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"Je pense au Tour"
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Publié 25/04/2005 à 15:45 GMT+2
Plutôt discret depuis le début de la saison, Alexandre Vinokourov a surgi au meilleur moment pour épingler Liège-Bastogne-Liège, la classique de ses rêves. Cette magistrale victoire suffit à faire de son printemps une vraie réussite. Maintenant, Vino a dé
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Mine de rien, on l'avait presque oublié. Habitué à éclore précocement dans la saison, Alexandre Vinokourov aura vraiment tarder à sortir de son hibernation prolongée. Pas de victoire, pas même un accessit, sa fiche de résultats en 2005 ressemblait plus à du Armstrong qu'à du Vino. Depuis 2001, le Kazakh avait d'ailleurs toujours signé au moins un succès avant la fin mars. Alors, même si sa 12e place dans la Flèche Wallonne, mercredi, avait mis la puce à l'oreille, on ne l'attendait pas forcément en vainqueur à Ans.
Mais à 31 ans, le garçon se connaît par coeur. "Depuis Paris-Nice, je sens que je progresse", explique-t-il. Vinokourov ne s'est donc jamais affolé, ni devant son manque de résultats ni devant l'anémie de son équipe, T-Mobile, à qui il a offert un premier succès bien tardif dimanche au regard du potentiel et des moyens de la Magenta. "Depuis la saison, il y a des critiques sur notre façon de courir mais moi je suis toujours resté calme en me disant que notre tour viendrait", ajoute-t-il.
L'audace pour alliée
Le sien est venu au meilleur moment. On savait Vino à l'aise sur le terrain des Ardennaises. Vainqueur de l'Amstel Gold Race en 2003, troisième de la Doyenne et cinquième de la Flèche l'an passé, il a toujours été à son affaire sur ce terrain. Mais plus encore que l'Amstel, qui l'avait pourtant comblé de bonheur, ce triomphe liégeois constitue sans doute le sommet de sa carrière. "J'ai longtemps attendu cette victoire, j'en rêvais depuis que je suis pro", soupire-t-il, en rappelant la prédiction du soigneur de l'équipe Casino qui, en 1998, lui avait affirmé qu'il s'imposerait un jour ici.
Contrairement à l'édition précédente, où il avait buté sur un Rebellin injouable, les circonstances lui ont cette fois été favorables. Et l'audace fut son alliée. "Il fallait oser attaquer à 40-50 kilomètres de l'arrivée afin d'éviter un scénario comme l'an passé où trop de coureurs étaient encore présents dans les derniers kilomètres, reprend Vinokourov. Quand Voigt est parti, je me suis dit qu'il s'agissait peut-être du bon coup. J'ai donc tout fait pour le rejoindre. Ce ne fut pas facile, j'ai même eu du mal pour rentrer".
"C'est magnifique"
Son entente avec la mobylette Jens Voigt a fait le reste. "Dès la côte de La Redoute quand j'ai vu que le groupe de poursuivants, avec tous les favoris, ne parvenait pas à rentrer, j'y ai cru, confie le coureur kazakh. Je me suis alors dit que si nous abordions la côte de Saint-Nicolas avec une minute d'avance, nous ne serions plus repris. Jens méritait sans doute la victoire autant que moi. Mais aujourd'hui, j'étais le plus fort au sprint. J'ai tout donné, c'est magnifique".
Si Vinokourov a su forcer son destin, le nouveau tracé (réintégration de la côte de la Haute-Levée), destiné à durcir le dernier tiers de la course, l'a peut-être également aidé. "Lorsque l'on m'a mis au courant des modifications du tracé, je me suis dit que c'était peut-être ma chance", confirme-t-il. Un argument tempéré par Jean-Marie Leblanc, à l'origine de ces changements. "Il ne faut pas tout attribuer au parcours, juge l'organisateur de l'épreuve. Les coureurs, la météo clémente, l'ambiance extraordinaire le long des routes sont des éléments qui ont plus que leur part dans le beau spectacle qui a été proposé."
Trois semaines de coupure
Heureux et soulagé, l'attachant Alex va donc pouvoir aborder sereinement le deuxième acte de sa saison. "Cette victoire va faire du bien au moral, assure le héros du jour. Je vais maintenant faire une coupure de trois semaines avant de débuter ma préparation pour le Tour de France. Cela fait du bien de pouvoir le faire avec une grande victoire à mon actif. Je pense au Tour depuis le début de la saison. Je l'ai en tête."
Un Tour auquel il avait tant manqué l'année passée, après avoir été le grand animateur de la cuvée du centenaire. De quoi réjouir Jean-Marie Leblanc: "Dans l'optique du prochain Tour de France, c'est très intéressant de voir Vinokourov s'imposer ici. C'est un coureur capable de remporter une grande classique mais aussi de se distinguer sur un grand tour. Certes, ce n'est pas le fin grimpeur capable de faire des écarts dans la montagne. Mais avec ses moyens et son intelligence de course, il peut faire mal sur la plupart des terrains". Il l'a encore prouvé en Wallonie.
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