Liège-Bastogne-Liège 2026 - "Cette 3e place est un beau résultat" : Remco Evenepoel, l’abdication assumée
Mis à jour 27/04/2026 à 13:55 GMT+2
Cité parmi les favoris de ce Liège-Bastogne-Liège, Remco Evenepoel n’en a jamais eu l’allure, ni même l’ambition sur cette 112e édition. Présent dans l’échappée matinale puis incapable de suivre l’attaque de Tadej Pogacar, le Belge de la Red Bull-Bora Hansgrohe aura tout de même décroché le podium, qui semblait clairement être son objectif. Une abdication assumée face à la domination du Slovène.
Evenepoel : "Ça allait trop vite pour moi"
Video credit: Eurosport
On a tellement eu l’habitude de ne jamais le voir renoncer, encore plus sur les courses d’un jour, que ce Liège-Bastogne-Liège 2026 pourrait bien marquer un tournant dans la carrière de Remco Evenepoel. Pour la première fois, peut-être, depuis le début de ses affrontements avec Tadej Pogacar, le Belge n’a jamais semblé courir pour gagner. Lui qui, jusqu’ici, s’est toujours jeté dans la bataille avec la victoire pour seule boussole, quitte, ces derniers temps, à s’aveugler face à la domination du Slovène, a évolué ce dimanche à contre-courant de sa nature. Et cela, dès les premiers kilomètres.
L’échappée n’a-t-elle réellement pas eu d’impact ?
On s’est un temps demandé si sa présence dans la grosse échappée d’une cinquantaine de coureurs sortie dès les premiers kilomètres étaient l’occasion pour Evenepoel de prendre un coup d’avance sur Pogacar et Seixas. Parce qu’il n’avait pas eu à faire le moindre effort, ni pour s’y glisser, ni pour que l’échappée ne prenne 4’ d’avance. "Ce n’était certainement pas intentionnel, explique-t-il à la caméra de Sporza. Le peloton s’est scindé et soudain, nous étions 40 à 50 à nous échapper. C’était une surprise pour moi aussi. Au final, je n’ai pas gaspillé trop d’énergie". Sauf qu’il n’y a jamais eu d’entente et que l’échappée n’a même pas entamé la côte de Wanne en tête.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/04/26/image-d46ffd62-60c1-40e5-bf3e-37d415568385-85-2560-1440.jpeg)
L'image de la course : Seixas résiste à Pogacar dans la Redoute
Video credit: Eurosport
"C’était une situation étrange également pour les autres coureurs du groupe de tête, car ils savaient qu’avec moi, leurs chances étaient minimes, poursuit-il. Mais cela n’a pas changé mon résultat". Pour autant, était-il vraiment logique, pour l’un des trois favoris, de se glisser dans une échappée dès le départ, qui plus est avec un seul équipier ? Difficile d’en être convaincu, et c’est également l’avis de son directeur sportif, Klaas Lodewyck. "Nous aurions peut-être pu jouer la victoire si nous n'avions pas été dans cette grande échappée", estimait-il pour l’Het Nieuwsblad. Et surtout, difficile de ne pas y voir un lien avec sa défaillance dans la côte de la Redoute. C’est là que tout se joue à Liège-Bastogne-Liège, là où il avait bâti ses triomphes en 2022 et 2023, là où l’on savait que Tadej Pogacar allait porter son attaque. Et Evenepoel n’y a tout simplement pas existé.
La Redoute, symbole d’une abdication
"J’étais en bonne position, mais j'ai tout de suite senti que je ne pourrais pas jouer un rôle significatif dans une attaque, raconte le Belge, qui ne s’est pas cherché d’excuse pour autant. Les jambes étaient un peu lourdes". Et le doute a duré aussi peu sur la route que dans la tête du leader de la RedBull-Bora-Hansgrohe. Dès le pied de la côte de la Redoute, avant même le démarrage de Tadej Pogacar, on avait senti que Remco Evenepoel ne suivrait pas. Il y a chez le Belge cette attitude très facile à déceler lorsqu’il ne cherchera même pas à suivre. Et dans la Redoute, le champion olympique ne s’est jamais levé de sa selle.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/04/26/image-09e12455-d75a-46c6-93f9-c81df54921d2-85-2560-1440.jpeg)
Seixas : "Je voyais flou dans la Redoute"
Video credit: Eurosport
Il ne s’est jamais déhanché dans la montée, comme si la lutte pour la victoire entre Tadej Pogacar et Paul Seixas ne le concernait pas le moins du monde. "Ils sont allés très vite dès le pied de la Redoute, c’était trop rapide pour moi, avouait le Belge. J'ai tout de suite senti que je ne pourrais pas jouer un rôle significatif dans une attaque. Mais je suis resté calme, car j’avais confiance pour terminer sur le podium". Comme si le podium était l’objectif du jour du champion olympique. Comme si c’était normal de se contenter de ça.
Je dois être content de cette 3e place
Quand la course s’est emballée, c’est lui qui a abdiqué, sans se battre. Une attitude qu’on ne lui avait encore jamais connue. Pas plus que cette forme d’autosatisfaction. "C’était compliqué, mais cette 3e place est encore un beau résultat, admet-il. Je dois être content. C’est un bilan positif". Pour le commun des mortels, sans doute. Mais pour Remco Evenepoel, ce podium a plutôt les saveurs de l’amertume. S’en contenter, dès lors, ressemble moins à de la lucidité qu’à un renoncement inattendu. Comme si le Belge avait sonné lui-même le glas de ses rêves de lutter à armes égales avec Pogacar. Ou même avec Seixas. Et cette défaite-là fait plus mal qu’une simple 3e place.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/04/26/image-f80abe78-8294-45ec-9270-8ba88a079a1a-85-2560-1440.jpeg)
Cosnefroy : "Ça peut paraître fou, mais on n'a jamais stressé"
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité