Eurosport
Chavanel ne renonce pas
Par
Publié 24/04/2010 à 17:26 GMT+2
La campagne de classiques de Sylvain Chavanel n'a pas atteint les hauteurs escomptées pour l'instant. Pourtant, malgré une apparente discrétion, le Français estime qu'il ne lui manque pas grand chose pour figurer devant avec les meilleurs. Il espère le prouver dimanche dans Liège-Bastogne-Liège.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Lorsqu'il est arrivé chez Quick Step il y a maintenant bientôt un an et demi, Sylvain Chavanel espérait franchir un cap en même temps que la frontière franco-belge. Dans une équipe rompue aux exigences des classiques, le Poitevin, à l'aube de la trentaine, escomptait changer de pointure. Le printemps 2009 a justifié cette ambition. S'il avait pu jouer sa carte personnelle lors du Tour des Flandres au lieu de s'effacer devant Devolder et Boonen, peut-être aurait-il pu réussir le plus gros coup de sa carrière. Une semaine plus tard, son top 10 dans Paris-Roubaix avait confirmé son potentiel. Mais une année plus tard, Chavanel donne l'impression d'être à l'arrêt.
Impression trompeuse? Oui et non. Sur les 12 derniers mois, l'ancien puncheur de Cofidis n'a effectivement obtenu que très peu de résultats dignes de son statut. Depuis le début de l'année 2010, on ne l'a quasiment jamais vu dans les premières positions des feuilles de résultats. Pourtant, derrière le constat un peu brut des chiffres, Chavanel juge que son bilan, pour l'instant, n'est pas si négatif sur cette campagne de classiques. "Les gens ne m'ont pas beaucoup vu ce printemps", admet le Français, avant de préciser: "Dans les trois grandes classiques où je me suis aligné cette saison, Milan-Sanremo, les Flandres et l'Amstel, j'étais toujours dans le premier groupe de 20-25 coureurs. Il ne m'a pas manqué grand chose."
"Il me manque un tout petit peu d'explosivité"
En fait, à l'exception du Tour des Flandres, où le tandem Cancellara-Boonen était totalement intouchable, Chavanel ne s'est jamais senti hors du coup. L'Amstel, dimanche dernier, lui laisse même franchement un énorme regret. "Je finis 16e malgré une crevaison au pire moment qui m'a coûté un gros effort pour revenir sur la tête. Sans ça, j'aurais pu finir au moins dans les 10 premiers", juge-t-il. Alors, pourquoi ce différentiel entre l'impression générale (on ne l'a pas vu) et son ressenti sur le vélo (la condition est là)? "Il me manque un tout petit peu d'explosivité, l'accélération finale qui fait la différence me fait défaut, confie le coureur de Quick Step. Mais à ce niveau, tout se joue à des détails entre les meilleurs."
Ce qui chagrine Chavanel, c'est quand on lui dit qu'il n'a pas de résultats dans les classiques chez Quick Step alors qu'en 2008, chez Cofidis, il remportait des courses du calibre de la Flèche Brabançonne et A travers les Flandres. Pour lui, comparaison n'est pas raison. "Ce sont des courses de 200 kilomètres. Les classiques comme l'Amstel, le Tour des Flandres ou Liège, c'est un cran au-dessus, ce n'est pas le même niveau. Et ce sont ces courses-là qui m'intéressent et sur lesquelles je veux tenter ma chance désormais." En changeant de terrain de chasse, Chavanel a pris le risque de revenir bredouille. Mais il en accepte l'augure et continue plus que jamais de croire en lui.
Dimanche, lors de la Doyenne, il jouira du statut de leader au sein de son équipe, malgré la présence de Stijn Devolder et surtout Carlos Barredo, 19e de l'Amstel la semaine passée. Un privilège dont il entend bien profiter. Mais il n'entend pas changer sa nature pour autant. Leader ou pas, il courra à sa façon. "Je ne dois pas attendre la grande bagarre dans les derniers kilomètres si je veux tirer mon épingle du jeu. Sinon, ça va être difficile pour moi face à Contador, les Schleck ou Valverde. Je dois anticiper." Pas de trop loin. Mais pas trop tard non plus. "A moi de choisir le bon moment", sourit-il.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité