Lenny Martinez sur son transfert chez Bahrain-Victorious : "J'arrive avec une petite étiquette de leader"

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Pour sa première interview comme coureur de Bahrain-Victorious, Lenny Martinez a choisi Eurosport. La promesse française évoque le bilan de sa saison passée, commencée sur les chapeaux de roue, mais se projette surtout vers l'avenir avec sa nouvelle équipe. De ses ambitions à long terme sur le Tour à son départ de Groupama-FDJ, il évoque tous les dossiers d'une année 2025 alléchante.

Martinez sur son choix de signer chez Bahrain : "Il y a aussi un très gros pôle montagne"

Video credit: Eurosport

Par Louis-Pierre Frileux
Comment vous qualifieriez l'année 2024 vous concernant ? Et, surtout, comment abordez-vous cette nouvelle année ?
Lenny Martinez : 2024, ça a été une très belle année quand même. J'ai démarré fort la saison. La fin de saison a été un peu moins fructueuse, mais dans l'ensemble, c'était une très bonne saison. Il y a eu quand même beaucoup de victoires. Je suis vraiment content de ce que j'ai réalisé. Je ne pensais pas faire autant au début d'année. En 2025, le but, ça va être surtout de progresser, parce que c'est important quand on est jeune comme moi. Après ça, on va essayer de gagner des courses, essayer de faire mieux encore sur le classement général sur les courses d'une semaine par exemple. Sur les Grands Tours, je ne sais pas encore pour l'instant. On verra un peu plus tard.
Quelle serait une année 2025 réussie pour vous ?
L.M : Avoir bien progressé, puis lever les bras.
Comment s'est passée votre adaptation chez Bahrain Victorious ? Quelles ont été vos premières impressions ?
L.M :  J'ai été très très bien accueilli. Je suis très content d'être dans cette équipe. Au début, c'est sûr que ce n'était pas facile car tout est en anglais. Même si je parle un peu anglais, il faut un petit temps d'adaptation. Au fil des jours, ça commence à aller. Quand on fait un stage avec l'équipe de deux semaines, on parle déjà mieux anglais à la fin. Donc, ça va, c'est cool.
Votre choix a surpris beaucoup de monde. Vous avez été contacté par beaucoup d'équipes françaises ou étrangères. Pourquoi avoir choisi cette formation, Bahrain Victorious ?
L.M : Le premier point, déjà, c'est que j'avais envie de changer. Je savais que, dans ma carrière, j'avais envie de partir à l'étranger. Mais je ne savais pas encore quand. Là, j'ai eu une opportunité avec Bahrain. Franchement, il y a beaucoup de choses qui sont bien. Il y a un très gros pôle 'montagne'. Il y a aussi plusieurs coureurs de classement généraux avec, par exemple, Antonio Tiberi, qui fait cinquième du Giro quand même. Santiago Buitrago aussi, qui fait top 10 sur le Tour il me semble. Donc, on va essayer de faire de mieux en mieux et d'élever l'équipe. Nous ne sommes pas les seuls leaders mais ils sont jeunes donc c'est cool.
Vous arrivez quand même avec cette étiquette de leader. Est-ce quelque chose qui vous plaît, qui vous fait peur ? Comment appréhendez-vous tout ça ?
L.M : Oui, c'est sûr, j'arrive avec une petite étiquette de leader. Mais je vais simplement m'entraîner comme j'ai l'habitude de le faire, donner le meilleur de moi-même sur les courses, à l'entraînement. Et après, si ça marche, ça marchera. Si ça ne marche pas, tant pis. Je donne toujours le meilleur de moi-même et après on voit.
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Lenny Martinez (Groupama-FDJ)

Crédit: Getty Images

Milan Erzen, le patron de l'équipe, a dit qu'il rêvait de faire podium sur le Tour avec un coureur français. Ça met un peu de pression ou pas ?
L.M : Non, pas forcément. Moi aussi, j'en rêve. Mais, pour l'instant, c'est encore assez loin comme objectif. Il faut déjà passer pas mal d'étapes avant de viser le podium. Si un jour j'arrive à faire podium sur le Tour, ce serait vraiment cool. Mais on va essayer d'aller step by step. J'ai beaucoup d'années de vélo devant moi, on va voir jusqu'où je peux monter.
Justement, vous avez dit vouloir vous donner les moyens de rivaliser avec un Pogacar notamment. Comment s'y prendre ?
L.M : Premièrement, en faisant plus d'altitude. Bien sûr, j'ai fait des stages d'altitude avec mon ancienne équipe. Mais je pense que je vais en faire plus maintenant. On voit désormais qu'il y a beaucoup d'équipes qui sont presque tout le temps en altitude. Ça passe par pas mal de choses comme ça. Ensuite, j'ai aussi changé d'entraîneur. Je pense que le stimulus au niveau du corps est différent. Même si je n'ai fait que 2-3 ans chez FDJ, on change tout. Je pense que ça peut permettre au corps aussi d'encore progresser.
En parlant d'entraînement… Dans une interview au Monde, vous aviez expliqué ne pas être quelqu'un qui s'entraînait beaucoup, que votre corps avait besoin de couper régulièrement.
L.M : Oui, c'est ça qui est un peu fou. Je ne m'entraîne pas beaucoup. Forcément, je m'entraîne un peu quand même mais beaucoup moins que certaines personnes. J'ai besoin de faire beaucoup de coupures dans la saison. L'an dernier, j'ai fait beaucoup de coupures d'une semaine. Je pense que pour des coureurs lambda, c'est beaucoup. Mais mon corps est comme ça. Au contraire, je vois ça comme une bonne chose. Je suis encore jeune et je ne supporte peut-être pas encore les grosses charges d'entraînement. Année par année, on va y arriver. Mais ça prend du temps.
L'an passé, on vous a finalement fait faire le Tour de France. Avec le recul, on peut se dire que ce n'était pas forcément une bonne idée. Comment jugez-vous ça ?
L.M : Avec du recul, je n'avais peut-être pas l'expérience qu'il fallait pour sentir que la fatigue commençait à arriver. C'est compliqué à savoir. Pendant le Tour de Suisse, j'étais déjà un petit peu moyen. J'aurais peut-être dû me dire que c'était un peu bizarre. Mais il y a des jours où j'étais très bien aussi sur cette course. Le corps, c'est un peu étrange, c'est toujours un peu dur de savoir. Mais je suis quand même très content d'avoir fait le Tour. C'est une superbe expérience que j'ai faite l'année dernière.
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Martinez : "Je suis quand même très content d'avoir fait le Tour"

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Vous démarrez une nouvelle étape dans votre carrière. Avez-vous un plan pour celle-ci ? Des cases à votre palmarès que vous souhaitez cocher ?
L.M : Pour commencer, quelque chose qui est un peu plus atteignable, c'est de remporter une victoire d'étape sur un Grand Tour par exemple. Ça, ça serait quelque chose de très sympa. Après, à terme, je pense que ce sera le Tour. Il faudra voir d'ici deux ou trois ans si on y va pour le classement général ou pour les étapes. On verra d'ici là. Mais, sinon, plus simplement, juste gagner des courses.
Vous avez une échéance déjà pour le Tour de France ?
L.M : Je ne sais pas. J'avoue, cette année, je ne sais pas encore. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à terme : oui. J'ai signé trois ans avec l'équipe. A terme, on veut aller sur le Tour avec un coureur français aussi.
Vous aviez expliqué vouloir faire un gros hiver sur et en dehors du vélo. Qu'allez-vous changer ?
L.M : Déjà, sur le vélo, c'est un nouvel entraîneur. Donc, ce sont des méthodes d'entraînement différentes. Ensuite, dans l'équipe, on a un nouveau coach de préparation physique en gym, en salle de sport. Donc, ça aussi, ça va être différent. J'ai de la course à pied un peu, comme l'an dernier. On va aussi retourner en stage en janvier, ça avait bien marché l'année dernière.
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Vous accordez beaucoup plus d'importance aux stages en altitude ?
L.M : Oui, à chaque fois que j'y suis allé, j'ai bien marché par la suite. Puis même en général, dès que je fais des stages, souvent, je ressors bien. Donc, je pense que c'est important quand même.
Pouvez-vous déjà nous dire votre première course sous vos nouvelles couleurs ?
L.M : Je ne sais pas si j'ai le droit de le dire, non [rires].
Mais avez-vous déjà des ambitions chiffrées pour cette année ou c'est une saison de découverte ?
L.M : Non, j'ai déjà envie de gagner quand même et envie de faire de très bons résultats. Je ne pense pas qu'il y ait une année de transition à faire. Moi, je suis déjà chaud pour faire des résultats. Cela dit, il va falloir juste un petit temps d'adaptation avec les équipiers, vu qu'il y a toute l'équipe qui change. Donc, voir un peu comment tout le monde travaille et trouver les bonnes personnes aussi pour nous aider dans les courses.
Il y a un besoin de prouver supérieur à ce que vous avez connu à la Groupama-FDJ ?
L.M : Non, je sais qu'il faut assumer et faire de bons résultats, ça c'est normal. Mais après, comme je disais, je fais juste le max et puis si ça ne marche pas, j'aurais essayé. Après, je laisse juste le destin se faire.
Si d'aventure le Tour était à votre programme dès cette année, vous vous fixeriez quel objectif ? Étant donné votre Vuelta 2023, vous sentez vous déjà capable de rivaliser pour le général ?
L.M : Ça dépend. Si jamais c'est à mon programme, ça sera soit général, soit victoires d'étapes. Il faudra aussi voir la forme dans laquelle je serai. Si j'ai vraiment une forme de fou, pourquoi ne pas essayer ? Après, quand on parle de général, déjà top 10 c'est très beau comme objectif. Gagner une étape, c'est déjà plus atteignable que de faire un top 5 au général, parce qu'il y a vraiment du gros niveau.
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