Liège-Bastogne-Liège 2026 - Tadej Pogacar : "Seixas ? Il m'a vraiment impressionné"

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Tadej Pogacar a vécu un dimanche mouvementé. Menacé en début de course par la présence à l'avant de Remco Evenepoel, le Slovène a surtout été challengé par Paul Seixas, le seul à pouvoir l'accompagner dans la dernière ligne droite de ce Liège-Bastogne-Liège. Même s'il a fini par lâcher le jeune Français, "Pogi" a été bluffé. Mais à l'arrivée, il tient sa quatrième Doyenne.

L'image de la course : Seixas résiste à Pogacar dans la Redoute

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Ce fut la Doyenne de l'inédit pour Tadej Pogacar. Dans son scénario, en tout cas. Car pour ce qui est du dénouement, ce fut du grand classique pour la classique ardennaise. À la fin, c'est lui qui gagne. Mais avant ce point final conforme aux attentes, pas grand-chose ne s'était passé comme prévu pour lui. La faute à Remco Evenepoel et Paul Seixas. Le Belge parce qu'il a pris la poudre d'escampette dès le tout début de cette édition 2026 de Liège-Bastogne-Liège, sans l'avoir vraiment choisi d'ailleurs, et le Français pour sa capacité à résister bien plus longtemps que le Slovène n'en a l'habitude dans ce genre de circonstances.
"Normalement, on ne laisse pas partir Remco", a confessé Pogacar. A sa décharge, il était difficile d'envisager une telle mise en route. "Au début, je suivais juste les roues avant de me rendre compte que le peloton était scindé en deux, a-t-il ajouté à l'arrivée. Nous avons finalement laissé un peu de marge car un si gros groupe ne collabore jamais. Nous avons gardé ça sous contrôle, car Remco Evenepoel pouvait partir de très loin. Mes coéquipiers ont fait un boulot incroyable." Le peloton principal aura compté jusqu'à quatre minutes de retard sur le (gros) groupe Evenepoel dans cette affaire. "Ce dimanche était différent", résume le champion du monde.
Différent l'a aussi été son duel avec Paul Seixas, ce gamin de 19 ans à la folle maturité. Tadej Pogacar en avait déjà eu un avant-goût sur les Strade Bianche ou lors des Championnats d'Europe et du monde l'an dernier. Mais cette fois, c'était différent. Parce que la Doyenne est un Monument. Parce que, pour la première fois, le phénomène de l'équipe Decathlon CMA CGM s'avançait en candidat après sa gigantesque progression des dernières semaines et sa victoire sur la Flèche Wallonne. Et il a répondu présent, transformant ce final de Liège en un mano a mano.
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Seixas : "Je voyais flou dans la Redoute"

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Dans un coin de ma tête, je me préparais déjà au sprint, car il était très fort
Quand Pogacar a mis le turbo dans la côte de la Redoute, personne n'aurait dû suivre. Ce n'était pas du petit Pogi. C'était le vrai. La preuve, jamais personne n'avait escaladé la Redoute aussi vite. D'ailleurs, jamais une Doyenne n'avait été avalée à une telle allure. "Il a attaqué très tôt dans La Redoute, comme c'est son habitude, souligne le consultant d'Eurosport, Philippe Gilbert. Et c'était vraiment du très, très haut niveau. C'est monté à 25 km/h."
Tout le monde a donc décroché, comme prévu. Tout le monde, sauf Paul Seixas. "J'étais vraiment à fond dans La Redoute, assure l'ogre du Team UAE. J'ai bien vu que Paul était à la limite, qu'il faisait un peu l'élastique, mais au sommet, il est revenu à ma hauteur. Il m'a vraiment impressionné." "C'était une manière de dire à Pogacar 'Regarde, je suis encore présent', et ça, c'était un des grands moments de ce final, c'était beau de le voir à 19 ans aller se mettre à la hauteur du champion du monde en titre", glisse Gilbert.
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Pogacar n'était pas sûr de larguer Seixas : "J'étais prêt à un tête-à-tête au sprint"

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À tel point qu'à ce moment-là, Pogacar a commencé à sérieusement envisager une issue dont il n'avait pourtant guère envie : un sprint final avec le jeunot pour se disputer la victoire. "Paul a pris des relais avec beaucoup de force, tout au long du parcours, et ça a été très bon pour tous les deux. Et dans un coin de ma tête, je me préparais déjà au sprint, car il était très fort", dit-il. S'il n'avait pas réussi à le faire exploser dans La Redoute, alors, où ?
 La dernière grande difficulté du parcours, la côte de la Roche-aux-Faucons, a apporté la réponse. "C'est une montée que je connais très bien et qui me convient très bien, explique le Slovène. Mais j'ai quand même tenté ma chance à mon rythme sur la Roche-aux-Faucons, et heureusement, il a lâché." Il n'aura pas eu besoin de jouer à quitte ou double sur un sprint, comme à Roubaix. Seixas n'est sans doute pas Van Aert en termes de pointe de vitesse dans un tel contexte, mais ce n'est pas plus mal de s'être évité ça. Alors, dimanche différent peut-être, mais à la fin, c'est toujours Pogacar qui gagne. Pour la 13e fois dans un Monument, la huitième en l'espace de deux ans. Délirant.

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