course fantastique
Ajoutez à cela le fait qu’il a souvent érigé en objectif n°1 de sa première moitié de saison l’enchaînement Ronde-Roubaix, et vous obtenez le paradoxe suivant : Peter Sagan est l’archétype d’un vainqueur de Milan - San Remo… sans en être un. Enfin, il est devenu cet archétype. Dans son autobiographie Mon monde (Talent Sport, 2019), dont la date de publication originale remonte au 4 octobre 2018, le fantasque slovaque considère ainsi qu’on lui a collé l’étiquette de lauréat potentiel de la Classicissima un peu vite. Au début de sa carrière, la longueur de l’épreuve (plus de 290 km) représentait selon lui un écueil fatal à ses ambitions.
Cependant, un petit coup de pouce du destin a failli faire du premier Monument de l’année sa première grande victoire. En 2013, c’est sur 245 kilomètres que 200 courageux se sont livré un combat homérique, dans le froid et sous la pluie. Des conditions difficiles à appréhender, mais pour tout le monde. Alors que lutter face à des coureurs plus aguerris aux joutes de sept heures quand on n’a pas encore la caisse pour le faire est quasiment impossible. Un avantage relatif, donc, pour Sagan. Mais il a buté sur un Gerald Ciolek dont c’était le jour de gloire.
Quatre ans plus tard, il a l’étoffe d’un gagnant d’une classique de près de 300 bornes. Il attaque, assis, dans le Poggio, puis s’incline à l’issue d’un sprint à trois mythique disputé face à Michal Kwiatkowski (sacré) et Julian Alaphilippe (3e). "Je préfère peut-être perdre une course fantastique qu’en remporter une ennuyante. Peut-être. Je l’ignore. Mais une chose est sûre, c’était vraiment une course fantastique", écrira Sagan dans son ouvrage. Mais que ce soit à l’issue d’un spectacle sensationnel ou d’un épilogue des plus rébarbatifs, il faudra bien un jour que "Peto" rejoigne San Remo en vainqueur s’il veut qu’aucune anomalie ne figure à son panthéon.

Peter Sagan en tête dans la descente du Poggio, devant Julian Alaphilippe et Michal Kwiatkowski

Crédit: Panoramic

Un fantasme récurrent

Le fait de ne pas compter Milan - San Remo à son tableau de chasse – tout comme, dans une moindre mesure, celui de ne jamais avoir participé au Giro (ce qu’il devait faire cette année) – exonère donc encore Sagan d’une problématique qui a tiraillé de nombreux grands champions. Celle du renouvellement des objectifs. En toile de fond de cet enjeu, subsistent chez lui des interrogations relatives à son extrême polyvalence.
Peter Sagan a explosé aux yeux des suiveurs du cyclisme dans la roue de Luis Léon Sanchez et Alejandro Valverde, lors du Tour Down Under 2010. Puis quelques semaines plus tard en faisant preuve de plus de punch, notamment, que Joaquim Rodriguez et Alberto Contador, dans le final d’une étape de Paris-Nice. Le tout avant d’épingler méthodiquement des grands noms du sprint, dès la saison suivante (Alessandro Petacchi, Matthew Goss etc.). Comment dans ce contexte ne pas fantasmer sur l’étendue de son potentiel ?
Il l’évoque d’ailleurs dans son livre : "La question que l’on m’a le plus souvent posée dans ma carrière ? (…) Ce doit être : ‘Êtes-vous un sprinteur ?’" Et selon lui, "la réponse est non" : "Je suis un coureur complet, capable de sprinter, de grimper et de faire un contre-la-montre. C’est juste que le sprint me vient plus naturellement." Un naturel que Sagan n’a jamais pris le risque de chasser.

Peter Sagan, Egan Bernal et Romain Bardet, sur le podium à l'arrivée du Tour de France 2019

Crédit: Getty Images

Le prix à payer

"Pourquoi vouloir changer la nature ? Je suis ce que je suis (…) Si quelque chose n’est pas cassé, pourquoi essayer de le réparer ?", interroge ainsi Peter Sagan, qui expose sa théorie des vases communicants : "Je suis persuadé qu’en opérant un changement important pour améliorer une facette de votre performance, vous devrez en payer le prix dans un autre domaine." Nicolas Fritsch va dans son sens : "On parle de Geraint Thomas comme d'un pistard qui gagne le Tour, mais le champion olympique de 2008 (et 2012, en poursuite par équipes, ndlr), il ne gagne pas le Tour. Et le vainqueur du Tour de France 2018, il ne gagne pas les JO sur piste."
Mais l’exemple de Geraint Thomas démontre aussi à quel point changer de champ d’action peut se faire glorieusement. Peter Sagan, sûr qu’il aurait alors dû faire – au moins provisoirement – une croix sur certaines épreuves, aurait pu se tourner vers les courses par étapes. Il en a d’ailleurs gagné trois (Tours de Sardaigne et de Pologne en 2011, de Californie en 2015). De là à concourir pour remporter un Grand Tour, s’il avait souhaité donner cette trajectoire à sa carrière ?
Guillaume di Grazia, voix du cyclisme sur nos antennes, n’y croit pas, et ce pour des raisons autres que physiologiques. Lui aussi met en avant l’argument de la nature : "Sagan, on sait qu’il ne gagnera jamais de Grand Tour. Il aurait peut-être pu, en s’entraînant différemment. Mais il se serait fait chier. Julian [Alaphilippe], ce sera peut-être son problème aussi… Tu ne peux pas courir contre-nature. Pas pendant trois semaines."
D’autant plus qu’un Tour, un Giro ou une Vuelta, ne se remportent pas seulement sur la route, mais aussi sur la gestion des temps de récupération entre les étapes. "Si tu veux gagner un Grand Tour, tu ne passes pas dix minutes à faire le show avec les spectateurs, poursuit Guillaume di Grazia. Si tu enlèves ce temps de communion à Sagan et Alaphilippe, est-ce qu’ils restent les mêmes coureurs, épanouis dans leur tête et leur métier ? Je n’en suis pas sûr."

Julian Alaphilippe et Peter Sagan en discussion, en marge du Tour de San Juan, en début d'année 2020

Crédit: Getty Images

Fritsch : "Si Bolt s’était mis au 400, je ne vois pas comment il aurait pu être battu..."

Viser le Tour de Lombardie et Liège-Bastogne-Liège était, voire est encore, une évolution plus raisonnable pour Sagan. Même à son poids de forme, qui varie entre 78 et 79 kilogrammes, le trublion slovaque a émaillé son parcours de performances laissant entendre qu’il puisse un jour convoiter ces Monuments. De sa 3e place sur l’Amstel Gold Race en 2012, à sa 12e place sur la Flèche wallonne l’année suivante, en passant par une victoire sensationnelle lors de Tirreno-Adriatico en 2017. "Il gagne au sommet d’une bosse. Je crois que Thibaut Pinot fait 2, se remémore Fritsch, bluffé par l’identité des hommes du groupe de tête (Nairo Quintana, Rigoberto Uran, Tom Dumoulin, Geraint Thomas, Primoz Roglic etc. outre Pinot) : "Et puis tu as lui (Sagan), au milieu, qui va tous les cogner !"
Notre consultant rappelle que Sagan a envisagé de briller sur Liège-Bastogne-Liège en 2019. Sans que la démarche ne soit couronnée de succès, ni même aboutie (abandon sur l’Amstel et la Flèche, avant de déclarer forfait pour la Doyenne). Il pense que le temps des expériences est passé : "Avec lui, on ne sait pas… il a ce côté mystérieux. Mais cela me paraît difficile de bifurquer vers la perte de poids (…) Physiquement, c’est plus facile de perdre du poids quand tu es lourd que de prendre de la puissance quand tu es léger. Mais mentalement, les efforts à faire pour se transformer pour aller chercher un hypothétique Liège ou Lombardie…" Et d’ajouter que pour opérer une transformation efficace, "il faut au moins deux ans."
Peter Sagan qui ne succombe pas à la tentation des classiques ardennaises, c’est un peu comme Usain Bolt qui ne fait pas le pari du 400 mètres ? "La comparaison n’est pas mauvaise", estime Fritsch. "Si Bolt s’était mis au 400, je ne vois pas comment il aurait pu être battumais il aurait fallu qu’il change de filière", modère-t-il, avant de faire un clin d’œil involontaire aux propos de Sagan : "Après tout, pourquoi faire ? (…) Iln’a qu’un Paris-Roubaix, un Tour des Flandres. Je pense qu’il aimerait en 'reclaquer' un autre. Au moins un des deux."

Peter Sagan, roi de Roubaix.

Crédit: Getty Images

Cela peut surprendre à l’aune de son pedigree, mais la star du peloton a encore plusieurs buts à se fixer. Même en mettant de côté San Remo et Liège, les deux principaux ici mis en exergue. Gagner le classement par points de la Vuelta ? Prendre part à un Giro dans le but d’intégrer le club des vainqueurs d’étapes sur les trois Grands Tours ? Montrer que sa forme du Tour de Suisse peut être aussi productive sur le Critérium du Dauphiné ? S’il veut s’assurer de ne pas être miné par sa routinière polarisation "campagne de classiques/maillot verts du Tour/Mondiaux", Sagan a le choix. Il peut aussi se tourner vers les anneaux olympiques.
Greg [Van Avermaet] était champion olympique depuis deux semaines et je ne l’avais pas appelé pour le féliciter. Il devait vraiment penser que j’étais un sale connard
En 2016 à Rio, Peter Sagan a vécu "une histoire très sympa et intéressante", nous raconte-t-il, alors qu’il avait terminé 35e en VTT, après de nombreux problèmes mécaniques qu’il s’impute en partie. "C’est très difficile de se préparer au VTT en un mois, souligne l'ancien spécialiste. Les crevaisons ne sont pas une question de chance. C’est une question de talent. Les bons coureurs savent les éviter et je n’ai pas été assez bon." Le tout quelques jours après la victoire de Greg Van Avermaet sur une course en ligne sur route dont le dénivelé avait semblé un peu trop important aux yeux de Sagan. Des regrets ? Très peu pour lui, comme il l’exprime dans son autobiographie : "Cela ne m’ennuyait pas le moins du monde."
"J’étais tellement concentré sur ma petite personne que je n’avais pas songé un instant à la course sur route, relate Sagan. Ce qui m’ennuyait c’était que Greg [Van Avermaet] était champion olympique depuis deux semaines et que je ne l’avais pas appelé pour le féliciter. Il devait vraiment penser que j’étais un sale connard." Une potentielle occasion ratée prise avec philosophie, donc. Mais qui s’ajoute à celle de 2012 (34e sur route) et est peut-être la pénultième opportunité olympique de Sagan. Nous lui avons demandé ce qu’il projetait pour Tokyo, et les JO reportés de 2020 à 2021 : "Les Jeux olympiques ne sont pas une plaisanterie et vous devez vous assurer que vous avez le temps de les préparer. Il faut voir… j’ai encore le temps de me décider." Et de nous prendre à contre-pied.
Peter Sagan, 30 ans, a passé sa carrière à nous surprendre. Il pourrait le faire en partant sur un coup de tête, comme l’a susurré Philippe Mauduit. Mais aussi, paradoxalement, en restant plus longtemps dans les pelotons que ce que suggèrent nombre de ses déclarations. Et si la clef de son avenir résidait dans ce précepte, qu’il nous a confié ? "Je pourrais peut-être gagner plus, mais je veux gagner avec un certain style. Mon style." Un jour, Sagan ne se sentira sans doute plus capable de gagner et de le faire à sa manière. Ce jour pourrait marquer le crépuscule de sa carrière.

Peter Sagan dans ses oeuvres à l'entraînement à Rio, en vue de la course de VTT des Jeux olympiques 2016

Crédit: Getty Images

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