Liège-Bastogne-Liège – Deuxième derrière Tadej Pogacar, Paul Seixas a encore impressionné en étant le seul à résister au Slovène dans la Redoute

Eurosport sur Google

Juge de paix des deux dernières éditions, la Côte de la Redoute a donné lieu à un affrontement irréel entre Tadej Pogacar et Paul Seixas. Le Français a résisté jusqu’au sommet, pliant finalement à 600 mètres du haut de la Roche-aux-faucons. Le Lyonnais, deuxième à Liège, a été une nouvelle fois à la hauteur de l’événement. Avec Seixas, l’effarement est permanent.

Seixas : "Je voyais flou dans la Redoute"

Video credit: Eurosport

Avec Paul Seixas, le plafond ressemble à une fine pellicule qu’un simple souffle ardent suffit à transpercer. Le gamin fonctionne comme une centrifugeuse, croque, mixe et ingère les courses à une vitesse de plus en plus folle. On l’attendait comme l’un des trois favoris de Liège-Bastogne-Liège, on l’espérait capable de repousser le coup de boutoir du bourreau Tadej Pogacar. Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) a accepté le combat et brillamment tenu le choc. La deuxième place décrochée derrière le Slovène vaut son pesant d’or : une promesse tenue. Parce que duel il y a eu, que l’espoir a (un peu) vécu.
Cela fait deux ans et quelques mois qu’on attend, sur les parcours mansardés, un survivant, même éphémère. L’équivalent d’un Mathieu Van der Poel, dernière kryptonite du Slovène sur la Classicissima de Sanremo et l’Enfer du Nord (en 2025). Mieux placé que l’an passé, double vainqueur dans son jardin ardennais, Remco Evenepoel soulevait quelques espoirs. Mais le Brabançon (Red Bull-BORA-hansgrohe) a encore déçu, ou bien confirmé qu’il est bel et bien déchu.

Lui a tenu quand tous les autres ont disparu

Une place est donc libre chez les "fantastiques" et Paul Seixas n’est pas du genre à attendre sagement son tour. Ce qu’il veut, le Lyonnais s’en empare sans permission ni componction. À 19 ans, le cuir est déjà tanné et chaudement doublé. Alors que Tadej Pogacar (UAE Emirates - XRG) a laissé filtrer un soupçon d’agacement lors du coup parti à cinquante en début de journée, le Français n’a pas sué davantage. "C’était plutôt à notre avantage, plaidait même Seixas au sujet du départ musclé. Je préfère, ça fait le tri assez vite. Ça nous a permis de moins frotter avant les placements et d’être plus serein pour la suite."
picture

L'image de la course : Seixas résiste à Pogacar dans la Redoute

Video credit: Eurosport

À croire qu'aucun événement n’est trop grand pour lui. Sûr de ses jambes et de ses hommes, le prodige tricolore déboule au pied de la Redoute, juge de paix officieux de la Doyenne lorsque Tadej Pogacar rôde, tel l’ombre des souliers du Cannibale de Klanec. Sous un soleil éclatant, "Pogi" a mouliné, selle en mouvement, larguant toute la plèbe sur son chemin de lumière. L’astre, comme d’habitude, a aveuglé son monde, excepté une silhouette malingre.
Vraiment, je voyais flou
La gestuelle hachée, habillé d’un sourire de souffrance, Paul Seixas a retenté le coup des Strade et remis la main dans le feu. Cette fois, le Niçois d’adoption a tenu. Pogacar, aussi glabre qu’inexpressif, n’a pourtant pas lambiné. Le paletot irisé s’est démené mais Seixas a encaissé, et basculé avec le double tenant de l’épreuve. "J’étais déjà à la rupture en haut de la Redoute, souffle le Français au micro de l’organisation après la course. J’ai été super bien placé toute la journée par mon équipe. La preuve, au pied de la Redoute, j’étais dans la roue de Tadej et c’est ce qui me permet de m’accrocher jusqu’en haut. Vraiment, je voyais flou."
picture

Et Seixas a fini par craquer : Pogacar s'envole vers la victoire

Video credit: Eurosport

Le souffle décati, Seixas n’a pas baissé la tête pour autant. Son guidon replacé à hauteur du pédalier du Slovène au sommet de la Redoute dit autant de son tempérament de champion que de sa forme irradiante. Les observateurs et les chiffres sont clairs - une ascension record, plus rapide de 13 secondes que celle de Pogacar en 2025 -, ce qu’a montré Seixas vaut très cher. S’il n’a pas gagné sur la ligne, Seixas y a trouvé un petit butin, le respect et une place de choix dans l'esprit de Pogacar.

L'accueil de "Pogi" et la promesse de toutes les folies

Le glouton de Klanec l’a bien pris au sérieux. Dès le pied de la Roche-aux-faucons, le Slovène a jeté toutes ses dernières forces. À la limite au sommet de la Redoute, Seixas a encore montré qu’il comptait régler l’affaire d’égal à égal. Sur les 1300 mètres du raidard ardennais, il en a manqué 600 au Lyonnais pour prolonger le suspense et surchauffer la foule de quelques degrés supplémentaires. "Il m’en manquait un peu pour basculer avec lui, reconnaît Seixas au cours d’une analyse lucide. J’ai réussi à finir comme je pouvais pour aller chercher cette deuxième place. C’est mon premier Liège, je voulais vraiment tout donner et c’est ce que j’ai fait. Tadej était plus fort au final."
picture

Pogacar n'était pas sûr de larguer Seixas : "J'étais prêt à un tête-à-tête au sprint"

Video credit: Eurosport

600 mètres dans la Roche-aux-faucons, d’aucuns appellent ça un monde. Seixas n’est pas d’accord : "Il ne m’en manquait pas beaucoup". Pas besoin de ressasser les débats infertiles sur la nécessité ou non de collaborer avec le double champion du monde. "Je ne voulais pas jouer petit jeu, à m'accrocher en passant des relais plus courts au risque de l'énerver et voir les autres rentrer," assume crânement le dauphin du Slovène. Seixas, à 19 ans, est à sa place dans la stratosphère de "Pogi". Dimanche, ce fut eux deux et les autres. La confirmation des fantasmes les plus fous autour d'une rivalité stellaire. Pogacar lui-même, d’une accolade sincère et respectueuse après l’arrivée, ne pouvait qu’accepter la venue sur sa planète d’un nouvel OVNI. Alors imaginez qu'en plus l’écart s'est réduit. "On reviendra pour mieux", promet Seixas en zone mixte. Et le gamin n'est pas du genre à s'apostasier. 
picture

Seixas : "Dans la Redoute, c'était un effort 'all-out'"

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article